En 2025, le Danemark a accordé un nombre « historiquement bas » de permis de séjour au titre de l’asile

Le ministre de l’Immigration danois a annoncé samedi que 839 permis de séjour au titre de l’asile ont été accordés dans le pays pour 2025. Copenhague s’est fixé comme objectif de limiter au maximum le d’étrangers dans le pays.
En 2025, seuls 839 permis de séjour au titre de l’asile ont été accordés par les autorités danoises, a annoncé samedi 10 janvier le ministère de l’Immigration. Dans ce pays, devenu le chantre de la rigueur migratoire à l’échelle européenne, la priorité du gouvernement est de « limiter l’afflux de réfugiés », a martelé le ministre Rasmus Stoklund.
« C’est absolument crucial que le moins d’étrangers possible viennent au Danemark et obtiennent l’asile », a-t-il souligné dans un communiqué.
Depuis 1983, 2025 devrait être la quatrième année où le nombre de réfugiés ne dépasse pas la barre d’un millier.
D’après le ministère, « historiquement, il y a eu très peu d’années où le total annuel est resté en dessous de 1 000 (…) 2025 sera une année avec un nombre historiquement faible de permis de séjour accordés au titre de l’asile ».
En 2024, le Danemark, où la politique d’accueil ne cesse de se durcir depuis plus de 20 ans, avait accordé l’asile à 860 personnes, sur 2 333 demandes.
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Externalisation de l’asile
Le Danemark, où la part de personnes d’origine étrangère est passée de 3,3 % à 16,3 % entre 1985 et 2025, justifie sa volonté de limiter l’accueil des migrants par le maintien d’un État providence généreux. En parallèle, son besoin de main-d’œuvre étrangère a bondi, le nombre de permis de travail accordés doublant en moins de dix ans, mais ceux-ci peuvent être rapidement révoqués.
Le 9 décembre dernier, les ministres de l’Intérieur des États membres de l’Union européenne ont validé la création de centres de retour en dehors des frontières de l’UE pour y envoyer les migrants dont la demande d’asile a été rejetée.
La mesure est fermement soutenue par la Première ministre danoise, Mette Frederiksen, qui assure depuis juillet et pour six mois la présidence du Conseil de l’Union européenne. Le Danemark avait tenté, dans un premier temps, de mettre en place cette mesure au niveau national.
Mais, il y a deux ans, le gouvernement danois a suspendu son projet de transférer ses demandeurs d’asile hors d’Europe, possiblement au Rwanda.
Sur un autre front, le Danemark s’est associé à l’Italie et sept autres pays pour demander une réinterprétation de la Convention européenne des droits de l’Homme sur les migrations, arguant qu’elle protégeait parfois « les mauvaises personnes ».
Depuis son élection à la tête de la sociale-démocratie danoise il y a dix ans, Mette Frederiksen, a changé le cours de son parti en matière d’immigration, dans la lignée des gouvernements précédents de droite, soutenus par l’extrême-droite.
Elle a qualifié à plusieurs reprises l’immigration non-occidentale de « plus grand défi » pour le Danemark. En 2024, elle avait soutenu un député, Frederik Vad, qui avait affirmé que certains immigrés bien intégrés « sapaient » parfois la société danoise de l’intérieur.
Sources: infomigrants




