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Pas-de-Calais : interpellation de plusieurs individus soupçonnés d’être liés à un réseau de trafic de migrants

Sept personnes, soupçonnées d’être impliquées dans un réseau de trafic de migrants, ont été interpellées vendredi près de Saint-Omer, dans le Pas-de-Calais. Régulièrement, des réseaux de passeurs sont démantelés dans cette région, lieu de départ de nombreux migrants tentant de rejoindre le Royaume-Uni en traversant la Manche.

Sept personnes soupçonnées d’être liées à un trafic de migrants ont été interpellées en fin de soirée vendredi 12 juillet près de Saint-Omer, dans le Pas-de-Calais, a appris l’AFP de source policière.

C’est lors d’un flagrant délit que les suspects ont été arrêtés : deux d’entre eux étaient en train de voler du carburant dans des véhicules.

Au cours de l’interpellation, les forces de l’ordre ont trouvé plusieurs clés de voitures sur les individus. Un jerrican d’essence, plus de 2 500 euros ainsi que du matériel nautique, dont quatre embarcations et 160 gilets de sauvetage, ont également été saisis a renseigné la même source. L’Office de lutte contre le trafic illicite de migrants (Oltim) du Pas-de-Calais a été saisi.

Les suspects sont quatre Roumains, un ressortissant somalien, un Iranien et un Irakien.

Hausse des traversées et de l’insécurité

Depuis le début de l’année, plus de 21 000 migrants ont traversé la Manche – un niveau record – à bord de « small boats », selon les autorités britanniques.

Les traversées sont particulièrement risquées bien que la distance séparant les côtes britanniques de celles françaises soit courte (environ 35 km). Elles ont représenté 84% des arrivées illégales au Royaume-Uni en 2024 et la plupart des personnes, majoritairement des Afghans, des Syriens, des Iraniens et des Vietnamiens, arrivant par ce biais y demandent l’asile.

Regroupés dans le nord de la France, dans des campements de fortune qui sont fréquemment démantelés, les migrants survivent dans une très grande précarité. Ces conditions de vie extrêmes exacerbent les tensions et favorisent un climat de violence persistant.

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Au moins quatre fusillades ont éclaté en moins d’un mois lors de regroupements de migrants à Loon-Plage, dans le nord de la France. Les équipes d’InfoMigrants ont été témoins de la dernière en date, mercredi 9 juillet. Les autorités incriminent des mafias qui ne se cachent plus pour gérer leurs affaires.

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Cette violence entre réseaux de passeurs est devenue habituelle pour les exilés, et s’est accentuée depuis 2018 et le début du phénomène des « smalls-boats ». Les trafiquants se disputent les 200 km de plages de la Belgique à la Baie de Somme.

« On intervient dans un milieu où les gens ont très peu, et où ils se battent pour survire. Ça n’excuse rien mais ça explique en partie la violence, en particulier quand vous avez beaucoup d’ethnies différentes [au même endroit, ndlr] et beaucoup de gens désespérés  » affirme à InfoMigrants Sarah Berry de l’ONG britannique Roots.

Répression des passeurs

Ces dernières années, les démantèlements de réseaux de passeurs par les forces de l’ordre ont été nombreux sans que cela ne permettent d’enrayer pour autant les départs de migrants vers le Royaume-Uni.

La répression judicaire contre les passeurs est utilisée comme une stratégie répressive des autorités françaises, mais aussi britanniques, pour décourager les traversées clandestines de la Manche.

Plusieurs condamnations judicaires ont été prononcées, notamment durant le mois de juin.

Pour enrayer ces départs, le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre travailliste Keir Starmer se sont mis d’accord sur un « projet pilote » d’échange de migrants, lors du sommet franco-britannique du 10 juillet. Cet accord prévoit le renvoi en France d’un migrant arrivant au Royaume-Uni par « small boat », en échange de quoi Londres s’engage à accepter un migrant se trouvant en France et exprimant sa volonté de demander l’asile.

Cet accord doit « contribuer à saper le modèle économique des bandes organisées qui profitent de la misère des populations en montrant à d’autres que ces traversées pourraient entraîner leur renvoi en France, et ainsi sauver des vies », estime le communiqué du gouvernement britannique.

Sources: infomigrants

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