L’Autriche restaure le regroupement familial mais met en place des quotas

Après un an de suspension, l’Autriche a réintroduit le regroupement familial mais a instauré des quotas dans le but de limiter, à partir du mois de juillet, le nombre des arrivées secondaires, en fonction des capacités d’accueil du pays.
L’Autriche a instauré, mercredi 20 mai, des quotas pour le regroupement familial après l’avoir suspendu durant un an, dans le cadre d’un durcissement de sa politique migratoire.
Le parlement autrichien a adopté un paquet législatif qui entérine la limitation à partir du mois de juillet du nombre des arrivées secondaires, en fonction des capacités d’accueil du pays, a constaté une journaliste de l’AFP.
En avril 2025, le Parlement autrichien avait autorisé la suspension du regroupement familial pour les réfugiés statutaires et les bénéficiaires d’une protection subsidiaire dans le pays. La mesure était entrée en vigueur en juillet. Six mois plus tard, en décembre, le Parlement a voté la prolongation pour six mois supplémentaires de cette mesure.
« Système éducatif surchargé »
Le Parlement avait justifié cette prolongation en arguant « que le système éducatif autrichien et d’autres services », comme les centres d’hébergement « sont surchargés ». Le regroupement familial mettrait ainsi « en péril l’ordre public et la sécurité intérieure ».
Le gouvernement a annoncé dès le mois de mars 2026 la mise en place de quotas et avait déclaré qu’ils pourraient être « très bas » dès le départ.
Le regroupement familial est une politique encadrée et garantie par le droit européen sur l’asile et l’immigration. Et une suspension de ce droit ne peut devenir définitive sans une validation de l’Union européenne. Le chancelier autrichien avait donc adressé une lettre à la Commission européenne sur le sujet en mars 2025, en invoquant la « clause d’urgence » de l’UE, selon laquelle le droit national peut exceptionnellement primer sur le droit européen en cas de menace pour l’ordre public et la sécurité intérieure.
Expulsions de Syriens et d’Afghans
En 2023 et 2024, selon le gouvernement, plus de 17 000 personnes sont venues en Autriche, un pays de 9,2 millions d’habitants, via le regroupement familial, la majorité étant des enfants, la plupart venus de Syrie.
« Cet afflux énorme impose un fardeau à l’éducation, la santé, les affaires sociales, l’intégration et augmente la délinquance juvénile », avait déclaré le ministère de l’Intérieur.
Après la chute du président Bachar al-Assad en décembre 2024, le débat sur l’accueil des Syriens a ressurgi en Autriche, comme partout en Europe. Vienne a même offert la somme de mille euros aux Syriens acceptant de repartir dans leur pays, après une annonce de l’ex-chancelier Karl Nehammer.
Le pays a également été le premier à reprendre les expulsions de réfugiés vers la Syrie. Un Syrien de 32 ans, arrivé en Autriche en 2013 et condamné à sept ans de prison en 2018, a été expulsé vers son pays d’origine en juillet 2025. Trois mois plus tard, Vienne a expulsé pour la première fois un Afghan condamné dans le pays et souhaite désormais généraliser ces retours, pourtant dénoncés par les organisations de défense des droits humains.
Mercredi, l’Autriche, où les demandes d’asile ont considérablement baissé en 2025, a également transcrit en droit national le pacte européen sur l’asile.
Le gouvernement de coalition entre les conservateurs, les sociaux-démocrates et les libéraux fait partie de ceux qui poussent au durcissement de la politique migratoire dans l’UE, notamment sur la création de « hubs de retour » pour les déboutés de l’asile.
Sources: Infomigrants




