Un nouveau mort dans la Manche, le 12e décès depuis janvier

Un migrant est mort dans la nuit de dimanche à lundi dans la Manche alors qu’il tentait de rejoindre le Royaume-Uni. L’embarcation dans laquelle il se trouvait, avec une soixantaine d’autres personnes, s’est disloquée en mer. Ce nouveau décès porte déjà à 12 le nombre de morts depuis le début de l’année dans cette zone maritime.
Nouveau drame dans la Manche. Dans la nuit de dimanche 18 à lundi 19 mai, « une embarcation surchargée s’est disloquée » en mer au large des côtes françaises, a annoncé la préfecture maritime de la Manche et de la Mer du Nord (Prémar) dans un communiqué.
Les autorités, prévenues vers 2h30 du matin, ont déployé d’importants moyens pour secourir les personnes en difficulté. Un bateau de remorquage, des navires britanniques et un hélicoptère de la marine française ont été engagés pour cette opération de sauvetage.
« Au cours de sa recherche sur zone, le Dauphin [l’hélicoptère de la marine, ndlr] a repéré dans l’eau une personne inanimée », a indiqué la Prémar. « Celle-ci a été déclarée décédée par l’équipe médicale ».
Au total, 62 migrants ont été secourus par les forces françaises. Parmi eux, un enfant et sa mère en état d’hypothermie ont été évacués par hélicoptère et hospitalisés à Boulogne-sur-Mer, où tous les rescapés ont été pris en charge par les secours français.
Des tentatives par camion
En incluant la personne décédée lundi, au moins 12 migrants sont morts depuis janvier en essayant de rejoindre l’Angleterre à bord de « small boats », ces embarcations clandestines précaires souvent surchargées.
Le dernier décès remonte à la semaine dernière : le corps d’un exilé avait été ramené au Portel, près de Boulogne-sur-Mer, par un remorqueur de sauvetage après un échouage au large des côtes françaises, dans la nuit de dimanche 11 à lundi 12 mai. Dans cette affaire aussi, le canot s’était disloqué en mer, « suite à la perte du tableau arrière où était fixé le moteur », avait rapporté la Prémar.
Le bilan monte à 15 morts, si l’on ajoute la découverte du corps sans vie d’une femme vendredi 11 avril dans un campement de Loon-Plage, non loin de Dunkerque, et trois migrants fauchés par des camions, dont un mardi dernier alors qu’il essayait de se cacher dans un poids-lourd près de Calais.
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Les passages par camion, bien que plus rares que les traversées de la Manche, n’ont cependant pas disparu. Des milliers d’exilés désargentés et incapables de s’offrir les services d’un passeur continuent chaque année de tenter de monter dans des poids lourds. Généralement, ces migrants sont soudanais. Ils patientent à des endroits stratégiques au bord de l’A16, sur des aires de parkings, ou marchent le long des voies en tentant leur chance à l’improviste.
Selon le média britannique BBC, en 2024, plus de 5 000 migrants ont tenté de se cacher dans des véhicules pour rejoindre illégalement le Royaume-Uni. Ils ont tous été stoppés dans les ports de la Manche.
Hausse des traversées
Pour tenter d’enrayer les traversées de la Manche, les autorités britanniques et françaises multiplient ces dernières années les mesures de lutte contre l’immigration irrégulière, mais aussi régulière. Le 12 mai, le gouvernement travailliste britannique de Keir Starmer a dévoilé une feuille de route pour « reprendre enfin le contrôle » des frontières du pays.

Le plan prévoit notamment un durcissement des conditions d’octroi du titre de résident permanent et des visas de travail ainsi qu’un raccourcissement de la validité des visas étudiants. « Tous les domaines du système d’immigration, y compris (les visas) de travail, de regroupement familial, d’étude, seront renforcés afin que nous puissions mieux les contrôler », a assuré le Premier ministre.
En déplacement en Albanie jeudi 15 mai, Keir Starmer a aussi dit envisager de créer, hors du Royaume-Uni, des « centres de retour » pour les demandeurs d’asile déboutés. « Nous sommes en discussions avec un certain nombre de pays à propos de centres de retour, je les considère comme une innovation vraiment importante », a déclaré le responsable britannique, lors d’une conférence de presse avec son homologue albanais Edi Rama.
Mais malgré les lois successives des dernières années, les traversées de la Manche n’ont pas diminué. Au contraire. Depuis le 1er janvier, plus de 11 000 migrants sont arrivés en Angleterre à bord de « small boats ». Ce nombre n’avait jamais été atteint aussi tôt dans l’année.
L’an dernier, près de 37 000 exilés ont débarqué côté britannique sur des embarcations de fortune, soit 25% de plus qu’en 2023.
Sources: infomigrants




