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Traversées de la Manche : de plus en plus de migrants prennent la mer depuis la Belgique pour atteindre l’Angleterre

Selon les autorités belges, de plus en plus de canots de migrants partent des côtes de la Belgique pour tenter d’atteindre le Royaume-Uni en traversant clandestinement la Manche. Cette nouvelle route émerge alors que les réseaux de passeurs essayent d’échapper à la surveillance renforcée le long du littoral français.

Mardi 24 février, un canot composé de 22 migrants a quitté la plage belge d’Oostduinkerke, à une dizaine de kilomètres de la frontière française, pour tenter de traverser la Manche et rejoindre de manière irrégulière le Royaume-Uni.

Le lendemain, 15 exilés ont été retrouvés près du port de plaisance de Nieuwpoort, non loin d’Oostduinkerke. « Ils transportaient un bateau pneumatique, un moteur électrique et des jerricans d’essence », a indiqué à la BBC la police belge. Selon l’enquête, ce groupe « avait l’intention de se rendre au Royaume-Uni », a expliqué la police.

Ces départs depuis la côte belge ne sont pas des cas isolés. Alors que l’an dernier, aucun canot n’a été repéré dans le nord-ouest la Belgique, au moins cinq tentatives de traversée de la Manche ont été enregistrées dans la région – au large des villes côtières notamment De Panne, Koksijde et Nieuwpoort – depuis le 1er janvier 2026, assure la police belge à la BBC.

Oostduinkerke en Belgique. Crédit : Google maps
Oostduinkerke en Belgique. Crédit : Google maps

Depuis des années, la Belgique est utilisée par les trafiquants comme un lieu de stockage des embarcations de migrants avant leur mise à l’eau en France. Le pays n’était pas, jusque-là, considéré comme une terre de départ vers l’Angleterre, en raison des forts courants au large et d’une distance plus longue pour rejoindre les rives britanniques. Environ 100 km séparent le nord de la Belgique au port de Douvres (sud de l’Angleterre) contre 45 km entre Calais et les côtes anglaises.

Des mesures pour enrayer le phénomène

Face à ce changement de situation, le gouvernement britannique a alloué 1,3 million de livres (près d’1,5 millions d’euros) aux autorités belges pour tenter d’enrayer les traversées.

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Et Bruxelles a déjà entrepris des mesures pour empêcher les départs de canots : des obstacles, comme des blocs de béton armé, ont été installés sur la côte pour rendre difficile l’accès aux dunes et aux plages aux véhicules avec remorques transportant des « small boats ».

La Belgique a également mis l’accent sur les équipements de vision nocturne et d’imagerie thermique lors des patrouilles policières pour intercepter un maximum de migrants en partance vers le Royaume-Uni.

Un groupe de migrants s'aventurent dans l'eau depuis la plage sur la plage de Petit-Fort-Philippe à Gravelines, près de Calais, pour atteindre un canot pneumatique et traverser la Manche, le 2 juillet 2025. Crédit : Reuters
Un groupe de migrants s’aventurent dans l’eau depuis la plage sur la plage de Petit-Fort-Philippe à Gravelines, près de Calais, pour atteindre un canot pneumatique et traverser la Manche, le 2 juillet 2025. Crédit : Reuters

La police fédérale belge a par ailleurs annoncé qu’elle renforçait ses patrouilles, tant terrestres, que maritimes et aériennes grâce au déploiement des avions de Frontex, l’agence européenne de surveillance des frontières.

Cette nouvelle route inquiète car les autorités craignent que l’importante distance à parcourir pour rejoindre l’Angleterre depuis la Belgique ne provoque davantage de drames.

540 millions d’euros versés à la France

Ce n’est pas la première fois que les réseaux de trafiquants tentent de s’adapter en trouvant d’autres itinéraires et ainsi déjouer la surveillance policière.

La militarisation de la frontière dans le nord de la France – déploiement policiers, drones, caméras thermiques, avions Frontex – avait déjà poussé les passeurs à envisager d’autres endroits pour mettre à l’eau les embarcations, dans des canaux de la région mais aussi à des dizaines de kilomètres plus au sud, dans la Somme. En réponse, les autorités du département ont multiplié, là aussi, les mesures de surveillance policière.

Depuis des années, Londres alloue d’importantes sommes d’argent à Paris pour contrôler les traversées irrégulières de la Manche par des migrants. Entre 2023 et 2026, le Royaume-Uni a ainsi versé 540 millions d’euros à la France pour la gestion de l’immigration.

Laurent Touvet, le patron de la Direction générale des étrangers en France (DGEF), interrogée au Parlement la semaine dernière par une commission d’enquête sur les accords du Touquet, estime que 85 % des sommes totales sont déployées pour des missions sécuritaires et 15 % pour des missions sociales, sanitaires et humanitaires comprenant notamment les sauvetages en mer.

Selon les chiffres officiels des autorités britanniques, 41 472 personnes ont rejoint irrégulièrement le Royaume-Uni sur des petites embarcations en 2025. Ce chiffre est le deuxième plus élevé depuis le début de ces traversées en 2018. Par ailleurs, au moins 29 migrants sont morts en mer en 2025, d’après un décompte de l’AFP à partir de sources officielles françaises et britanniques.

Sources: Infomigrants

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