Au Royaume-Uni, le gouvernement renonce à une carte d’identité obligatoire pour travailler

Le gouvernement britannique a annoncé, mercredi 14 janvier, l’abandon de son projet visant à instaurer une carte d’identité obligatoire pour travailler au Royaume-Uni. Initialement, c’était une mesure présentée comme un moyen de lutter contre l’immigration illégale.
En septembre dernier, le Premier ministre Keir Starmer avait affirmé qu’une carte d’identité numérique obligatoire pour les ressortissants britanniques comme pour les résidents étrangers rendrait « le travail illégal plus difficile » dans le pays. « Nous devons savoir qui se trouve dans notre pays », avait-il déclaré. Cette proposition constituait une petite révolution dans un pays historiquement réticent aux contrôles d’identité et où il n’existe pas de carte d’identité nationale. Le projet avait suscité une vive inquiétude et alimenté un flot de désinformation provenant notamment de l’extrême droite.
Mercredi 14 janvier, l’exécutif est donc revenu sur cette initiative. Interrogée sur la BBC, la ministre des Finances Rachel Reeves a assuré qu’il serait toujours obligatoire de disposer d’un document d’identité numérique pour travailler au Royaume-Uni, tout en reconnaissant l’abandon de l’idée d’un document unique.
« Bon débarras »
« La question est maintenant de savoir s’il doit s’agir d’un seul document d’identité, d’une carte d’identité numérique, ou s’il peut s’agir d’un visa électronique ou d’un passeport électronique », a-t-elle expliqué, soulignant la souplesse du gouvernement quant à la forme que prendra cette obligation.
Cette décision a immédiatement suscité des réactions politiques. « Bon débarras », a lancé sur le réseau X la cheffe de l’opposition conservatrice Kemi Badenoch, qualifiant la mesure abandonnée de « très mauvaise politique ». Le dirigeant du parti anti-immigration Reform UK, Nigel Farage, a de son côté salué « une victoire pour la liberté individuelle contre un gouvernement autoritaire et effroyable ».
Treizième revirement
Selon le quotidien The Times, il s’agit du treizième revirement du gouvernement travailliste depuis son arrivée au pouvoir en juillet 2024. L’exécutif de Keir Starmer a déjà dû renoncer à plusieurs réformes ces derniers mois, notamment à son projet de réduction des prestations d’invalidité et de maladie, abandonné début juillet après une fronde au sein de sa majorité.
La question de la création d’une carte d’identité fait débat depuis des années au Royaume-Uni. Une tentative similaire avait déjà été menée au début des années 2000 sous le gouvernement travailliste de Tony Blair. La loi, votée en 2006, avait finalement été abrogée en 2011 par le gouvernement conservateur qui lui a succédé.
Sources: infomigrants




