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Méditerranée : plus de 300 migrants secourus au cours du week-end, un enfant de deux ans porté disparu

La fin de la semaine dernière a été marquée par une forte activité en Méditerranée centrale. Plus de 300 personnes ont été secourues à bord d’embarcations de fortune par plusieurs ONG humanitaires. Un enfant de deux ans a été porté disparu au large de Lampedusa après le naufrage du bateau où il se trouvait.

De nombreuses tentatives de traversées ont eu lieu en Méditerranée ces derniers jours. Plusieurs ONG humanitaires sont intervenues en mer pour secourir les exilés en danger.

Dimanche 15 mars, le navire Aïta Mari de l’ONG Salvamento Marítimo Humanitario a secouru 32 personnes qui se trouvaient sur un bateau gonflable, dont 9 mineurs non accompagnés et une femme enceinte. Les exilés étaient originaires de Somalie, de Côte d’Ivoire, du Cameroun, d’Erythrée, du Mali, du Burkina Faso, du Nigeria et du Ghana.

Le même jour, le Sea Watch 5 de l’ONG du même nom a porté secours à 93 personnes qui se trouvaient à bord d’une embarcation gonflable et qui avait été repérée par Alarm Phone et l’avion Sea Bird. Le navire humanitaire se dirige maintenant vers le port de Marina di Carrara qui lui a été attribué par les autorités italiennes et qui se trouve à plus de 1 000km dans le nord de l’Italie, très loin de la zone de sauvetage.

« Neuf personnes ont été évacuées vers l’Italie, dont un enfant de deux ans dont l’état était critique », a indiqué l’ONG dans une série de messages postés sur son compte X.

Un petit garçon de deux ans porté disparu au large de Lampedusa

La journée du samedi 14 mars a également été très chargée pour les ONG humanitaires en Méditerranée. L’ONG Mediterranea Saving Humans a indiqué sur son compte X avoir déposé 40 personnes samedi à Lampedusa secourues la veille par son voilier Safira. Selon la presse italienne, les 40 personnes à bord de l’embarcation pneumatique – dont sept femmes et plusieurs mineurs – étaient parties la veille de Libye.

Samedi également, les garde-côtes italiens, à bord du patrouilleur CP327, ont secouru 64 personnes, dont 14 femmes et 10 mineurs, alors que le bateau sur lequel ils se trouvaient faisait naufrage au large de Lampedusa. Mais un petit garçon sierra leonais de deux ans n’a pas pu être secouru et est toujours porté disparu.

L’ONG Save the Children a dénoncé cet incident, expliquant qu' »une fois de plus, un enfant de deux ans a payé le prix de politiques qui privilégient la protection des frontières au détriment de la protection des vies humaines », rapporte le média italien il Fatto Quotidiano.

« Parmi les passagers se trouvaient des personnes originaires du Burkina Faso, du Cameroun, de Côte d’Ivoire, de Guinée et de Sierra Leone » et étaient partis de Sfax en Tunisie, selon le média en ligne Il Sole 24 ore.

Selon la journaliste italienne Angela Caponnetto, qui suit de près la question des secours en mer, au moins 200 personnes et un corps ont été ramenés à quai à Lampedusa ces derniers jours.

Ports éloignés des zones de secours

Le navire Life Support, de l’ONG italienne Emergency, est, de son côté, intervenu trois fois en 48 heures durant le week-end. Le navire a d’abord porté secours à 41 personnes dans la zone de recherche et sauvetage (SAR) libyenne vendredi 13 mars au matin. Puis, dans la soirée de ce même jour, le navire a secouru 57 personnes, également dans la SAR zone libyenne.

Le lendemain, samedi 14 mars, le navire a effectué un troisième sauvetage. Vingt-cinq personnes ont alors été ramenées à bord. Il s’agissait de « 18 hommes (dont sept mineurs non accompagnés) et sept femmes (dont quatre mineures non accompagnées) ». « Les naufragés ont déclaré avoir quitté Zawiya (Libye) le soir du 13 mars et sont originaires du Soudan, du Soudan du Sud, de Somalie et du Yémen – des pays ravagés par les conflits, la violence, la pauvreté, l’insécurité alimentaire et le changement climatique », a indiqué l’ONG dans un communiqué publié sur son site.

En tout, le navire compte désormais 123 naufragés à son bord, « dont 26 mineurs non accompagnés et 20 femmes », indique Emergency. Le navire fait route vers le port de Civitavecchia qui lui a été assigné mais se trouve également à plusieurs jours de navigation.

Météo dangereuse en Méditerranée

Cette vague de départs survient alors qu’un épisode de mauvaise météo s’installe en Méditerranée. Plusieurs ONG ont alerté sur les vents violents et les très hautes vagues qui allaient déchaîner la mer au cours des prochains jours.

« Nous espérons que les personnes qui prévoient de quitter la Tunisie ou la Libye dans les prochains jours en sont conscientes et tiendront compte des conditions météorologiques », a mis en garde la plateforme Alarm Phone sur son compte X.

L’année 2026 est particulièrement meurtrière en Méditerranée centrale. Depuis le début de l’année, au moins 550 personnes ont perdu la vie sur cette route, selon les chiffres de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Ce chiffre n’avait jamais été atteint aussi tôt dans l’année depuis 2014 et le début des recensements de l’agence onusienne.

Lors de la tempête Harry qui a balayé le bassin méditerranéen et les côtes italiennes du 19 au 21 janvier, plusieurs embarcations ont disparu en mer. L’ONU estime que huit bateaux avec 380 personnes à bord ont fait naufrage en Méditerranée centrale.

Mais les ONG Mediterranea Saving Humans (MSH) et Refugees in Libya ont dénombré près de 30 embarcations parties de Tunisie durant cette période. Au total selon les humanitaires, un millier d’exilés ont péri pendant la tempête Harry. Par ailleurs, plus de 2700 migrants ont été interceptés en mer et ramenés en Libye.

Sources: Infomigrants

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