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Tunisie : plus de 1 100 migrants ont bénéficié d’un « retour volontaire » depuis le début de l’année

L’Organisation internationale des migrations (OIM) a organisé le « retour volontaire » de 309 migrants – 164 Guinéens et 145 Ivoiriens – les 24 et 25 février dernier via deux vols charters. Au total, 1 182 exilés ont bénéficié d’un « retour volontaire » au départ de la Tunisie depuis le début de l’année. De plus en plus de migrants subsahariens fuient le pays de Kaïs Saïed qui les pousse dans une précarité extrême.

Le dernier vol organisé par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a eu lieu le 25 février. Il a permis de ramener dans leur pays 145 Ivoiriens qui étaient en Tunisie, selon un communiqué de l’agence onusienne. La veille, 164 Guinéens avaient eux aussi bénéficié d’un « retour volontaire » de l’OIM.

Selon l’organisation, « les bénéficiaires reçoivent une assistance sur mesure avant, pendant et après leur retour, y compris une assistance médicale, psychologique et sociale, des moyens de subsistance durables et des soins individuels ».

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Au total, 1 182 migrants sont rentrés chez eux via un « retour volontaire » de l’OIM au départ de la Tunisie depuis le début de l’année. Un chiffre important qui coïncide avec les dernières statistiques.

En 2025, année « record », 8 853 migrants ont bénéficié du programme de « retour volontaire ». Et ce chiffre ne cesse d’augmenter. En 2024, 6 885 personnes avaient profité de ce programme, et 2 558 en 2023.

« La Tunisie est devenue plus dangereuse que la Libye »

Une augmentation qui s’explique notamment par la considérable détérioration des conditions de vie des migrants en Tunisie. Depuis près de trois ans et le discours anti-migrants de Kaïs Saïed, la vie des exilés désirant rejoindre les côtes européennes en traversant la Méditerranée au départ de ce pays de transit « empire de jour en jour ». Violences, racisme, abandons dans le désert, les maux sont nombreux. « Ici, il y a beaucoup d’agressions, de vols, de viols de femme et d’hommes… Moi-même, j’ai été kidnappé et séquestré en 2024 », racontait en novembre 2025 Lamine*, un Guinéen, à InfoMigrants.

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Pour Ibrahim*, un autre Guinéen interrogé par notre rédaction, « la Tunisie est devenue plus dangereuse que la Libye pour les Subsahariens ». Après avoir été intercepté en mer, il raconte avoir vécu un enfer avant d’être abandonné dans le désert à la frontière avec la Libye : « Les policiers nous ont frappés avec des matraques et des bâtons. On devait baisser les yeux. Si on levait la tête, ils nous tapaient. Ils ont aussi fouillé les gens et ont pris leurs effets personnels : les téléphones et de l’argent ».

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Des opérations de police sont aussi régulièrement menées dans les camps de migrants dans les oliveraies autour de Sfax, ville du centre-est de la Tunisie connue pour être un lieu de départ des canots de migrants vers l’Italie. Durant ces opérations, les tentes et effets personnels des exilés sont détruits et les occupants forcés à fuir.

Un camp de migrants après son démantèlement par les autorités dans la région d'El Hamra à Sfax. Crédit : Lilia Blaise / RFI
Un camp de migrants après son démantèlement par les autorités dans la région d’El Hamra à Sfax. Crédit : Lilia Blaise / RFI

Fin mars 2025, le président tunisien Kaïs Saïed avait mis la pression aux services de l’ONU pour intensifier ses efforts afin d’assurer les « retours volontaires » des Subsahariens en situation irrégulière en Tunisie. Mais le temps d’attente reste de plus en plus long pour les migrants. Par exemple, Edwige*, une mère de famille ivoirienne de 28 ans installée à Tunis, avait demandé un « retour volontaire » fin avril 2025. Elle n’a eu un rendez-vous avec l’OIM qu’en octobre.

Le dispositif peut effectivement mettre plusieurs semaines, voire plusieurs mois. « Le délai d’un ‘retour volontaire’ varie en fonction du pays de retour, la situation administrative de la personne, la composition familiale, la présence de vulnérabilités, ainsi que la disponibilité ou non de documents de voyage », avait expliqué l’an dernier à InfoMigrants l’organisation onusienne.

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L’agence, qui disposait déjà de quatre centres d’hébergement en Tunisie, en a ouvert un cinquième en février 2025 « afin de mieux répondre à la demande croissante et de garantir des soins dignes et appropriés », selon l’OIM. Mais de nombreux migrants se retrouvent tout de même à la rue et vivent dans la précarité en attendant le retour dans leur pays.

On estime que le nombre de migrants irréguliers en Tunisie se situe entre 20 000 et 25 000, d’après les chiffres des ONG.

Sources: Infomigrants

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