En Autriche, les enfants étrangers ne maîtrisant pas la langue devront prendre des cours d’été

Le parlement autrichien s’est prononcé mercredi en faveur de l’instauration de cours de langue obligatoires de deux semaines pendant les vacances d’été pour les enfants d’origine étrangère dont le niveau d’allemand est insuffisant, contre l’avis des enseignants. Quelque 49 000 enfants seraient concernés.
C’est un vote qui s’est fait contre l’avis des enseignants. Mercredi 21 janvier, le parlement autrichien a validé l’instauration de deux semaines de cours d’allemand obligatoires pendant les vacances d’été pour les enfants d’origine étrangère dont le niveau d’allemand est insuffisant afin de favoriser leur intégration.
Le syndicat des enseignants autrichiens a critiqué la mesure, estimant que les ressources nécessaires pour les nouvelles classes seraient mieux utilisées pour renforcer les classes spéciales.
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L’Autriche avait déjà introduit en 2018 des classes spéciales pour les enfants non germanophones, où ils sont séparés de leurs camarades plusieurs heures par jour, toujours dans l’optique de favoriser leur intégration, un des projets phare de la coalition des conservateurs (ÖVP) et de l’extrême droite (FPÖ) à l’époque mais dénoncé par les Verts comme des « classes ghetto ».
La nouvelle législation adoptée mercredi, et introduite par la coalition composée du parti conservateur ÖVP, du parti social-démocrate SPÖ et des libéraux de Neos, prévoit le retour des enfants qui fréquentent ces classes spéciales et des cours de soutien – soit quelque 49 000 enfants âgés jusqu’à 15 ans, selon les chiffres de 2025 – sur les bancs de l’école au cours des deux dernières semaines des neuf semaines de vacances d’été.
« L’allemand est la clé de la réussite scolaire et d’une vie réussie », a déclaré le ministre de l’Éducation Christoph Wiederkehr devant le Parlement avant le vote.
Une politique de plus en plus anti-migrants
Ce pays de près de 9,2 millions d’habitants attire depuis longtemps des immigrés, ainsi que des demandeurs d’asile fuyant des pays en guerre. Mais il mène une politique de plus en plus anti-migrants.
Au printemps 2025, le gouvernement avait adopté un « cadre juridique instaurant un moratoire temporaire sur le regroupement familial des réfugiés statutaires » pour une période de six mois. Entré en vigueur en juillet 2025, il a été renouvelé en décembre pour six mois supplémentaires.
Le Parlement autrichien a affirmé que cette prolongation se justifiait par le fait « que le système éducatif autrichien et d’autres services », comme les centres d’hébergement « [étaient] surchargés ». Le regroupement familial mettrait ainsi « en péril l’ordre public et la sécurité intérieure », avait-il ajouté dans un communiqué.
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Dès son arrivée au pouvoir en mars dernier, la nouvelle coalition autrichienne – composée du parti ÖVP (conservateurs), des sociaux-démocrates de centre-gauche (SPÖ) et du parti libéral Neos – annonçait sa volonté de faire passer un tel projet. Si le parti d’extrême droite FPÖ a échoué à former une coalition, il reste de très loin le premier parti du pays dans les sondages, après avoir signé une victoire historique aux législatives fin septembre. Le chancelier conservateur Christian Stocker au pouvoir depuis début mars est donc sous pression pour maintenir une ligne dure.
Le regroupement familial est une politique encadrée et garantie par le droit européen sur l’asile et l’immigration. Et cette suspension ne peut devenir définitive sans une validation de l’Union européenne. Le chancelier autrichien avait donc adressé une lettre à la Commission européenne sur le sujet début mars, en invoquant la « clause d’urgence » de l’UE, selon laquelle le droit national peut exceptionnellement primer sur le droit européen en cas de menace pour l’ordre public et la sécurité intérieure.
Sources: Infomigrants




