Uncategorized

Plus d’une centaine de migrants secourus en Méditerranée

Au moins 105 migrants ont été secourus au cours de deux opérations de sauvetage menées par des ONG, mercredi 3 juin. Les deux embarcations étaient parties de Libye. Les personnes secourues étaient originaires d’Erythrée, du Soudan ou encore du Bangladesh.

C’est au cours de deux opérations menées en mer Méditerranée que les 105 exilés ont été secourus mercredi. La première a été menée aux premières heures du jour par l’ONG Open Arms. Cinquante-huit personnes originaires d’Érythrée, du Soudan, de Somalie, d’Égypte et du Bangladesh ont été secourues par l’ONG. Parmi elles figuraient 24 mineurs non accompagnés.

A lire aussi
Mer Méditerranée : l’Ocean Viking porte secours à 131 migrants, dont une personne décédée

Les exilés étaient en difficulté à bord d’une embarcation partie il y a plus de 24 heures des côtes libyennes.

Selon ANSA, le sauvetage a eu lieu dans la zone de recherche et de sauvetage (SAR) maltaise, et Open Arms a, selon l’organisation, signalé l’incident aux autorités compétentes. Mais n’ayant reçu aucune instruction des autorités maltaises, l’ONG est désormais en contact avec les autorités italiennes et attend la désignation d’un port sûr où les personnes pourront débarquer.

Plus tard dans l’après-midi, c’est l’équipe de l’Humanity 1 qui a porté secours à 47 personnes dans un bateau pneumatique. « Lorsque notre navire de secours a atteint la scène, l’un des flotteurs se dégonflait déjà : le bateau risquait de couler avec à son bord 15 bébés, enfants et adolescents », a détaillé l’ONG sur X.

Les membres de l’équipage ont dû faire face à une opération de sauvetage compliquée. « C’était angoissant de voir un bateau en détresse, avec un flotteur dégonflé et un moteur en panne, sur une embarcation aussi petite transportant autant de personnes. La présence de tant d’enfants et de bébés à bord rendait la situation encore plus accablante : il y avait beaucoup de cris et de pleurs, même si c’était aussi un bon signe, car cela montrait qu’ils n’étaient pas inconscients ou pire encore », a témoigné Sophie, membre de l’ONG.

Nouveau navire

Les opérations de sauvetage sont aussi rendues plus difficiles par la législation européenne. Début 2026, l’Italie a approuvé un projet de loi sur un « blocus maritime » des ONG en mer. Depuis 2023, elle dispose aussi d’une loi pour encadrer les activités des ONG en mer. Cette dernière vise à limiter le nombre de personnes ramenées à terre en restreignant le nombre d’opérations de sauvetage que peuvent mener les organisations humanitaires en Méditerranée. Si les règles ne sont pas respectées, l’Italie peut immobilier les navires d’ONG.

A lire aussi
Libye : au moins 29 corps de migrants découverts sur les côtes après plusieurs naufrages

C’est pour cela que l’ONG Sea-Watch a annoncé ce jeudi la mise en service d’un nouveau navire, l’Aurora 2. « Cette initiative fait suite aux saisies répétées de navires de sauvetage civils par les autorités italiennes », explique l’ONG dans un communiqué. Et d’ajouter : « Sea-Watch pourra rester opérationnelle même lorsqu’un de ses navires est immobilisé. Pendant qu’un navire est bloqué au port, l’autre sera disponible pour mener des missions de sauvetage ».

Hausse du nombre des morts en mer

Depuis le début de l’année, plus de 1 200 migrants sont morts en Méditerranée en tentant de rejoindre les côtes européennes. Canots surchargés et en mauvais état, distances de traversée rallongées, politique d’interceptions en mer, entraves aux activités des navires de sauvetage… sont autant de facteurs permettant d’expliquer cette hausse des morts en Méditerranée.

A lire aussi
Hausse du nombre de migrants morts en mer : « Les traversées de la Méditerranée sont devenues plus dangereuses »

Les accords conclus ces dernières années entre l’Union européenne et les pays de départ, tels que le Maroc, la Tunisie ou la Libye, pour stopper les canots de migrants, sont aussi régulièrement pointés du doigt. « Les autorités européennes ont créé des forces d’interception de l’autre côté de la rive [méditerranéenne] », expliquait le mois dernier Arnaud Banos, directeur de recherches au CNRS, spécialiste des migrations maritimes, interrogé par InfoMigrants.

« Les Tunisiens et les Libyens ne sont pas des marins, ils ne font pas de sauvetage. Or, toute interception en mer comporte des risques. Il est impossible de mener une interception sans avoir recours à la force. (…) Beaucoup d’interceptions entraînent des décès, dont nous n’avons pas toujours connaissance », estimait le chercheur.

Sources: Infomigrants

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page