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Avec 25 000 traversées dans la Manche, l’année 2025 bat tous les records

 

Au moins 25 000 migrants ont traversé la Manche dans de petites embarcations depuis le début de l’année. C’est bien plus que lors des deux dernières années sur la même période. Même le précédent record de 45 000 traversées enregistré en 2022 pourrait être battu, et ce en dépit des efforts du gouvernement britannique pour décourager les migrants et s’attaquer aux gangs de passeurs.

Les chiffres s’affolent dans la Manche. Mercredi 30 juillet, pas moins de 898 migrants répartis dans 13 embarcations ont traversé la Manche jusqu’au Royaume-Uni, selon les données du ministère de l’Intérieur britannique. Ils étaient même 1 772 entre le 24 et le 30 juillet.

Certes, l’été est traditionnellement la période la plus chargée pour les traversées en small-boats, mais avec plus de 25 000 traversées enregistrées par le ministère de l’Intérieur britannique depuis janvier, l’année 2025 est bien partie pour battre tous les records. Selon le journal britannique The Guardian, le nombre de passages a augmenté de 51% par rapport à l’année dernière et de 73% par rapport à 2023.

Jusqu’à maintenant, l’année 2022 détenait le record avec 45 774 arrivées. Mais cette année-là, le chiffre de 25 000 traversées avait été atteint le 27 août, c’est à dire bien plus tard qu’aujourd’hui.

Paris et Londres cherchent la parade

S’il est difficile de donner une cause unique à cette année record, plusieurs paramètres peuvent l’expliquer. D’une part, il y a l’annonce il y a quelques semaines d’un accord pilote de retour entre le Royaume-Uni et la France. La France s’engage à reprendre une partie des migrants arrivés illégalement par bateau, en retour le Royaume-Uni permettra à un migrant dont la demande d’asile est quasi sûre d’être acceptée (Afghans, Syriens…) de formuler une demande en ligne pour arriver légalement. Avec cet accord, qui doit encore être validé par la Commission européenne, un migrant renvoyé en France revient à un migrant accepté au Royaume-Uni. Le Home Office table sur l’accueil de 50 personnes par semaine minimum. Bien peu en comparaison des dizaines de milliers de migrants qui traversent la Manche chaque année depuis le début du phénomène des small-boat, en 2020.

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En parallèle, la France s’est engagée à modifier sa doctrine d’interception des migrants en mer. Jusqu’à maintenant, les policiers français n’avaient plus le droit d’intervenir une fois l’embarcation à l’eau, afin de limiter le risque d’incidents. Parmi les 78 migrants décédés dans la traversée de la Manche en 2024, beaucoup ont perdu la vie à proximité des plages, écrasés dans des embarcations surchargées par les passeurs.

Mais face à la pression des autorités britanniques, qui ont fait de la lutte contre l’immigration clandestine l’une de leur priorité et qui versent plusieurs centaines de millions à la France pour surveiller sa frontière, le ministère de l’Intérieur a décidé de faire évoluer sa doctrine.

Conditions de vie déplorables sur le littoral

Après plusieurs mois avec des conditions météo défavorables, les milliers de migrants présents sur le littoral nord sont bien décidés à traverser ce qui constitue l’ultime étape de leur voyage.

D’autant que les conditions de vie sur les 200 kilomètres entre Boulogne-sur-mer et Dunkerque se sont dégradées ces dernières années. Les forces de l’ordre démantèlent les campements dès qu’ils deviennent trop grands. À Calais, dans la zone industrielle Marcel Doret, plusieurs centaines de Soudanais survivent par exemple dans un entrepôt insalubre, qui doit d’ailleurs être évacué à la fin de l’été.

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Les passeurs de migrants, qui se disputent un trafic à plusieurs dizaines de millions d’euros, sont aussi devenus plus violents. À Loon-Plage, le camp de migrants sur la route de Mardyck a été secoué par au moins cinq fusillades pour le seul mois de juillet. Dimanche dernier, un homme âgé d’une trentaine d’années est décédé après avoir reçu sept balles dans le corps. Et la violence touche tout le monde : mi-juin, une double fusillade a notamment fait deux morts et six blessés, dont une femme et un enfant de deux ans.

De son côté, le Royaume-Uni a annoncé la semaine dernière des sanctions (gel d’avoirs, interdiction de séjour…) à l’encontre de 25 individus et organisations soupçonnés d’être impliqués dans le trafic de migrants. Malgré ces annonces, des émeutes xénophobes ont éclaté ces derniers jours autour d’hôtels accueillant des demandeurs d’asile à Londres. Le gouvernement craint que la situation ne dégénère comme l’été dernier.

Sources: infomigrants

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