Libye : un corps de migrant retrouvé sur une plage à l’est de Tripoli

Le Croissant rouge libyen a à nouveau retrouvé le corps d’un migrant sur une plage près de la ville de Khoms, à l’est de Tripoli en Libye, jeudi 26 février au soir. Quelques jours plus tôt, l’organisation avait déjà récupéré les dépouilles de sept exilés sur une autre plage libyenne.
Dans la nuit du jeudi 26 au vendredi 27 février, le Croissant rouge libyen a découvert le corps d’une personne « victime de la migration irrégulière » sur la plage de Ghanima, près de la ville de Khoms, à l’est de Tripoli en Libye.
Dans un communiqué partagé sur Facebook, l’organisation libyenne précise qu’une « équipe spécialisée s’est rendue sur place et a traité le cas conformément aux règles humanitaires et aux procédures approuvées, à savoir la récupération, l’emballage [du corps] et la sécurisation complète du site, en coordination directe avec le poste de police de Ghanima. »
Le cadavre du migrant a été « remis à la brigade de police présente sur place afin de mener les procédures légales nécessaires », indique-t-elle encore, sans donner plus de détails sur la nationalité ou les circonstances de la mort de l’exilé.
« Cet incident tragique reflète la poursuite du drame humain sur nos côtes et confirme que la mer continue d’engloutir les rêves de ceux qui recherchent une vie meilleure, laissant derrière elle des tragédies silencieuses et des cœurs brisés », ajoute le Croissant rouge libyen.
Ce corps a été retrouvé quelques jours seulement après une autre découverte macabre. Dimanche 22 février, les corps de sept migrants, dont trois enfants, avaient déjà été récupérés par le Croissant rouge libyen sur une plage de Qasr Al-Akhyar, à quelque 70 km à l’est de Tripoli.
Un millier de migrants disparus après le passage de la tempête Harry
De nombreuses embarcations partent en mer Méditerranée en passant sous les radars des autorités libyennes. Quand elles sombrent en mer, elles ne sont donc pas répertoriées.
Mais ces dernières jours, des ONG de sauvetage en mer ont annoncé avoir repéré dans l’eau plusieurs corps sans vie de migrants. Selon ces associations, il s’agit très probablement de victimes de la tempête Harry, qui a balayé le bassin méditerranéen du 19 au 21 janvier, avec des vagues allant jusqu’à 16 mètres de haut et des rafales de vent atteignant plus de 54 nœuds, dévastant plusieurs zones côtières de Sicile, de Sardaigne et de Calabre.

Dans ce contexte, les canots précaires et surchargés des migrants n’avaient quasiment aucune chance de survie. L’ONG italienne Mediterranea Saving Humans (MSH) et Refugees in Libya (qui documente la vie des migrants en Libye mais aussi en Tunisie) ont décompté près de 30 embarcations parties de Tunisie durant la période du passage de la tempête et estiment qu’un millier de migrants sont morts à cause d’Harry.
Il s’agirait de « la plus grande tragédie de ces dernières années le long des routes de la Méditerranée centrale », avait signalé Laura Marmorale, présidente de MSH dans un communiqué publié lundi 2 février.
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La Méditerranée centrale reste la route migratoire la plus meurtrière au monde. Plus de 2 100 migrants en situation irrégulière ont perdu la vie ou ont disparu en tentant de traverser la mer Méditerranée pour rejoindre l’Europe en 2025, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Cette même année, plus de 26 000 migrants ont été interceptés en mer et ramenés de force en Libye pour y être détenus.
Et depuis début 2026, au moins 606 migrants sont morts en Méditerranée alors qu’ils cherchaient à rejoindre les côtes européennes, d’après l’OIM. Ce chiffre n’avait jamais été atteint aussi tôt dans l’année depuis 2014.
Un des derniers naufrages en date : le 9 février, un canot pneumatique transportant 55 migrants a chaviré au large de Zouara, à l’ouest de la Libye, a annoncé l’OIM. Seules deux Nigérianes ont survécu au drame, portant à 53 le nombre de personnes décédées, parmi lesquelles deux bébés.
Sources: Infomigrants




