Au moins 60 disparus aux larges des côtes libyennes après deux naufrages

Les 12 et 13 juin, deux naufrages au large des côtes libyennes ont entraîné la disparition d’au moins 60 exilés, a communiqué l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Les très rares survivants ont pu donner quelques informations sur le nombre et la nationalité des passagers à bord.
Au moins 60 personnes sont portées disparues après deux naufrages confirmés par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), dans un communiqué publié mardi 17 juin. Ce chiffre a été établi à partir des témoignages des rares survivants de ces deux évènements tragiques, intervenus de manière rapprochée.
Vendredi 13 juin, un naufrage a eu lieu à 35 km à l’ouest de Tobrouk, en Libye. Une seule personne a survécu, secourue par des pêcheurs. Selon son témoignage, 39 autres passagers de l’embarcation sont portés disparus.

La veille, un autre naufrage s’était déjà produit non loin de Tripoli, la capitale libyenne. Seuls cinq survivants ont été retrouvés. À ce jour, 21 personnes sont portées disparues dans ce drame. Parmi ces personnes figurent six Érythréens, dont trois femmes et trois enfants, selon l’agence des Nations unies. Mais aussi cinq Pakistanais, quatre Égyptiens et deux Soudanais. L’identité de quatre autres victimes reste inconnue.
L’agence des Nations Unies appelle à « intensifier » les moyens de sauvetage
« Alors que l’on craint des dizaines de morts et que des familles entières sont plongées dans l’angoisse, l’OIM exhorte une fois de plus la communauté internationale à intensifier les opérations de recherche et de sauvetage et à garantir un débarquement sûr et prévisible pour les survivants », a déclaré Othman Belbeisi, directeur régional pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.
Depuis le début de l’année 2025, au moins 743 personnes sont mortes en tentant de traverser la Méditerranée pour se rendre en Europe, dont 538 sur la seule route de la Méditerranée centrale, décompte l’OIM dans sa base de données dédiée « Missing Migrants ».
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La route migratoire de la Méditerranée centrale, chaque année empruntée par des milliers de candidats à l’exil vers l’Europe embarquant sur de frêles canots, reste la plus meurtrière au monde. L’année dernière, 1 692 personnes parties de Libye ou de Tunisie y sont mortes, d’après l’Organisation internationale pour les migrations.
L’agence onusienne intervient, via un programme dédié, auprès des exilés ramenés à terre par les gardes-côtes libyens. L’OIM observe donc de près les opérations menées par les Libyens. Selon un bilan paru en début de semaine, 10 634 exilés ont été interceptés par les forces maritimes libyennes entre le 1er janvier et le 14 juin 2025 en Méditerranée centrale, alors qu’ils tentaient de rejoindre les côtes européennes. C’est 37% de plus que l’année dernière à la même période (7 781 interceptions).
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Ces arrestations en pleine mer, dans les eaux libyennes ou internationales avec l’aval de l’Union européenne (UE), ont été maintes fois dénoncées par les ONG, rapportant des faits de violences sur les exilés, et d’intimidations envers les humanitaires menant des sauvetages. Depuis 2017, un accord entre la Libye et l’Italie soutenue par Bruxelles autorise Tripoli à prendre en charge la coordination des sauvetages en Méditerranée centrale (tâche qui incombait auparavant à Rome ou à La Valette, à Malte). Le but : « endiguer » les arrivées de migrants en Europe. La Libye dispose ainsi d’une aide financière et logistique de l’UE, avec des équipements et des formations délivrés par Rome.
Sources: infomigrants




