Frontière franco-espagnole : ouverture d’une cellule d’échange de renseignements sur l’immigration à Biriatou

La cellule départementale d’échange de renseignements à la frontière franco-espagnole a ouvert la semaine dernière à Biriatou, ville frontalière avec l’Espagne, devenue l’un des points de passage de migrants vers la France. Cette structure pilotée par l’Office de lutte contre le trafic illicite de migrants (Oltim) regroupe les services douaniers, financiers et la gendarmerie.
Elle avait été annoncée en grande pompe lors d’une visite du ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, le 11 avril dernier à la frontière franco-espagnole. La cellule départementale d’échange de renseignements a ouvert, mercredi 2 juillet, à Biriatou, ville frontalière avec l’Espagne devenue l’un des points de passage de migrants vers la France.
« La France n’est pas un hall de gare. Depuis la barrière de péage de Biriatou, dans les Pyrénées-Atlantiques, j’ai présenté notre nouvelle stratégie de fermeté. Elle repose sur trois axes clairs : le renforcement des contrôles aux frontières, la lutte sans relâche contre les passeurs, et une coopération avec les États frontaliers », avait tweeté Bruno Retailleau en avril. « Cette stratégie s’incarne dans une mobilisation totale des forces de sécurité intérieure, des douaniers et de nos armées : la Force Frontières. »
Cette cellule doit ainsi permettre « de renforcer l’échange d’informations entre services afin d’identifier les réseaux locaux, les itinéraires empruntés par les passeurs ainsi que les modes opératoires utilisés », a indiqué la préfecture des Pyrénées-Atlantiques dans un communiqué. Pilotée au niveau national par l’Office de lutte contre le trafic illicite de migrants (Oltim), cette structure regroupe les services douaniers, financiers et la gendarmerie.
« Première porte d’entrée en France pour l’immigration irrégulière »
Selon le préfet des Pyrénées-Atlantiques, Jean-Marie Girier, le département a été, au début de l’année 2025, « la première porte d’entrée en France pour l’immigration irrégulière ». En 2024, 5 264 migrants ont été interceptés dans les Pyrénées-Atlantiques, 680 autres pour le seul mois de janvier. « Cinq fois plus que l’année précédente à la même date », ajoute le préfet concernant ce chiffre pourtant en baisse par rapport aux années 2022 et 2023.
Le péage de Biriatou et l’A63 sont fréquemment le théâtre d’arrestations de passeurs de migrants, précise le journal Sud-Ouest. L’axe autoroutier est généralement utilisé pour franchir la frontière, avant de remonter vers Paris ou le nord de l’Europe.
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Au cours des six premiers mois de 2025, 17 passeurs ont déjà été interpellés dans le département, alors que près d’une cinquantaine avaient fait l’objet d’interpellations, sur l’ensemble de l’année 2024. Ces chiffres illustrent, selon la préfecture, « la persistance et l’intensité des réseaux de trafic » dans la région.
Au niveau national, l’an dernier, « plus de 4 000 passeurs ont été interpellés » en France, avait déclaré en février Xavier Delrieu, le patron de l’Oltim. L’office, qui compte 157 enquêteurs spécialisés épaulés par 450 policiers sur tout le territoire, a démantelé en 2024 « 269 filières » criminelles, « découpées en 66 filières d’entrée sur le territoire national, 132 filières d’aide au maintien sur le territoire, le reste se répartissant entre les filières d’aide au transit et celles de traite des êtres humains ».
« Ce que je veux dire, c’est que les clandestins ne sont pas les bienvenus en France »
Depuis son arrivée au gouvernement en septembre 2024, Bruno Retailleau a fait de l’immigration illégale et de la lutte contre les passeurs sa priorité. Le ministre de l’Intérieur a multiplié les déclarations sur le sujet : volonté de supprimer l’aide médicale d’Etat, d’augmenter les expulsions, de rétablir le délit de séjour irrégulier…
Bruno Retailleau est passé de la parole aux actes en durcissant fin janvier les critères d’obtention d’un titre de séjour pour les travailleurs sans-papiers – via ce qu’on appelle la circulaire Retailleau. En mai, il a également restreint l’accès à la nationalité française pour les étrangers.
Mi-juin, pendant 48 heures, le ministre a lancé une grande opération de contrôles dans les transports. Ainsi, les 18 et 19 juin, plus de 4 000 gendarmes, policiers, douaniers et forces Sentinelle ont été déployés sur le territoire national pour « interpeller les clandestins ». « Ce que je veux dire, c’est que les clandestins ne sont pas les bienvenus en France de la façon la plus ferme et définitive », avait alors déclaré Bruno Retailleau lors d’une interview à CNews.
Au total en deux jours, 844 gares et 1 273 trains ont été contrôlés par les forces de l’ordre, avait précisé le cabinet du ministère de l’Intérieur à InfoMigrants. Durant cette période, 691 personnes ont été interpellées. Parmi elles, plus de 500 ont été relâchées.
Sources: infomigrants




