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Méditerranée : deux enfants meurent lors du sauvetage d’une embarcation de migrants en difficulté

Deux enfants sont décédés, et une troisième personne a disparu, mardi, après le sauvetage, par un navire marchand, d’une embarcation en détresse transportant une centaine de migrants, au large de la Tunisie. Selon Sea-Watch, Frontex, informé, aurait délibérément choisi d’ignorer la situation.

Sauvetage dramatique en mer Méditerranée. Deux enfants sont morts et une troisième personne a disparu, mardi 29 juillet, au large de la Tunisie, après le sauvetage laborieux d’une embarcation en difficulté transportant une centaine de migrants dans la Méditerranée centrale.

Dès lundi, l’avion Seabird de l’ONG Sea-Watch, avait identifié l’embarcation métallique à l’arrêt au milieu de la mer Méditerranée : « Lundi, notre avion Seabird a repéré un navire en détresse avec plus de 90 personnes à bord, en mer depuis trois jours. Deux personnes étaient à l’eau. Nous avons immédiatement appelé les secours », raconte l’ONG sur X.

Selon elle, un navire de Frontex s’est rendu sur place six heures après, mais n’est pas intervenu. Plusieurs navires marchands auraient également pu intervenir, mais ne l’ont pas fait, assure l’ONG.

« Lorsque le navire marchand Port Fukuoka [un cargo, ndlr], qui se trouvait à proximité, a tenté de les secourir, l’embarcation a chaviré. Tous les passagers sont tombés à la mer. Lors du sauvetage, deux enfants sont morts et une personne était portée disparue », poursuit Sea-Watch.

Mercredi, le cargo semblait encore effectuer des ronds dans l’eau au large de la Tunisie, selon les données du site de tracking public Vessel finder. « Aujourd’hui, les personnes sont toujours à bord du navire marchand, et les autorités italiennes font tout leur possible pour empêcher leur transfert en Italie », estime l’ONG

Le navire de Sea-Watch bloqué au port

Sea-Watch ajoute que son navire humanitaire Aurora n’a pas pu intervenir, car il est bloqué au port de Lampedusa par les autorités italiennes depuis le 22 juillet. « Notre navire de sauvetage rapide Aurora aurait pu intervenir pour secourir ces personnes. Il n’est qu’à quatre heures et demie de là, mais il est bloqué par les autorités italiennes dans le port de Lampedusa pour des raisons infondées ».

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Une semaine plus tôt, le navire Aurora, qui venait de secourir 70 migrants dans les eaux internationales, s’était vu attribuer comme port sûr Pozzallo, en Sicile. Face aux mauvaises conditions météorologiques, le navire humanitaire s’était dérouté vers Lampedusa, plus proche. Une semaine plus tard, la préfecture d’Agrigente a ordonné l’immobilisation du navire pour ne pas avoir respecté le port attribué. « Cette décision est motivée par des considérations politiques ; ceux qui portent secours sont punis – telle est la réalité en 2025 », a déclaré l’ONG dans un communiqué.

Des ONG toujours plus en difficulté

Depuis janvier 2023 et l’adoption du décret Piantedosi, du nom de l’actuel ministre de l’Intérieur de Giorgia Meloni, les navires italiens ont l’obligation de se rendre « sans délai » au port de débarquement assigné par les autorités italiennes juste après un premier sauvetage. Avant l’adoption de ce texte, les bateaux informaient Rome d’une opération effectuée, puis restaient dans la zone en attendant le port de débarquement pour venir en aide à d’autres embarcations en détresse.

Depuis 2023, les sauvetages sont devenus moins nombreux. SOS Méditerranée a même calculé que les bateaux d’ONG ont perdu 735 jours à rejoindre des ports éloignés des lieux de sauvetage.

Autre conséquence, les navires qui ne respectent pas ces règles sont bloqués à quai pendant 20 jours, à l’image de l’Aurora. « Au total, les autorités italiennes ont immobilisé cinq navires de sauvetage civil au cours des six dernières semaines », assure Sea-Watch.

La Méditerranée centrale est pourtant connue pour être l’une des routes migratoires les plus meurtrières du monde. Plus de 650 migrants y sont déjà morts en 2025, et plus de 25 000 depuis 2014, selon l’OIM. Depuis quelques mois, la route migratoire de la Tunisie vers l’Italie s’est refermée au profit de celle reliant la Libye aux rives italiennes. Les autorités tunisiennes ont comptabilisé 1 996 arrivées cette année, contre 10 247 au premier semestre 2024. Dans le même temps, les gardes-côtes libyens ont intercepté plus de 13 000 migrants, un chiffre en hausse par rapport à l’année dernière.

Sources: infomigrants

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