France : huit migrants, dont deux bébés, blessés après une course poursuite entre une voiture de passeurs et la police

Huit personnes migrantes qui souhaitaient rejoindre l’Angleterre via la Manche ont été blessées dans un accident, dans la nuit de jeudi à vendredi à Abbeville, dans la Somme. La voiture, conduite par les passeurs, est rentrée dans une habitation en tentant d’échapper à un contrôle de police.
Une voiture avec à son bord huit personnes migrantes et deux passeurs est rentrée dans une maison à Abbeville dans la Somme, dans la nuit de jeudi 21 à vendredi 22 mai, à la suite d’une course poursuite avec des policiers, selon des informations du Courrier Picard et d’Ici Picardie. L’accident a fait huit blessés légers : trois femmes, trois hommes et deux nouveaux nés.
« Le véhicule circulait à très vive allure et a terminé sa course en heurtant de plein fouet des voitures en stationnement et une maison dans laquelle les habitants étaient présents », a écrit le maire divers-gauche d’Abbeville, Angelo Tonolli, dans un communiqué. La voiture tentait d’échapper à un contrôle de police, a-t-il précisé.
Selon les médias locaux, la police était présente jeudi en gare d’Abbeville pour empêcher des centaines d’exilés venus de Calais de descendre du train et de rejoindre leurs passeurs. De nombreux départs vers l’Angleterre en mer s’effectuent depuis la Somme aujourd’hui – malgré la centaine de kilomètres qui séparent la région des côtes anglaises.
Les huit passagers de la voiture accidentée avaient alors réussi à détourner le dispositif.
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La voiture des passeurs, immatriculée en Allemagne, a été repérée dans la soirée avant d’être poursuivie par les forces de l’ordre. L’accident a eu lieu alors que le conducteur tentait de contourner les barrages des policiers. Les huit blessés ont été conduits à l’hôpital et les deux passeurs ont quant à eux été interpellés.
Lutte renforcée contre contre les passeurs
« Lorsque la météo est favorable pour des traversées de la Manche, des personnes migrantes transitent par Abbeville, notamment via la gare, dans l’espoir de rejoindre l’Angleterre [via la mer] », a détaillé Angelo Tonolli dans le communiqué.
Ce dernier a pointé du doigt la responsabilité des réseaux de passeurs, coupables de « traite d’êtres humains ». « Ce sont eux qui organisent ces trajets dangereux, mettent des vies en péril et exposent les habitants de nos communes à des situations inacceptables », a -t-il écrit.
Il a également déclaré auprès d’Ici Picardie vouloir installer une caméra mobile près de la gare, afin de « surveiller et mieux anticiper les arrivées éventuelles de passeurs ». Le maire d’Abbeville souhaite aussi construire des barrières et barbelés de 2m50 de haut à l’arrière de la gare. Selon lui, les espaces boisés situés dans cette zone sont utilisés comme zones d’attente par les exilés pour rejoindre leurs passeurs.
Zone de transit vers la Manche
« On est mobilisé pour empêcher […] qu’Abbeville devienne une zone d’installation […] de camps de migrants », a-t-il ajouté, précisant que « tout l’enjeu est de dissuader [les passeurs] de faire d’Abbeville un point de rendez-vous pour des départs vers l’Angleterre ».

Située à une centaine de kilomètres au sud de Calais, dans les terres, Abbeville est propice à devenir une zone de départs vers le Royaume-Uni via la Manche – en partant des plages de Cayeux-sur-Mer ou du Crotoy. La pression exercée par les forces de l’ordre autour de Calais et Dunkerque pousse en effet les migrants à chercher d’autres voies de passage, notamment dans la Somme.
Fin avril 2026, entre 130 et 170 exilés – majoritairement originaires d’Iran, Afghanistan et d’Érythrée – étaient arrivés en gare d’Abbeville par des trains venant de Paris et Calais. Ils avaient passé la nuit à l’arrière de la gare avant de rejoindre leurs passeurs. Certains d’entre eux ont ensuite été retrouvés dans la ville côtière d’Ault, lors d’une tentative de traversée de la Manche.
Sources: Infomigrants




