Méditerranée : sauvetage incroyable d’un Marocain qui tentait de rejoindre l’Espagne avec une bouée et des palmes

Le 16 juillet, une famille espagnole a secouru en mer Méditerranée, au large des côtes andalouses, un homme qui tentait de rejoindre l’Espagne à la nage. Le naufragé, d’origine marocaine, était à bout de force. Il a été remis aux autorités espagnoles et transféré au port de Malaga.
Les images sont sidérantes. Un homme nage, une bouée autour de son corps, en direction d’un yatch. Dans l’immensité de la mer, il peine à avancer à cause du courant. Il porte des palmes bleues, une combinaison de plongée noire. C’est tout. Deux hommes lui lancent alors une corde que le naufragé attrape avant de se laisser tirer vers le bateau. Epuisé, il arrive à peine à se hisser sur la poupe du yatch. Puis il s’effondre, à peine conscient.
« C’est incroyable que ce naufragé soit là… Regardez, tous les bateaux qui passent sont vraiment loin de lui », dit l’homme qui filme la scène, publiée sur Facebook. « De l’eau, apportez de l’eau », crie un autre passager.
Nous sommes le 16 juillet 2025, au large de Benalmádena, non loin de Malaga, et une famille andalouse vient de sauver la vie d’un Marocain qui tentait de rallier l’Espagne à la nage, seul, avec cet équipement de fortune. Les membres d’équipage du bateau ont indiqué à la presse espagnole qu’ils avaient aperçu quelque chose qui bougeait au loin. Ils ont pensé à un poisson ou à un oiseau. C’est en regardant avec des jumelles qu’ils se sont rendus compte qu’il s’agissait d’un homme.
La famille lui a fourni des vêtements secs et servi du bouillon. Sur une autre photo publiée dans la presse espagnole, on voit l’homme recroquevillé sur les canapés du voilier, recouvert de la tête aux pieds d’une couverture beige. Un navire de secours maritime a ensuite emmené le naufragé au port de Malaga et l’a remis à la police et à la Croix-Rouge.
« Barcas toy »
Ce n’est pas la première fois que des migrants désargentés tentent, depuis les côtes nord-africaines, de rejoindre l’Espagne avec des moyens désespérés. Les distances sont pourtant importantes en mer d’Alboran, au moins 100 km séparent la rive espagnole de Marbella de la ville marocaine de Tetouan.

« Ces dernières années, des incidents similaires ont été signalés : des jeunes à bord de bateaux appelés ‘barcas toy’, flottant grâce à des brassards ou à des matelas pneumatiques achetés dans les bazars marocains », écrit le quotidien El Pais.
« Mode opératoire courant chez les jeunes qui veulent rejoindre Ceuta »
En février 2022, trois Marocains avaient été secourus alors qu’ils naviguaient, complètement désorientés, à bord d’un kayak dans le détroit de Gibraltar en direction de l’Espagne. En 2018, un autre jeune Marocain avait été sauvé par des pêcheurs espagnols après avoir tenté de rejoindre les côtes européennes, seul, sur un minuscule canot pneumatique et sans rames.
« Rejoindre l’Espagne avec des moyens très précaires – car leur budget ne leur permet pas mieux -, est un mode opératoire courant chez les jeunes qui veulent atteindre [l’enclave de] Ceuta, mais il est moins fréquent dans cette zone de la mer d’Alboran, si éloignée du détroit », écrit encore El Pais.
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En effet, de nombreux migrants marocains – ou d’Afrique subsaharienne – tentent régulièrement d’atteindre les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla à la nage depuis les ports marocains voisins. Ce genre de traversée – d’une centaine de mètres – reste toutefois très risqué. Au moins quatre migrants sont morts noyés en 2021 dans la zone maritime de Melilla.

En 2024, environ 40 000 migrants ont rejoint illégalement l’Espagne par voie maritime dont 9 000 aux Baléares et 31 000 aux Canaries, selon les chiffres des autorités. Et en 2025, du 1er janvier au 30 juin, 17 000 personnes ont atteint les côtes espagnoles – dont 5 600 aux Baléares et 11 300 aux Canaries.
D’après le dernier rapport de l’ONG espagnole Caminando Fronteras, 1 865 personnes ont péri en mer en tentant de rejoindre le sol espagnol entre le 1er janvier et le 31 mai. La majorité des décès ont été enregistrés dans l’Atlantique, avec 1 482 morts.
Ces tentatives de traversée maritimes extrêmement dangereuses se sont multipliées ces dernières années, et pas seulement en Méditerranée. En février 2025, dans la Manche, un ressortissant soudanais avait été hospitalisé en état d’hypothermie sévère après avoir tenté de rejoindre à la nage, dans une eau à 6 degrés, un ferry en partance vers l’Angleterre. En 2022, un jeune Nigérian de 22 ans avait lui aussi été récupéré en état d’hypothermie après avoir entamé une traversée de la Manche à la nage vers le Royaume-Uni.
Sources : infomigrants




