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Route des Canaries : deux hommes retrouvés morts dans un canot secouru dans l’Atlantique

Un canot pneumatique transportant une centaine de passagers a été secouru mercredi par les autorités espagnoles dans le sud-est d’El Hierro, une île des Canaries, après avoir dérivé pendant une semaine dans l’Atlantique. Au total, 106 survivants, dont des femmes et des mineurs, ont été acheminés au port d’Arguineguín. Deux exilés sont également décédés.

Deux hommes sont décédés à bord d’un canot pneumatique qui dérivait depuis une semaine dans l’Atlantique, au large de Dakhla (Sahara). L’embarcation, qui transportait 106 autres personnes désireuses de rejoindre les îles Canaries, a été secourue mercredi 14 janvier, ont indiqué les services d’urgence du port d’Arguineguín (Grande Canarie) à l’agence de presse espagnole EFE.

Le bateau de fortune avait été localisé par un cargo, le Sara M, dans l’après-midi du mercredi, à environ 275 km au sud-est d’El Hierro. L’équipage avait alors alerté les autorités espagnoles, puis distribué de l’eau ainsi que des médicaments, avec l’aide du cargo Eurostar, en attendant l’arrivée du Guardamar Urania, le bateau de sauvetage des autorités.

Le canot transportait 74 hommes mais également 20 femmes ainsi que quatre mineurs, ont indiqué les services de sauvetage en mer.

Les passagers se sont retrouvés confrontés à de très mauvaises conditions maritimes, avec des vagues de deux à trois mètres ainsi que des vents pouvant atteindre les 65 km/h. Ces avaries ont provoqué la dérive du bateau, cela durant une semaine.

Après 18 heures de navigation, les survivants ainsi que les corps des deux hommes décédés – dont l’un est mort pendant le sauvetage – ont été rapatriés par le Guardamar Urania au port d’Arguineguín. Une personne a également été évacuée vers un hôpital pour y suivre des soins.

La nationalité des passagers reste pour l’heure inconnue tout comme le lieu de départ de l’embarcation.

De nouveaux itinéraires, plus dangereux

Les drames recensés sur la route des Canaries au départ des pays d’Afrique de l’Ouest continuent d’être très fréquents. Depuis plus d’un mois, une pirogue partie de Gambie et transportant entre 200 et 300 migrants a disparu dans l’Atlantique alors qu’elle tentait de gagner l’archipel des Canaries. Le 1er janvier, le naufrage d’un bateau avec plus de 200 migrants à son bord, au large de la Gambie, a fait au moins 39 morts alors que 112 personnes ont pu être secourues.

Pour échapper au renforcement des contrôles policiers et au durcissement des politiques migratoires en Mauritanie, au Sénégal et au Maroc, autrefois épicentres des embarcations de migrants originaires d’Afrique de l’Ouest, de nouvelles routes migratoires à destination des Canaries émergent ces derniers mois.

Désormais, la Gambie est de plus en plus empruntée par les migrants souhaitant rejoindre l’archipel des Canaries. Les départs de pirogues se font également de plus en plus depuis la Guinée et la Guinée-Bissau. Du fait de leur éloignement des Canaries, ces itinéraires sont plus souvent meurtriers puisqu’en allongeant la traversée, ils augmentent également les risques de naufrage et de dérive des embarcations.

En 2025, plus de 17 500 exilés sont arrivés aux Canaries par la route Atlantique contre environ 47 000 personnes durant l’année 2024. Soit une chute de 62% due aux partenariats conclus entre l’Europe et plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest afin d’endiguer les flux migratoires et l’intensification de la répression – par des interpellations et expulsions – contre les migrants dans ces pays.

La forte baisse des arrivées dans l’archipel s’est également traduite par ricochet sur le nombre de décès et disparitions recensés sur la route de l’Atlantique. Selon l’ONG Caminando Fronteras, 1 906 exilés sont morts ou ont disparus sur cette route durant l’année 2025, contre 9 757 pour l’année précédente.

La route des Baléares en pleine expansion

Cette reconfiguration a favorisé en parallèle l’émergence d’une autre route migratoire vers l’Espagne, via les Baléares. Celle-ci, de plus en plus utilisée, connait une recrudescence des arrivées depuis janvier 2025. Au point que cet itinéraire au départ de l’Algérie est désormais devenu « la principale route de transit vers l’Espagne », selon cette même ONG.

En 2025, plus 7 200 migrants ont rejoint cet archipel situé au large de la côte est de l’Espagne, contre 5 900 en 2024. Soit une augmentation de 27%, d’après les autorités espagnoles.

Les routes maritimes à destination des îles Baléares débutent plus à l'est de l'Algérie. Crédit : Caminando Fronteras
Les routes maritimes à destination des îles Baléares débutent plus à l’est de l’Algérie. Crédit : Caminando Fronteras

Cette route algérienne « est principalement empruntée par des ressortissants algériens, bien que des migrants syriens et palestiniens soient également fréquemment présents en plus petit nombre. En 2025, des migrants somaliens ont rejoint les ressortissants des pays d’Afrique de l’Ouest qui avaient commencé à emprunter cette route plusieurs années auparavant », précise Caminando Fronteras.

Avec l’augmentation des arrivées de migrants, c’est aussi une hausse des décès qui est enregistrée. Alors que 517 personnes ont perdu la vie lors de cette traversée en 2024, le chiffre grimpe à 1 037 décès pour 2025.

Sources: infomigrants

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