Mayotte : une femme meurt après le chavirage d’un kwassa au large de l’île française

Samedi, une femme est décédée au large de Mayotte. Selon Mayotte 1ère, le pilote du kwassa a refusé de s’arrêter à l’approche d’une vedette de la police aux frontières. L’embarcation précaire aurait alors chaviré. Les autorités françaises ont récupéré une vingtaine de passagers.
Nouveau drame au large de Mayotte. Une femme dont la nationalité n’a pas été précisée est morte samedi 28 mars après le chavirage de son kwassa au large de l’îlot Mtsamboro – la plus petite île de l’archipel français. Selon Mayotte 1ère, le drame s’est déroulé lors de l’interception de l’embarcation par la Police aux frontières (PAF). Le pilote du bateau aurait refusé de s’arrêter à l’approche de la vedette des autorités. L’embarcation précaire aurait alors chaviré.
La PAF a pu récupérer la vingtaine de passagers. Malgré la tentative de réanimation du Smur (Structure mobile d’urgence et de réanimation) et des pompiers à Longoni, la femme tombée à l’eau n’a pas pu être ranimée.
Ces derniers mois, des drames similaires ont eu lieu au large de l’archipel. Au moins 18 migrants, dont de nombreux Congolais, sont morts noyés le 18 mars, après avoir été déposés près des côtes des Comores. Trois autres personnes sont portées disparues. L’embarcation devait en fait rejoindre Mayotte.

En juillet 2025, un kwassa transportant des migrants était entré en collision avec un bateau de la police nationale. Selon les autorités, le canot avait là encore refusé d’obtempérer. Le choc a provoqué le chavirage de l’embarcation. Deux personnes sont décédées et dix-sept autres ont été secourues.
Aucun bilan précis sur cette route migratoire
Selon une enquête du Monde, paru en septembre 2025, les forces de l’ordre françaises sont pointées du doigt pour leur mode d’interception des kwassas – susceptible de provoquer des naufrages.
Depuis des années, des groupes de migrants espèrent rejoindre le département français perdu dans l’océan indien. De plus en plus d’exilés venant de la région des Grands Lacs entreprennent la dangereuse traversée depuis les côtes de Tanzanie pour tenter de rejoindre l’archipel. Mais, souvent trompés par les passeurs, les migrants sont régulièrement débarqués près du littoral comorien.
Aucun bilan précis n’existe sur cette route migratoire dans l’océan indien. Mais d’après les données publiques du Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (CROSS) Sud océan Indien, au moins 477 exilés sont morts ou ont disparu dans les eaux territoriales françaises autour de Mayotte depuis 2010. Un rapport du Sénat français de 2012 qui soulignait « les dangers de longue date de cette route » estimait que ces traversées ont causé « entre 7 000 et 10 000 morts entre 1995 et 2011 ».
Pour rappel, aucune ONG ne sillonne la zone, il est ainsi probable que de nombreuses embarcations précaires aient pu couler sans avoir été répertoriées.
Selon la préfecture de Mayotte, 390 kwassas ont été interceptés en 2025 (contre 493 en 2024), conduisant à l’interpellation de 240 passeurs.
Sources: infomigrants




