Grèce : deux femmes meurent dans un nouveau naufrage en mer Égée

Deux femmes ont été retrouvées mortes sur une côte rocheuse de l’île grecque de Chios, où une embarcation de fortune transportant 29 migrants s’est échouée jeudi soir. Ce nouveau naufrage est le second en 10 jours en mer Égée.
Jeudi 16 octobre à 22h30, un bateau transportant 29 migrants a heurté une côte rocheuse de l’île grecque de Chios, en mer Égée, tuant et blessant plusieurs passagers. « Lors d’une opération de secours, deux femmes ont été découvertes sans vie et 10 personnes, dont trois blessées grièvement, ont été transférées à l’hôpital de Chios », a indiqué à l’AFP un responsable du bureau de presse des gardes-côtes.
Les autres exilés ont été envoyés dans le centre d’accueil et d’identification (RIC) de Vial, selon la presse locale.
Proche des côtes occidentales de la Turquie, Chios – comme d’autres îles grecques telles que Lesbos – est l’une des principales portes d’entrée des migrants en quête d’asile dans l’Union européenne (UE). Ces traversées périlleuses sont souvent fatales : le naufrage à Chios est le second en 10 jours en mer Égée.
Le 7 octobre, quatre corps avaient été repêchés par les gardes-côtes au large de Lesbos après le naufrage de leur embarcation gonflable transportant au total 38 migrants. Selon l’agence de presse grecque (Ana, semi-officielle), l’embarcation de migrants a échoué sur un rocher près de la côte avant de commencer à couler. Des vents de 60km/h soufflaient dans la région et « la hauteur de vagues était à un mètre et demi », soulignait l’Ana.
Deux jours plus tôt déjà, le corps d’une femme avait été retrouvé, aussi au large de Lesbos, et 17 personnes avaient été secourues après le naufrage de leur embarcation.
Une nouvelle route, plus au sud
Si la route de la Turquie vers ces îles de la mer Égée est empruntée depuis des années par des milliers de migrants, les flux tendent à se tarir au profit d’un autre itinéraire, plus au sud. Ces derniers mois, les exilés sont de plus en plus nombreux à tenter de rejoindre la Crète, destination touristique très prisée, et Gavdos, petite île située à proximité, en partant de Tobrouk, à l’est de la Libye.
Selon les autorités grecques, près de 14 000 personnes sont arrivées en Crète depuis le début de l’année, contre à peine 5 000 en 2024.

Face à cette forte recrudescence des arrivées, Athènes accueille et forme depuis le mois d’août des gardes-côtes libyens chargés d’intercepter les migrants en mer. Trois navires de guerre devaient également être déployés au large des eaux libyennes pour stopper les embarcations de fortune.
Le gouvernement conservateur, qui ne cesse de durcir sa politique migratoire, a aussi décidé de serrer la vis d’un point de vue législatif : les migrants venant d’Afrique du Nord – de Libye, donc – et qui arrivent en Crète, ne peuvent plus déposer de dossier d’asile en Grèce. Cette suspension temporaire des demandes d’asile est effective depuis le mois de juillet. Cette mesure a été largement dénoncée par de nombreuses organisations internationales, dont le Haut-commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR) et le Conseil de l’Europe.
La Grèce a aussi adopté une nouvelle loi criminalisant le séjour illégal dans le pays. Depuis le mois de septembre, le séjour irrégulier devient un délit. Les étrangers restés sur le territoire grec après le rejet de leur demande d’asile risquent une peine de deux à cinq ans, et d’une amende de 5 000 euros. « Le message est clair […] Si votre asile est rejeté, vous avez deux choix : soit vous rentrez dans votre pays, soit vous irez en prison », avait déclaré le ministre des Migrations, Thanos Plevris, fin août.
Sources: infomigrants




