Uncategorized

Le Royaume-Uni lance une campagne publicitaire sur les réseaux pour dissuader les migrants de traverser la Manche

Le gouvernement britannique a lancé une campagne sur les réseaux sociaux à destination des migrants se trouvant dans le nord de la France. Ces spots publicitaires visent à dissuader les exilés de traverser la Manche pour atteindre le Royaume-Uni. D’autres campagnes similaires avaient été utilisées dans le passé pour décourager les exilés originaires du Vietnam et d’Albanie.

Une campagne publicitaire sur les réseaux sociaux pour dissuader les migrants de traverser la Manche : c’est la nouvelle stratégie des autorités britanniques pour diminuer l’immigration irrégulière, révèle le Times.

Cette campagne s’affichera sur les comptes Youtube et Facebook des personnes visées, c’est à dire les exilés se trouvant sur les côtes du nord de la France. Les spots publicitaires cibleront les personnes en fonction de leur localisation, de leur sexe et de leur nationalité, précise le média britannique.

Si Paris autorise le déploiement de cette campagne – financée par le ministère britannique de l’Intérieur -, ce sera la première fois que des publicités de ce type seront utilisées dans le nord de la France.

« Si vous arrivez illégalement au Royaume-Uni, vous risquez d’être expulsé »

Les publications montrent des migrants bloqués à Douvres ou retenus dans un centre de rétention et se terminent par le décollage d’un avion, indique le Times. Un message est répété en plusieurs langues (français, arabe, langues afghanes notamment) : « Attention ! Il existe un nouveau traité entre le Royaume-Uni et la France. Si vous arrivez illégalement au Royaume-Uni à bord d’un bateau, vous risquez désormais d’être expulsé et vous ne pourrez plus revenir au Royaume-Uni ni rester en France en situation irrégulière ».

Le gouvernement fait ici référence au projet pilote signé début juillet entre Londres et Paris. Basé sur le principe du « un pour un », il prévoit le renvoi en France d’un migrant arrivant au Royaume-Uni par « small boat », en échange de quoi Londres s’engage à accepter un migrant se trouvant en France et exprimant sa volonté de demander l’asile.

Depuis l’entrée en vigueur de cet accord le 6 août, une centaine de migrants arrivés sur des « small boats » après une traversée de la Manche ont été placés en détention en attendant un renvoi vers la France.

« Nous n’avons pas compris ce qui nous arrivait lorsque le ministère de l’Intérieur nous a transférés de Manston [une ancienne base militaire du Kent, aux conditions décriées, ndlr] où nous avions été enregistrés, directement vers cet endroit qui ressemble à une prison », expliquait alors au Guardian un Érythréen, joint par téléphone.

La nouvelle ministre de l’Intérieur, Shabana Mahmood, a déclaré vendredi que les expulsions de migrants vers la France débuteront « de manière imminente ».

Selon les estimations de la BBC, cet accord concernerait 2 600 migrants par an. Une goutte d’eau au regard des 30 000 personnes débarquées depuis janvier sur les rives britanniques après une traversée de la Manche.

D’autres campagnes similaires

Ce n’est pas la première fois que les autorités britanniques se servent des réseaux sociaux et d’Internet pour décourager les migrants de venir sur son sol. Lancé en août 2021, le site On the Move fournissait de nombreuses informations sur les risques qui attendent les migrants désireux de rejoindre les côtes anglaises. Traduit en arabe, en persan, en kurde, en pachto et en tigrigna, une des langues officielles de l’Érythrée, la plateforme assurait aux candidats à la migration que la route de la Manche est « incroyablement dangereuse ». « Si vous tombez à la mer, vous risquez de vous noyer, vous ne tiendrez pas plus de 30 minutes dans l’eau froide, pouvait-on lire. Si les conditions en mer changent rapidement, votre bateau se renversera/chavirera. Vous mourrez rapidement d’hypothermie ».

En 2023, le ministère de l’Intérieur britannique avait lancé une campagne publicitaire pour dissuader les ressortissants albanais d’émigrer au Royaume-Uni. Ces messages étaient diffusés en albanais sur Facebook et Instagram, et prévenaient les candidats à l’exil qu’ils « risquent d’être détenus et expulsés » s’ils arrivaient de manière illégale au Royaume-Uni.

À l’époque, les Albanais représentaient « un tiers de toutes les traversées en petit bateau [soit 13 000 personnes] » en 2022, s’était justifié Rishi Sunak, alors Premier ministre.

Enfin en 2024, Londres avait lancé une campagne similaire sur les réseaux sociaux au Vietnam, pour avertir les migrants potentiels des « conséquences d’une entrée illégale au Royaume-Uni ». En début d’année dernière, les Vietnamiens représentaient la plus large communauté à traverser la Manche.

Sources: infomigrants

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page