Trois sœurs mineures se noient lors d’une traversée de la Méditerranée

Les corps de trois jeunes sœurs ont été retrouvés dans une embarcation de migrants lors d’un sauvetage opéré par le Nadir, navire de l’ONG allemande RESQSHIP. Au total, 65 personnes ont été secourues à bord de ce bateau parti de Libye.
C’est dans la nuit du vendredi 22 au samedi 23 août, vers 1h du matin, que la macabre découverte a été faite. Alors que l’équipage du Nadir était en pleine opération de sauvetage, les corps sans vie de trois jeunes filles mineures ont été découverts au fond d’une embarcation en mer Méditerranée.
« Alors que nous évacuions les passagers un par un du canot pneumatique vers le Nadir, j’ai soudain entendu des cris et quelqu’un a pointé du doigt l’eau à l’intérieur du bateau. Il est devenu évident qu’il y avait des corps », a raconté Barbara Sartore, coordinatrice de la communication à bord du Nadir.
Le navire allemand affrété par l’ONG RESQSHIP avait été alerté jeudi 21 août par Alarm Phone de la présence d’un canot pneumatique surchargé et en partie inondé, parti de Zouara, en Libye, en pleine Méditerranée. « Le bateau était dangereusement surchargé, il faisait nuit noire, l’eau s’infiltrait, les gens paniquaient. Dans ce chaos, il était impossible de voir que les trois sœurs, assises au fond du bateau, étaient déjà noyées. Lorsque les survivants s’en sont rendu compte, ce fut l’horreur », a-t-elle ajouté.
Les membres de l’équipe de sauvetage ont tenté de réanimer les trois filles soudanaises âgées de 9, 11 et 17 ans, en vain.
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À bord du Nadir, le navire humanitaire de ResQship en mer Méditerranée
Au total, 65 personnes – originaires du Soudan, du Mali, de Côte d’Ivoire, d’Éthiopie et d’Érythrée – ont été secourues lors de cette opération, mais il reste une personne portée disparue. Selon l’ONG, trois autres membres de la famille, dont la mère et un frère, ont survécu.
« Nombre des rescapés ont souffert de graves brûlures chimiques causées par le mélange d’eau de mer et d’essence à l’intérieur du bateau », a indiqué l’ONG. Quatorze personnes ont donc été évacuées à Lampedusa par les gardes-côtes italiens. Les autres ont été débarquées par l’ONG sur l’île italienne quelques heures plus tard.
« Des voies d’évacuation sûres sont nécessaires de toute urgence pour mettre un terme à la mort en Méditerranée », a déclaré de son côté Katja Schnitzer, membre d’équipage du Nadir.

Toujours samedi matin, le navire de l’ONG allemande SOS Humanity a secouru 51 personnes au large de la Libye. Les autorités italiennes ont assigné le port de Ravenne, à 1 600 km du lieu de l’opération, pour débarquer les exilés. « Une fois de plus, les autorités italiennes refusent aux personnes secourues en mer le droit de débarquer rapidement dans un port sûr à proximité », a dénoncé l’ONG.
Depuis fin 2022, les ONG dénoncent les conséquences du décret Piantedosi, qui oblige les ONG à se rendre « sans délai » au port de débarquement assigné par les autorités italiennes juste après un premier sauvetage. Selon un rapport de SOS Méditerranée publié en février 2025, les bateaux d’ONG ont ainsi perdu 735 jours à rejoindre des ports de débarquements éloignés et parcouru au total plus de 275 000 km.
Plus de 1 800 morts en 2024
De nombreux exilés ont trouvé la mort lors de la traversée de la mer Méditerranée. En 2024, l’Organisation internationale des migrations (OIM) avait recensé 1 810 personnes mortes en Méditerranée centrale en essayant d’atteindre l’Europe. Et depuis le début d’année, il y a eu au moins 675 morts sur cette route migratoire.
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Lampedusa : une fillette guinéenne de 6 ans décède suite à sa traversée en mer
Le 13 août dernier par exemple, au moins 27 personnes sont décédées suite au naufrage de deux embarcations à une vingtaine de kilomètres de Lampedusa. Les deux bateaux faisaient route depuis la Libye lorsque l’un d’eux a chaviré. Le second s’est retourné à son tour lorsque les rescapés ont tenté de monter à bord.
Mardi dernier, c’est une fillette de six ans qui est décédée. Elle avait été hospitalisée après une opération de sauvetage mais est morte à l’hôpital deux semaines plus tard. La fillette était arrivée dans un état « extrêmement grave » sur l’île, après avoir passé cinq jours sans nourriture et en manque d’eau à bord d’une embarcation à la dérive.
Sources: infomigrants




