Des barrages de fortune construits en pleine nuit par des migrants sur la route menant au port de Calais
Dans la nuit du 3 au 4 janvier, puis dans celle du 5 au 6 janvier, des migrants ont construit des barrages à l’aide de troncs d’arbres et de containers sur la rocade de Calais menant au port. Le but : faire ralentir les camions et s’introduire à l’intérieur. Des tentatives dangereuses – et désespérées – pour tenter coûte que coûte de rallier l’Angleterre.
À deux reprises cette semaine, dans la nuit du lundi 3 au mardi 4 janvier, puis deux jours plus tard, entre le 5 et le 6 janvier, des dizaines de migrants ont mis en place des barrages de fortune sur la rocade, à la sortie de l’autoroute A16, menant au port de Calais.
À l’aide de troncs d’arbres, de branchages, de planches ou de containers de poubelle, les exilés ont érigé des barricades au milieu de la route dans le but de ralentir les camions et de se hisser à l’intérieur. Les faits se sont déroulés tard dans la nuit. L’information a été relayée par la police nationale du Pas-de-Calais via son compte Twitter.
« Le calme est revenu rapidement grâce à l’intervention des forces de l’ordre et des agents de la direction interdépartementale des routes (DIR). La circulation n’a pas été perturbée », a expliqué la préfecture à la Voix du Nord.
Au mois de novembre déjà, un barrage similaire avait été construit sur ce même axe routier reliant l’A16 au port de Calais. Ce genre de barrages de branchages étaient fréquents à l’époque de la « jungle », en 2015-2016.
Depuis des années, les exilés tentent au port de la ville, d’où partent les camions, d’embarquer sur des ferries pour l’Angleterre. Mais l’accès y est devenu quasi-impossible : un équipement ultra-moderne (plus de 200 caméras de surveillances, barbelés, murs, détecteurs de mouvements…) a été installé aux abords du tunnel sous la Manche et autour du port.
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Beaucoup se tournent alors vers des méthodes désespérées et prennent des risques inconsidérés. Le 20 décembre, un Soudanais de 16 ans est décédé des suites d’un accident avec un poids lourd, près de Calais. Caché entre la cabine et la remorque il est tombé quand le conducteur a redémarré et a été écrasé, avait alors expliqué le procureur de la République de Boulogne-sur-Mer.
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Ce drame fait écho au décès d’un autre jeune Soudanais à Marck, près de Calais, fin septembre, dans des circonstances proches. En raison de l’obscurité, un migrant a été écrasé par un poids lourd, « le conducteur n’a a priori pas pu se rendre compte qu’il roulait sur quelqu’un », avait déclaré une source judiciaire à l’AFP.
En novembre 2020, cette fois-ci, un jeune migrant n’a pas survécu à ses blessures après avoir été percuté par une voiture sur l’autoroute A16.
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Source: https://www.infomigrants.net