Uncategorized

France : 15 personnes mises en examen pour participation à des réseaux de passeurs

Quinze personnes ont été mises en examen fin mars, soupçonnées de faire partie de réseaux de passeurs de migrants depuis la corne de l’Afrique vers le Royaume-Uni, ont annoncé lundi dans un communiqué commun les parquets de Boulogne-sur-Mer et de Lille.

Les parquets Boulogne-sur-Mer et de Lille, dans le nord de la France, ont annoncé lundi 13 avril dans un communiqué avoir placé quinze personnes en examen fin mars. Ces individus sont soupçonnés d’appartenir à un réseau de passeurs de migrants depuis la corne de l’Afrique vers le Royaume-Uni.

Ces mises en examen interviennent dans le cadre de deux informations judiciaires distinctes, l’une suivie à Boulogne-sur-Mer concernant un naufrage qui a fait trois morts en octobre 2024, et l’autre suivie par la Juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Lille pour un naufrage lors duquel une personne était morte en février 2025.

« Réseaux criminels organisés »

« Les investigations ont mis en évidence l’implication de réseaux criminels organisés, composés d’Érythréens et d’Éthiopiens, opérant depuis 2024 des traversées illégales » de la Manche en canots pneumatiques, expliquent dans ce communiqué Cécile Gressier, procureure de Boulogne-sur-Mer, et Samuel Finielz, procureur de Lille.

Selon les deux magistrats, les candidats à l’émigration quittaient la corne de l’Afrique, dont ils étaient originaires, « pour être acheminés jusqu’en Europe, où ils rejoignaient dans un premier temps la région parisienne. » Là, des « dirigeants de commerces communautaires parisiens » prenaient en charge les migrants et « intervenaient dans le paiement occulte des traversées [de la Manche] via le système de l’hawala, un système bancaire parallèle occulte », ajoutent les procureurs.

« Une vaste opération de police judiciaire » déclenchée le 24 mars par l’Office de lutte contre le trafic illicite de migrants (Oltim) a mené à l’interpellation, dans le nord de la France ainsi qu’en région parisienne et en Auvergne, de dix-huit personnes impliquées dans ces réseaux, précise le communiqué.

Dix personnes ont finalement été mises en examen dans le volet lillois de l’enquête, et cinq dans le volet boulonnais, notamment pour aide à l’entrée et au séjour irréguliers, participation à une association de malfaiteurs et blanchiment aggravé, ainsi que dans le volet suivi par la Jirs de Lille pour homicide involontaire.

Sept des mis en examen ont été placés en détention provisoire et huit sous contrôle judiciaire, détaillent les magistrats.

Intensifier la lutte contre les passeurs

Ces dernières années, alors que les traversées de la Manche se sont intensifiées, les coups de filet dans les réseaux de trafiquants opérant entre la France et le Royaume-Uni se sont multipliés.

Fin mars, le tribunal de Lille a requis de deux à neuf ans de prison à l’encontre de 19 personnes soupçonnées d’avoir fait partie d’un réseau d’acheminement de matériel nautique pour des passeurs de migrants à la frontière franco-britannique.

A lire aussi
Manche : « Tant qu’on ne démantèlera pas les chaînes d’approvisionnement des ‘small-boats’, il y aura toujours des trafiquants »

Quelques jours plus tôt, Europol a annoncé le démantèlement d’une vaste filière de livraison de matériel nautique à destination du littoral nord.

Au delà de cette vaste opération, Europol souhaite intensifier la lutte contre les réseaux de passeurs actifs en Europe. Mardi 24 mars, l’agence européenne de police criminelle a annoncé le lancement d’un Centre européen de lutte contre le trafic de migrants.

L’organisation va intensifier ses actions sur les réseaux sociaux et les messageries cryptées, largement utilisés par les passeurs pour attirer des migrants ou pour coordonner les déplacements des exilés. Europol veut aussi s’attaquer au modèle économique des trafiquants.

« Le lancement de l’ECAMS témoigne de la détermination de l’Europe à considérer le trafic de migrants pour ce qu’il est réellement : une forme grave de criminalité organisée qui coûte souvent des vies et qui en tire profit », a déclaré Catherine de Bolle, présidente d’Europol, lors d’une conférence au siège de l’agence à La Haye.

Sources: Infomigrants

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page