Grèce : trois migrants meurent dans un naufrage au large de la Crète

Au moins trois personnes sont mortes dans le naufrage de leur embarcation au sud de la Crète, ont annoncé mardi les gardes-côtes grecs. Cinquante-six migrants ont par ailleurs pu être secourus par un navire de l’agence européenne des frontières, Frontex. La « route de Tobrouk » qui relie cette ville de l’est libyen à la Crète s’est considérablement développée ces derniers mois.
Les gardes-côtes grecs ont annoncé mardi 11 novembre avoir « découvert trois corps » de migrants dans une embarcation ayant « apparemment fait naufrage » au sud de la Crète. C’est un navire de l’agence européenne des frontières Frontex qui a repéré le canot et qui a secouru 56 personnes.
Le naufrage s’est produit par des vents violents près de la petite île grecque de Gavdos, au sud de la Crète. Des recherches ont été entreprises pour retrouver d’autres naufragés, a ajouté la porte-parole de la garde côtière.

Pour éviter le renforcement des contrôles et les « pushbacks » en mer Égée, les exilés sont de plus en plus nombreux à tenter d’atteindre la Grèce depuis la Libye. La « route de Tobrouk » – qui relie cette ville de l’est libyen à la petite île de Gavdos et sa voisine la Crète – « a connu une forte augmentation de la pression migratoire, les détections ayant augmenté de plus de 310 % par rapport à l’année précédente », avait indiqué Frontex dans un communiqué daté d’août.
« Route de Tobrouk »
Entre janvier et septembre 2025, plus de 15 000 personnes ont débarqué en Crète, principalement des Soudanais, des Égyptiens, des Afghans, des Syriens ou encore des Bangladais. C’est trois fois plus que les arrivées à Samos (4 300) ou les arrivées dans la région de l’Evros (5 000), sur la même période, selon les chiffres du Haut-commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR).
Les autorités de la petite île grecque s’inquiètent de ces arrivées continues. Les transferts vers le continent se font au compte-goutte. Contrairement aux autres îles de la mer Égée comme Lesbos ou Chios, la Crète ne dispose pas – encore – de centre pour accueillir les nouveaux arrivants. Les capacités d’accueil de l’île se retrouvent souvent saturées, malgré des transferts réguliers des migrants vers le continent.

Face à cette saturation, Kyriakos Mitsotakis avait promis la « création, dans un premier temps, d’un centre fermé permanent en Crète, et possiblement d’un second ». La Grèce avait également annoncé cet été qu’elle allait déployer trois navires de guerre au large des eaux libyennes, pour stopper les embarcations de migrants en route vers la Crète.
Pour faire face à cette nouvelle « route migratoire de Tobrouk », Athènes a aussi durci sa position sur l’immigration en suspendant pour trois mois les demandes d’asile pour les migrants arrivant en Crète. Cette suspension a pris fin mi-octobre. Depuis le 14 octobre, « il y a une reprise des enregistrements » des dossiers d’asile « mais la situation politique ne change pas », expliquait le mois dernier à InfoMigrants Agapi Chouzouraki du Conseil grec pour les réfugiés. « Le but du gouvernement est d’expulser un maximum d’étrangers hors de Grèce ».
À l’époque, la suspension avait été décriée par les ONG et jugée contraire à la Convention de Genève, relative au statut des réfugiés. Ce n’était pourtant pas une première. En mars 2020, le gouvernement Mitsotakis avait déjà suspendu pendant un mois les demandes d’asile à sa frontière terrestre turque, dans l’Evros, quand des milliers de migrants, encouragés par Ankara, tentaient de rejoindre l’Europe.
Sources: infomigrants




