17 exilés somaliens se noient entre l’Algérie et l’Espagne

Un naufrage au nord des côtes algériennes a entraîné la noyade d’au moins douze hommes et cinq femmes de nationalité somalienne, a déclaré jeudi l’ambassadeur somalien en Algérie. Le groupe, dont les familles ont alerté sur la disparition, cherchait à rejoindre l’Espagne.
Un bateau a chaviré dans les eaux situées entre l’Algérie et l’Espagne causant la mort d’au moins 17 migrants somaliens, a déclaré jeudi 23 avril l’ambassadeur de Somalie en Algérie, rapporte l’agence de presse Associated Press.
Parmi les victimes figurent douze hommes et cinq femmes. « J’ai été contacté par des parents qui cherchaient leurs enfants et voulaient savoir où ils se trouvaient », a rapporté l’ambassadeur Yusuf Ahmed Hassan aux médias somaliens.
Suite à ces alertes, l’ambassadeur a contacté le ministère algérien des Affaires étrangères. Celui-ci l’a informé qu’un groupe d’exilés africains était décédé dans un naufrage au large de Bou Ismaïl, une province côtière du nord de l’Algérie. Le groupe cherchait, par cette traversée maritime périlleuse, à rejoindre les côtes espagnoles, porte d’entrée en Europe.

L’ambassadeur somalien a indiqué s’être alors rendu dans cette ville située à environ 100 kilomètres à l’ouest d’Alger (proche de Tipaza, voire carte ci-dessus) tôt jeudi matin, vers 6 heures. « J’ai visité deux hôpitaux de la province et j’ai vu les corps », a-t-il confirmé.
Fuir l’insécurité, la pauvreté et la sécheresse
Déjà, le 11 mars, 33 migrants originaires d’Afrique subsaharienne ont péri dans le naufrage d’une embarcation au large d’Alger, selon des informations relayées par Francisco Jose Clemente Martin, un activiste espagnol qui suit de près les routes migratoires en Méditerranée centrale.
En 2025, 3 090 personnes ont perdu la vie sur les routes migratoires vers l’Espagne, selon l’ONG Caminando Fronteras. Soit huit personnes par jour. Parmi les victimes recensées figuraient 437 enfants, 192 femmes et 2 461 hommes. Ces chiffres se basent sur les témoignages recoupés des familles et des survivants, en plus des données officielles. Ils englobent aussi les disparitions : pas moins de 70 bateaux ont disparu des radars avec l’ensemble de leurs passagers, qui n’ont plus jamais donné de nouvelles à leurs proches.
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La route des Baléares, depuis les côtes algériennes vers les îles espagnoles, s’est considérablement développée ces derniers mois. Selon les derniers chiffres du ministère de l’Intérieur espagnol, 1 900 migrants ont atteint l’archipel entre le 1er janvier et le 28 février 2026. Soit une hausse de 6 % par rapport à l’an dernier à la même période.
Sur la route des Baléares, « les dangers de cette traversée sont même plus importants en raison des distances, mais aussi parce qu’il existe un risque élevé de perdre le cap et de se retrouver dans les zones les plus hostiles de la mer Méditerranée », précise l’association espagnole Caminando Fronteras. Selon l’ONG, 1 037 personnes parties d’Algérie vers les Baléares ont perdu la vie en 2025. Elles étaient moitié moins en 2024.
Auparavant, la grande majorité des migrants arrivés aux Baléares venaient d’Algérie. Désormais, de plus en plus de Subsahariens empruntent cet itinéraire, à mesure que d’autres se ferment en Méditerranée centrale (Libye, Tunisie) ou dans l’Atlantique (routes des Canaries). En 2023, 73 % des personnes arrivant aux Baléares étaient d’origine maghrébine. En 2025, ce pourcentage est descendu à 30 % alors que celui des personnes en provenance d’autres pays africains a atteint 70 %.
Les migrants somaliens font partie de ceux qui entreprennent de plus en plus souvent de tels périples, poussés par l’insécurité, les opportunités économiques limitées et les conditions de sécheresse prolongée dans leur pays, explique Associated Press.
Sources: Infomigrants




