Mayotte : deux morts après une collision entre une embarcation de migrants et une vedette de la police

Un « kwassa-kwassa » transportant des migrants est entré en collision avec un bateau de la police nationale mardi, au large de Mayotte. Selon les autorités, le canot a refusé d’obtempérer. Le choc a provoqué le chavirement de l’embarcation. Deux personnes sont décédées et dix-sept autres ont été secourues.
Deux personnes sont mortes mardi 15 juillet au large de Mayotte après la collision entre un « kwassa-kwassa » – du nom des pirogues comoriennes – et une vedette de la police nationale, a annoncé la préfecture dans un communiqué.
« Ce mardi 15 juillet, aux alentours de 4h30 (3h30 à Paris), un kwassa-kwassa transportant des migrants a effectué un refus d’obtempérer et est entré en collision avec un intercepteur de la police nationale au large de la côte ouest de Mayotte », indique le communiqué.
Le choc a provoqué le chavirement de l’embarcation, précipitant ses occupants à la mer. Dix-sept personnes ont pu être secourues mais « deux décès sont à déplorer », selon la même source.
« Ce drame rappelle les risques de l’immigration clandestine, alimentée par des passeurs qui mettent en danger la vie d’hommes, de femmes et d’enfants », dénonce le préfet de Mayotte qui précise « condamner avec la plus grande fermeté ces agissements ». Une enquête a été ouverte par le procureur de la République.
Selon Mayotte Première, « il y aurait eu deux kwassas naufragés [impliqués] transportant une trentaine de personnes au total ».
Seuls 70 km séparent Mayotte de l’île comorienne d’Anjouan, d’où partent sur de rudimentaires barques en bois de nombreux candidats à l’émigration vers la France. Le bras de mer qui sépare les deux îles est une route migratoire particulièrement meurtrière. « Ce secteur est particulièrement dangereux même quand la mer est calme », rappelle le communiqué de presse.
Entre 7 000 et 12 000 morts en 17 ans
Un rapport sénatorial publié en 2012, un an après l’incorporation de Mayotte parmi les départements français, estimait entre 7 000 et 12 000 le nombre de morts ou disparus lors de traversées depuis 1995.
En novembre 2024, au moins 25 personnes avaient péri dans le naufrage de leur embarcation au large des Comores, un drame attribué par des survivants et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) à des passeurs ayant volontairement coulé le bateau. Deux mois avant, en septembre, un bateau transportant douze personnes n’avait jamais atteint Mayotte après avoir pris la mer depuis Anjouan, aux Comores. Un mois, plus tôt, en août, huit personnes étaient mortes dans des circonstances similaires.
L’île fait face à l’arrivée et à la gestion de nombreuses personnes en situation irrégulière. Environ 320 000 personnes s’entassent sur ce territoire d’un peu plus de 300 km2, dont près de la moitié sont des étrangers. Selon une enquête menée en 2016, environ « la moitié des étrangers » étaient alors en situation irrégulière.
Dans ce contexte, Mayotte est soumis à un régime d’exception en matière du droit des étrangers : asile accéléré (dépôt des dossiers et traitement des demandes), titre de séjour particulier pour les étrangers qui ne leur permet pas de sortir du département, des aides sociales pour les demandeurs d’asile plus limitées qu’en métropole, absence de l’Aide médicale d’État.
Au mois de juillet, sept mois après le passage du cyclone Chido, le Parlement a adopté le projet de loi pour « refonder » Mayotte. Les défis sont immenses pour reconstruire ce territoire détruit par Chido. Le texte prévoit notamment de durcir les conditions d’obtention d’un titre de séjour et de faciliter la destruction des bidonvilles.
Sources: infomigrants




