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Plus de 70 migrants secourus au large des Canaries en une soirée

Deux embarcations ont été secourues au large des Canaries dans la nuit de mardi à mercredi par les équipages de Salvamento Maritimo. 72 personnes, parmi lesquelles des mineurs et des femmes dont l’une handicapée, ont été débarquées aux ports de La Restinga (île d’El Hierro) et d’Arrecife (île de Lanzarote). Malgré une diminution récente des arrivées, la route migratoire des Canaries continue d’être très empruntée par les migrants au départ des côtes africaines.

Deux embarcations ont été interceptées et secourues au large des Canaries dans la nuit de mardi à mercredi 30 juillet au cours de deux opérations distinctes menées par les équipages du Salvamento Maritimo. Au total, 72 personnes tentant de rejoindre l’archipel espagnol ont pu être secourues avant d’être débarquées et prises en charge aux ports d’El Hierro et de Lanzarote.

Un canot pneumatique avec à son bord 38 personnes a été secouru à 40km de l’île de Lanzarote (nord de l’archipel) dans la soirée de mardi par le bateau Salvamar Al Nair. L’opération de sauvetage a eu lieu grâce à la localisation de l’embarcation de fortune par « l’avion Sasemar 103 » et s’est faite en coordination avec le centre de secours de Las Palmas, renseigne Salvamento Maritomo dans un tweet. Le rapport de sauvetage rapporte qu’une forte houle a rendu la traversée particulièrement dangereuse.

A bord du canot se trouvaient sept femmes, majoritairement nord-africaines – une seule subsaharienne- dont l’une est lourdement handicapée. Lors du débarquement au port d’Arrecife, sur l’île de Lanzarote, la femme, sans jambes, est apparue en fauteuil roulant. C’est la première fois qu’un tel degré d’handicap est constaté parmi les migrants risquant leur vie pour rejoindre les Canaries. Un vétéran de l’assistance aux migrants dans les Canaries depuis une vingtaine d’années a confié à l’agence espagnole EFE n’avoir jamais été confronté auparavant à une situation similaire.

Tous les passagers ont été pris en charge pour un examen médical, notamment par la Croix-Rouge espagnole et plusieurs ont ensuite été redirigés vers des hôpitaux.

 © Cartographie Hachette Tourisme
© Cartographie Hachette Tourisme

Un autre sauvetage a également eu lieu dans la soirée du 29 suite à l’émission d’un message du centre de sauvetage maritime de Tenerife et d’une alerte de la Garde Civile concernant une pirogue au large d’El Hierro (sud de l’archipel). Le bateau Salvamar Navia a acheminé une pirogue avec à son bord 34 passagers, dont un mineur, au port de La Restinga. Une des personnes secourues a été transférée à l’hôpital.

Rattachés à la Direction Générale de la Marine Marchande, Salvamento Maritimo opère grâce à une cinquantaine de bateaux ainsi que des hélicoptères, des sauvetages maritimes dans les eaux espagnoles sur les côtes atlantiques et méditerranéennes, ainsi qu’aux Baléares et aux Canaries.

Avec d’importantes arrivées chaque mois de pirogues transportant des migrants, les sauvetages au large des Canaries sont quotidiens.

Une route meurtrière

Des milliers de migrants sont morts ces dernières années en tentant de rejoindre l’Europe depuis l’Afrique via les Canaries, à bord d’embarcations souvent surchargées et en mauvais état.

Il faut compter au moins une semaine, parfois plusieurs, en haute mer, pour rejoindre les rives espagnoles des Canaries, distantes de 1 000 à 2 000 km depuis le Sénégal ou la Mauritanie. Beaucoup de pirogues se perdent dans l’immensité de l’océan. Les vents violents et les forts courants rendent la traversée très risquée, et peuvent faire dériver les canots surchargés et en mauvais état. De nombreux témoignages rapportent des voyages cauchemardesques soumis aux aléas météorologiques, aux avaries de moteur, à la soif et à la faim.

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Route des Canaries : pour éviter les contrôles, de nouveaux itinéraires encore plus dangereux

Ces derniers mois, cette route est devenue encore plus périlleuse avec l’apparition d’un nouvel itinéraire, beaucoup plus long, au départ de la Guinée cela afin d’éviter les contrôles renforcés sur les côtes africaines.

D’après les données de l’Ong Caminando Fronteras, sur les 5 054 personnes décédées entre janvier et mai 2024 sur les voies qui mènent à l’Espagne, 4 808 sont mortes dans l’océan Atlantique. Soit une toutes les 45 minutes, faisant de la route des Canaries la plus meurtrière selon l’ONG.

Pour l’ensemble de l’année 2024, l’ONG a établi un bilan de 10 457 personnes mortes ou disparues en mer en tentant de rejoindre l’Espagne. En comparaison, elle avait dénombré plus de 6 800 décès sur cette même route durant l’année 2023.

Selon son rapport daté de juin 2025, 1 865 personnes ont péri en mer en tentant de rejoindre le sol espagnol entre le 1er janvier et le 31 mai de cette année. Cette fois encore avec la majorité de décès -1 482 – ont été enregistrés dans l’Atlantique.

Le nombre de morts en 2025 est donc en forte diminution par rapport à 2024. Une chute qui s’explique par une autre baisse : celle des arrivées de migrants sur les côtes espagnoles.

Baisse des arrivées en Espagne

Après une année record en 2024, avec un total de 46 843 migrants arrivés aux Canaries, le rythme des arrivées dans l’archipel a fortement diminué ces derniers mois.

Entre le 1er janvier et le 31 mai, 15 000 personnes ont débarqué en Espagne, contre 20 715 à la même période de 2024, soit une baisse de 27%, d’après les chiffres du ministère de l’Intérieur espagnol. La chute des arrivées est encore plus importante aux Canaries cette année, avec près de 11 000 débarquements en 2025, contre 17 000 durant les cinq premiers mois de 2024 (-35%).

La route des Canaries est active depuis 2005. Un an plus plus tard est survenue la « crise des cayucos » : près de 32 000 personnes avaient débarqué dans l’archipel, du jamais vu. Mais le déploiement sécuritaire qui s’opère dans l’océan Atlantique depuis 2007 avait tari petit à petit cette route, au profit de celle de la Méditerranée centrale.

Puis, à partir de 2018, les conditions de vie des Subsahariens en Libye, la militarisation des routes qui mènent au nord de l’Afrique, ou encore la surveillance accrue des garde-côtes marocains en Méditerranée ont poussé de nouveau les migrants sur la route des Canaries. Et depuis la fin de la pandémie de Covid-19, les arrivées sur les îles espagnoles sont quasi quotidiennes.

Sources: infomigrants

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