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Sept exilés recherchés après une évasion au centre de rétention de Paris-Vincennes

Dix migrants se sont échappés du centre de rétention de Vincennes durant la nuit du dimanche au lundi. Trois ont été immédiatement interpellés mais sept sont toujours recherchés par les autorités.

C’est par une trappe de désenfumage vers 1h du matin, lundi 27 avril, que les dix exilés sont parvenus à fuir le centre de rétention administrative (CRA) de Vincennes, dans le sud-est de la capitale. Leur fuite a été constatée très rapidement par des caméras, a précisé une source policière à l’AFP.

Suite au visionnage des images de surveillance, trois migrants ont été rattrapés à proximité du centre, précise cette même source.

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« Une enquête de flagrance a été ouverte dans la nuit du dimanche 26 au lundi 27 avril 2026 à la suite de l’évasion de dix personnes retenues au sein du centre de rétention administrative de Paris-Vincennes », a précisé le parquet de Paris et des recherches sont activement menées pour retrouver les sept personnes ayant réussi à s’enfuir.

Multiples évasions

Ce n’est pas la première fois qu’une telle évasion a lieu au CRA de Vincennes. Le 25 décembre 2023, onze personnes s’étaient échappées de ce même centre de rétention. Les retenus avaient « forcé une fenêtre » puis « découpé » un trou dans un premier grillage entourant les lieux, d’après la préfecture de police. Puis, ils avaient sauté d’une hauteur de plusieurs mètres avant d' »escalader le dernier mur d’enceinte » en disposant « des couvertures sur les barbelés ».

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Et d’autres évasions ont également eu lieu en France. Dix hommes s’étaient évadés, dans la nuit du 8 au 9 avril 2024, du CRA de Oissel, en Seine-Maritime. « Ils ont tendu des draps entre les grilles des fenêtres, dans l’un des angles de la cour de promenade, de manière à pouvoir escalader les murs », racontait France Bleu Normandie à l’époque. « Ils ont ensuite crevé le filet de protection et ont pris la fuite », ajoutait le média. Trois fugitifs avaient rapidement été interpellés après leur évasion.

Le centre de rétention administrative (CRA) de Rennes, dans l'ouest de la France, où 52 hommes étrangers sont enfermés, le 15 janvier 2026. Crédit : InfoMigrants
Le centre de rétention administrative (CRA) de Rennes, dans l’ouest de la France, où 52 hommes étrangers sont enfermés, le 15 janvier 2026. Crédit : InfoMigrants

Ces CRA sont des centres de rétention où les étrangers sont privés de leur liberté, en vue de leur expulsion s’il existe un risque qu’ils s’y soustraient. La durée maximale est de 90 jours, 180 jours pour ceux condamnés pour terrorisme. Plus de 40 000 personnes ont été retenues dans des CRA en 2024, selon les associations qui y interviennent.

« Un univers très carcéral »

Et dans ces lieux, les conditions de rétention sont régulièrement pointées du doigt. Certains retenus aptes à la rétention au moment de leur arrivée dans le centre voient ainsi leur santé se dégrader au fil des jours. Le CRA de Oissel par exemple, construit en 2004, est tristement connu pour son manque d’entretien. « L’endroit est vétuste et les retenus sont cinq par chambre. Le centre n’est pas une prison mais il en a toutes les composantes, les exilés évoluent dans un univers très carcéral, décrivait Guillaume Landry, directeur de l’appui juridique chez France terre d’asile, en décembre 2024. « Ce n’est pas anodin d’être enfermé dans un endroit clos pendant des semaines, voire des mois, où il n’y a rien à faire ».

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Pour Mathilde Buffière, du Groupe SOS Solidarités-Assfam présent dans le CRA de Vincennes, la rétention peut ainsi « accentuer des troubles existants », mais aussi « en déclencher de nouveaux » chez des personnes pourtant en bonne santé avant leur enfermement.

« L’état de santé des retenus se dégrade au fur et à mesure. On voit bien qu’entre le premier jour d’enfermement et ceux d’après, les personnes changent. Des exilés, qui étaient à leur arrivée alertes et concernés par leur situation, deviennent parfois complètement passifs, apathiques. D’autres, qui étaient dans les premiers jours calmes et posés, peuvent ensuite montrer des signes d’impatience et d’agressivité, détaillait-elle à InfoMigrants fin 2024.

Et parfois, des drames s’y produisent. En quelques semaines en octobre 2024, quatre personnes sont décédées pendant leur enfermement, déplorait un communiqué de quatre associations présentes dans ces structures de rétention. « Notre inquiétude aujourd’hui se veut d’autant plus grande que les actes d’automutilation, gestes désespérés et les tentatives de suicide se multiplient ces dernières semaines », prévenaient les associations. En 2023 aussi, quatre personnes ont perdu la vie dans les CRA français.

Sources: Infomigrants

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