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Avec plus de 7 000 arrivées de migrants en six mois, l’île de Gavdos se dit face à un « fardeau »

Selon la police grecque, 7 300 migrants sont arrivés sur la minuscule île de Gavdos – et sur les côtes de Crète – depuis le début de l’année. Mais les deux îles ne disposent pas d’infrastructures suffisantes pour accueillir cette population vulnérable, partie de Tobrouk, à l’est de la Libye.

Nouvelle alerte de la maire de Gavdos, dans le sud de la Crète. Lilian Stefanakis s’inquiète des arrivées de plus en plus fréquentes de migrants sur ses côtes alors que la petite île ne dispose pas d’infrastructures suffisantes pour les accueillir. « C’est un important fardeau », a-t-elle assuré dans une interview à la radio publique grecque Ert. « Nous n’avons pas la compétence pour gérer ces flux […] Des solutions institutionnelles doivent être trouvées », a insisté l’édile.

Voisine de la Crète, Gavdos est une île de seulement 30 km2 et qui ne compte que 70 habitants hors saison, et quelques magasins. Elle est située à environ 300 km de la ville libyenne de Tobrouk, dans l’est du pays. Depuis 2023, Gavdos est une porte d’entrée européenne sur une route migratoire moins surveillée que celle à l’ouest de la Libye.

Selon la police portuaire, 7 300 migrants sont arrivés en Crète et à Gavdos depuis le début de l’année, contre 4 935 sur toute l’année 2024. Depuis le début du mois de juin, 2 550 arrivées ont été enregistrées.

La semaine dernière, 731 personnes ont atteint les deux îles en moins de 24 heures. La plupart originaires d’Erythrée, d’Egypte, du Soudan et du Pakistan, et tous étaient partis de Libye.

Bien que plus grande que Gavdos, la Crète ne dispose pas non plus de camps pour enregistrer les demandeurs d’asile, et ne propose que des hébergements d’urgence aux exilés avant qu’ils ne soient transférés sur le continent grec. Généralement, les migrants sont logés dans le parc d’exposition d’Agia, à la Canée, avant leur transfert sur le continent. Mais les conditions de vie y sont critiquées.

En avril 2025, l’association du Centre social de la Canée avait pu entrer dans les locaux et dénoncé « un espace immense, dépourvu des infrastructures nécessaires », avait confié Christina Giannari, militante au sein de l’association et contactée par InfoMigrants. « Il n’y a pas de toilettes, un petit robinet et aucun endroit pour se doucher. Il y a des toilettes chimiques qui, m’ont-ils dit, les dégoûtaient tant elles étaient sales. Il n’y a pas de savon. Ils dorment à même le sol, sur des tapis sales, recouverts de vieilles couvertures fines et sales, trouées. La situation y est misérable ».

L’établissement accueillait le jour de la visite de l’association une centaine de personnes, dont deux femmes et dix mineurs non accompagnés, originaires principalement d’Égypte, du Bangladesh, du Pakistan et du Soudan.

Contacté par InfoMigrants, les autorités grecques avaient affirmé qu’il « n’existe aucun centre d’hébergement affilié au ministère des Migrations et de l’Asile en Crète […] Le ministère n’a rien à voir avec les conditions de vie des migrants à Agia, La Canée ».

« Les passeurs ne feront pas la loi »

Coté politique, Athènes a décidé de serrer la vis pour enrayer les arrivées illégales depuis Tobrouk. « Les passeurs ne feront pas la loi », a averti lundi 23 juin le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis, qui a promis d’aborder la question de cette augmentation des flux migratoires venant de Libye lors du prochain sommet européen.

Gavdos se trouve à 300 km des côtes est-libyennes. Crédit : Google maps
Gavdos se trouve à 300 km des côtes est-libyennes. Crédit : Google maps

« Des navires de la marine seront envoyés en dehors des eaux territoriales de la Libye afin de contrôler les flux de migrants illégaux », a-t-il aussi annoncé. Le porte-parole du gouvernement, Pavlos Marinakis, a ensuite précisé qu’il s’agirait de deux frégates militaires.

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« La semaine dernière, en renfort des gardes-côtes, un navire de Frontex [l’agence européenne de surveillance des frontières, ndlr] a été déployé (…) Certaines étapes sont mises en place mais en raison de sa position géopolitique, l’île a besoin encore de renforts supplémentaires », a lancé Lilian Stefanakis.

Début juin, le gouvernement grec avait déclaré qu’il souhaitait négocier un accord avec Tripoli pour limiter l’augmentation des départs. Un accord bilatéral sur le même modèle que celui entre l’Italie et la Libye signé en 2017.

Depuis février 2017 et la signature d’un accord controversé avec l’Italie, les gardes-côtes libyens sont chargés de stopper les embarcations de migrants en Méditerranée, en échange d’une aide financière italienne. Ces interceptions ont été maintes fois dénoncées par les ONG, rapportant des faits de violences sur les exilés, et des intimidations envers les humanitaires opérant des sauvetages en mer.

Sources: infomigrants

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