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Accord franco-britannique : un migrant iranien expulsé une deuxième fois vers la France

Un migrant qui était revenu au Royaume-Uni en « small-boats » après avoir été expulsé une première fois en France dans le cadre de l’accord franco-britannique a été renvoyé à nouveau vers Paris, a annoncé mercredi la ministre de l’Intérieur britannique Shabana Mahmood. Il affirme être victime d’un réseau de traite d’êtres humains géré par des passeurs dans le nord de la France.

Originaire d’Iran, un migrant a été renvoyé en France mercredi 5 novembre par le Royaume-Uni dans le cadre de l’accord « one in-one out ». Son dossier fait couler beaucoup d’encre car c’est la seconde fois qu’il est expulsé en quelques semaines. L’homme est arrivé au Royaume-Uni une première fois le 6 août et a été renvoyé en France le 19 septembre. Il est ensuite revenu au Royaume-Uni à bord d’un petit bateau le 18 octobre et a demandé l’asile. Pour finalement être réexpulsé ce mercredi.

« Toute personne cherchant à revenir au Royaume-Uni après avoir été expulsée dans le cadre de l’accord entre le Royaume-Uni et la France perd son temps et son argent », a affirmé la ministre de l’Intérieur britannique Shabana Mahmood dans un communiqué annonçant le retour en France de cet Iranien.

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« Cet individu a été identifié par biométrie et interpellé immédiatement. Son dossier a été traité en urgence et il a depuis été de nouveau placé en détention », avait expliqué la ministre. Et d’ajouter : « Mon message est clair : si vous tentez de retourner au Royaume-Uni, vous serez renvoyés. Je ferai tout ce qui est nécessaire pour intensifier les expulsions de migrants illégaux et sécuriser nos frontières ».

« Les passeurs sont très dangereux »

Selon le journal The Guardian, si ce migrant est revenu au Royaume-Uni, c’est pour y demander l’asile. Il se dit victime d’un réseau de traite d’êtres humains géré par des passeurs dans le nord de la France. « Si j’avais pensé que la France était un endroit sûr pour moi, je ne serais jamais venu au Royaume-Uni », a-t-il déclaré au média britannique.

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« Les passeurs sont très dangereux. Ils sont toujours armés et portent des couteaux. Je suis tombé dans le piège d’un réseau de trafic d’êtres humains dans les forêts françaises avant même de traverser la frontière entre la France et le Royaume-Uni pour la première fois. Ils m’ont traité comme un objet sans valeur, m’ont forcé à travailler, m’ont maltraité, m’ont menacé avec une arme et m’ont dit que je serais tué si je protestais », a-t-il raconté au quotidien.

Malgré les alertes du migrant et que des indices de traite des êtres humains aient été relevés, le ministère de l’Intérieur britannique a formulé une demande de réadmission en France le 21 octobre qui a été acceptée le 24 octobre. Sa plainte pour traite d’êtres humains a été transmise au « mécanisme national de saisine » pour examen, mais a été rejetée le 27 octobre.

Aujourd’hui, il espère qu’un autre pays lui accorde la protection. « Le Royaume-Uni m’a fermé ses portes et je lance un appel à un autre pays sûr, loin des passeurs, comme le Canada, pour qu’il m’accorde sa protection », a-t-il dit au Guardian.

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Maddie Harris, fondatrice et directrice du réseau Humans For Rights, qui soutient le demandeur d’asile et certaines personnes renvoyées en France dans le cadre de ce programme, a déclaré être « profondément préoccupée » par la situation de cet homme.

Arrivées en hausse

Elle se montre très critique à propos de l’accord conclu entre les deux pays. « Nous restons également préoccupés par le sort des personnes transférées en France ces dernières semaines. Beaucoup vivent sous la menace d’un nouveau renvoi vers des pays où elles ont subi des violences comme l’Espagne et la Pologne, sont déplacées de lieu en lieu et laissées sans accès à l’information ni à un soutien, et certainement sans aucun accès à la sécurité », dénonce-t-elle.

Signé en août 2025, l’accord franco-britannique consiste à renvoyer en France des migrants arrivés à bord de petits bateaux au Royaume-Uni, en échange de l’accueil par ce pays de migrants se trouvant en France, sur le principe du « un pour un ». Depuis son entrée en vigueur, 94 migrants ont été expulsés vers la France, selon le gouvernement britannique. Et 57 personnes ont été accueillies au Royaume-Uni.

D’autre part, les traversées de la Manche continuent. Depuis le début de l’année, 36 954 migrants ont traversé la Manche, selon les dernières données officielles. Ce chiffre dépasse le total de l’année 2024, qui s’élevait à 36 816.

Sources: infomigrant

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