Mer Méditerranée : trois corps de migrants récupérés sur le littoral libyen

Le Croissant-Rouge libyen a récupéré, samedi, les corps de trois migrants échoués sur le littoral de Misrata, à l’est de Tripoli. Une nouvelle tragédie qui illustre la dangerosité de la route migratoire de la Méditerranée centrale, l’une des plus meurtrières au monde.
C’est une nouvelle découverte macabre qui a eu lieu samedi 4 avril. Des membres du Croissant-Rouge libyen, en collaboration avec la police locale, ont récupéré trois corps, probablement des migrants qui cherchaient à rejoindre l’Europe, échoués sur le littoral de Misrata, une ville située à l’est de la capitale Tripoli.
Une vidéo diffusée par l’organisation sur les réseaux sociaux montre des secouristes transportant les corps pour les charger dans une ambulance. Pour l’heure non identifiées, les dépouilles ont été remises aux autorités compétentes afin que les procédures légales et d’identification nécessaires puissent être menées.
Le même week-end, un autre drame s’est joué en Méditerranée centrale. Une embarcation partie samedi de Libye avec à son bord plus de 100 personnes a fait naufrage quelques heures plus tard dans les eaux territoriales sous contrôle libyen. Seuls 32 migrants ont pu être secourus, selon les ONG Mediterranea Saving Humans et Sea-Watch, et débarqués dimanche matin sur l’île italienne de Lampedusa. Plus de 70 personnes restent toujours portées disparues.
Traversée meurtrière
La Libye est l’un des principaux points de départ depuis l’Afrique du nord pour les migrants, en majorité originaires d’Afrique subsaharienne mais aussi d’Asie et du Moyen-Orient, qui tentent la traversée de la Méditerranée au péril de leur vie pour gagner l’Europe via l’Italie ou la Grèce. La petite île italienne de Lampedusa, située à 300 km des côtes libyennes, est un point d’arrivée clé pour ces exilés.
Nombreux périssent au cours de cette traversée particulièrement dangereuse. Plus de 2 100 migrants en situation irrégulière sont morts ou ont disparu en tentant de traverser la Méditerranée pour rejoindre l’Europe en 2025, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Les naufrages sont très fréquents en raison des mauvaises conditions climatiques, de la vétusté des embarcations et de leur surcharge mais aussi du fait que le plus souvent, les migrants ne savent pas nager et ne disposent pas de gilets de sauvetage.
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De nouveaux drames se succèdent chaque mois sur cette route migratoire, l’une des plus dangereuses au monde. Des corps de migrants sont régulièrement repêchés en mer tandis que d’autres s’échouent sur les côtes et les littoraux, notamment italien ou grec. Fin février, sept corps, dont ceux de 3 enfants, ont été retrouvés sur une plage à l’est de Tripoli.
Ces chiffres restent largement sous-estimés puisque de nombreuses embarcations, en passant sous les radars des autorités libyennes, ne sont pas répertoriées lorsqu’elles sombrent en mer. Ces « naufrages invisibles » ont été particulièrement nombreux lors de la violente tempête Harry qui s’est abattue en Méditerranée entre le 19 et le 21 janvier. Selon les estimations des ONG Mediterranea Saving Humans et Refugees in Libya, elle aurait provoqué la disparition d’un millier de migrants.
Depuis janvier, le nombre de décès a explosé en Méditerranée. Entre le 1er janvier et le 31 mars 2026, 831 migrants ont péri en tentant de rejoindre les côtes européennes, contre 415 à la même période de 2025. Un record pour cette période de l’année depuis les premiers relevés de l’OIM en 2014. D’après le ministère italien de l’Intérieur, 6 175 migrants sont arrivés sur les côtes italiennes au cours de la même période, selon les derniers chiffres datant du 3 avril.
En parallèle, entre le 1er janvier et le 10 mars 2026, 2 568 migrants ont été interceptés en mer Méditerranée par les gardes-côtes libyens et ramenés de force dans le pays, selon les chiffres de l’OIM. Parmi eux, se trouvaient 2 260 hommes, 200 femmes et 60 enfants.
Sources: Infomigrants




