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France : un vaste trafic de faux documents d’identité démantelé dans 20 départements

Un Français et deux Algériens ont été mis en examen et écroués après la découverte d’un réseau de trafic de faux papiers qui s’étendait dans toute la France. En échange de 1 700 à 8 000 euros par personne, ils fournissaient à leurs « clients » des faux documents d’identité et leur prodiguaient des « conseils utiles ».

Le réseau s’étendait dans 20 départements français. Lundi 29 janvier, trois hommes, un Français et deux Algériens, soupçonnés d’appartenir à un réseau de fabrication de faux documents d’identité, ont été mis en examen et écroués.

Interpellés il y a une semaine à Marseille, Grenoble et Rosny-sous-Bois en possession de plusieurs identités françaises, ils sont poursuivis pour aide au séjour en bande organisée, fourniture et obtention indue de faux documents, a annoncé l’Office de lutte contre le trafic illicite de migrants (Oltim). L’enquête a débuté il y a neuf mois, par un signalement à Anglet, dans les Pyrénées-Atlantiques.

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Le réseau permettait, grâce à l’élaboration de faux actes de naissance issus d’une vingtaine de communes différentes, l’obtention de vrais documents français. Contre 1 700 à 8 000 euros par personne, les membres fournissaient les faux documents, prenaient les rendez-vous dans les états civils de petites communes et donnaient au candidat les conseils utiles. Certains des « clients » avaient fait jusqu’à huit demandes d’identités différentes.

Plus de 75 cas de fraude ont été détectés dans toute la France par les enquêteurs de l’Oltim, qui évaluent les gains des faussaires entre 200 000 et 480 000 euros.

Des investigations sont toujours en cours sur des comptes en crypto-monnaie détenus par les organisateurs du trafic à l’étranger.

Deux agents de préfecture mis en examen

Au mois de juin, un réseau similaire a été démantelé en France. Huit personnes, parmi lesquelles deux agents de préfecture, avaient été mises en examen et présentées à un juge d’instruction du tribunal de Paris. Les « deux personnels travaillant en préfecture se voient reprocher d’avoir permis des prises de rendez-vous accélérées », a souligné le parquet.

Le réseau proposait, pour en moyenne 15 000 euros en espèces, toute une série de faux documents – passeports, cartes d’identité, permis de conduire, fiches de paie, avis d’impositions, contrats de travail et autres – à des personnes sans papiers. Une quarantaine de clients auraient été identifiés. « Nombre de ces documents étaient falsifiés par des complices dans une officine basée en Turquie » puis envoyés en région parisienne par « colis postaux ».

Tous seront jugés pour « aide à l’entrée ou au séjour irrégulier en bande organisée, association de malfaiteurs en vue de la commission d’un délit, faux, usage de faux en écriture, corruption active ou passive par une personne chargée de mission de service public ».

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Payer pour obtenir de faux papiers est parfois l’ultime recours pour les exilés en attente de documents d’identité. Pendant un an, Samir* a travaillé avec de faux papiers pour un groupe de livraison. « J’ai été embauché avec une fausse carte d’identité italienne […] Dans mon entrepôt, il y avait énormément de personnes sans-papiers, comme moi. Certains travaillaient avec des faux papiers, d’autres avec des alias [les papiers d’une autre personne, ndlr] », avait-il confié à InfoMigrants en mars 2022.

Si détenir de faux documents d’identité permet dans un premier temps aux exilés de travailler et de subvenir à leurs besoins, cette situation les rend très vite vulnérables à l’exploitation. « Au fur et à mesure, le travail est devenu de plus en plus dur. Les managers nous exploitaient, c’était de l’esclavage », avait raconté Samir. « Si on se plaint, on nous vire. Si on refuse de faire des heures supplémentaires, on met un terme à notre contrat. Il arrive aussi qu’on ne nous paye pas nos heures travaillées […] On n’a pas de papiers en règle, mais on a besoin de gagner de l’argent pour régler nos charges ».

Sources : https://www.infomigrants.net/

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