Nouvel appel de Human Rights Watch pour libérer les migrants détenus en Ukraine
L’ONG de défense des droits humains Human Rights Watch a lancé un nouvel appel pour libérer les migrants enfermés dans des centres de rétention en Ukraine. Plusieurs de ces structures se trouvent non loin des zones de conflit. Les exilés contactés par l’ONG disent entendre les bombardements et tirs d’artillerie.
Presque deux mois après le premier appel de Human Rights Watch (HRW), l’ONG de défense des droits humains tire à nouveau la sonnette d’alarme pour faire libérer les migrants détenus en centres de rétention en Ukraine.
« Des migrants et des demandeurs d’asile sont enfermés depuis près de deux mois en bordure d’une zone de guerre », a déclaré Nadia Hardman, chercheuse auprès de la division Droits des réfugiés et migrants à Human Rights Watch. « Ces migrants détenus sont terrifiés et en danger, et il n’y a aucune justification pour les maintenir en détention ».
Même constat pour le centre de Zhuravychi, dans la région de Volyn, au nord-ouest de l’Ukraine. Actuellement 45 personnes y seraient retenues sans possibilité de fuir vers les pays voisins. Les habitants des alentours ont pourtant déclaré avoir entendu des explosions et des tirs d’artillerie.
« Leur maintien en détention est arbitraire »
Toutes les personnes détenues aujourd’hui avaient tenté de franchir illégalement la frontière avec la Pologne dans les mois précédant la guerre. D’autres ont été arrêtés pour « irrégularité en matière de visa ». « Mais quels que soient ces motifs initiaux, leur maintien en détention est arbitraire et les expose au risque d’être blessés par les hostilités militaires », a écrit Human Rights Watch dans son communiqué.
Au mois de mars, l’ONG Global Detention Project avait indiqué que le centre de rétention temporaire de Tchernihiv, avait, lui, autorisé le départ de migrants et de demandeurs d’asile qui s’y trouvaient. Début mai, Borys Kryvov, directeur adjoint du centre de Tchernihiv, a affirmé que l’installation avait été touchée par des munitions qui, selon lui, avaient été tirées par un drone le 30 mars. Heureusement, les bâtiments étaient vides, mais la déflagration a brisé les fenêtres du réfectoire, du dortoir et endommagé le toit.
Deux mois et demi après le début de la guerre en Ukraine, les forces russes poursuivent une offensive meurtrière dans l’est et le sud du pays. Il n’existe aucun bilan global et officiel des victimes civiles du conflit. Rien qu’à Marioupol, les autorités ukrainiennes ont parlé il y a plusieurs semaines de 20 000 morts.
Selon le Haut-commissariat aux réfugiés de l’ONU (HCR), plus de 5,4 millions d’Ukrainiens ont fui leur pays. Parmi eux, 90 % de femmes et d’enfants. Les hommes de 18 à 60 ans, susceptibles d’être mobilisés, n’ont eux pas le droit de partir pour répondre à l’effort de guerre.