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La Belgique veut encourager le retour des Syriens dans leur pays en augmentant l’aide à la réintégration

La ministre belge de l’Asile et de la Migration, Anneleen Van Bossuyt, a annoncé jeudi que le pays allait augmenter l’aide à la réintégration des Syriens acceptant de retourner chez eux, en leur proposant jusqu’à 5 000 euros. Depuis la chute du régime de Bachar el-Assad fin 2024, les États européens ont multiplié les mesures pour accélérer l’expulsion des Syriens dans leur pays.

À l’instar d’autres pays européens, la Belgique veut accélérer le retour des réfugiés syriens dans leur pays. La ministre belge de l’Asile et de la Migration, Anneleen Van Bossuyt, a annoncé jeudi 22 janvier que le pays allait augmenter l’aide à la réintégration des Syriens acceptant de retourner chez eux.

Ce financement, en partie soutenu par l’Union européenne (UE), correspond à une aide au logement, à la formation, aux soins médicaux et au démarrage d’une activité économique.

« Nous voulons encourager les demandeurs d’asile qui peuvent rentrer chez eux à reconstruire leur vie dans leur pays d’origine le plus rapidement possible », a déclaré Anneleen Van Bossuyt.

Plus les Syriens demandent rapidement à bénéficier de ce soutien, plus le montant sera élevé, indique l’agence de presse Belga. S’ils sont engagés dans une procédure d’asile et choisissent le « retour volontaire », ils pourront compter sur une aide à la réintégration de 5 000 euros. Les personnes qui restent plus longtemps dans la procédure verront cette aide diminuer. Et ceux en situation irrégulière en Belgique qui souhaitent rentrer peuvent obtenir 3 000 euros.

« C’est dans leur intérêt, mais cela représente également une économie importante pour notre pays par rapport à l’accueil de ces demandeurs d’asile dans un centre d’accueil », a expliqué la ministre de l’Asile et de la Migration. « Cette aide est unique et est, dans la mesure du possible, assortie d’une interdiction d’entrée sur le territoire, afin d’éviter les ‘portes tournantes’ qui permettraient à certaines personnes d’abuser du système », a-t-elle ajouté.

Saturation du réseau d’accueil belge

Depuis plusieurs années, le Belgique peine à prendre en charge l’ensemble des exilés arrivant sur son sol. Faute de places suffisantes dans le réseau d’hébergement, nombreux sont les demandeurs d’asile à être contraints de dormir dans les rues belges.

Depuis août 2023, les hommes seuls qui déposent un dossier d’asile en Belgique ne peuvent plus bénéficier d’une place dans le système d’accueil. La ministre de l’Asile et de la Migration de l’époque, Nicole de Moor, avait justifié cette mesure par la saturation du réseau, et donné ainsi la priorité aux familles.

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En août 2025, le gouvernement est allé encore plus loin en excluant une autre partie des demandeurs d’asile des centres d’hébergements. Dorénavant, les personnes ayant reçu une réponse positive à une demande de protection antérieure dans un autre pays de l’UE n’ont plus droit à l’enregistrement et à l’hébergement à leur arrivée en Belgique, dans les centres Fedasil ou Croix-Rouge qui accueillent souvent ces primo-arrivants. Concrètement, elles sont considérées comme irrégulières sur le territoire, et donc potentiellement ciblées par des obligations de quitter le territoire.

Fin 2025, 3 200 réfugiés statutaires ayant obtenu la protection dans un autre pays de l’UE étaient pris en charge dans le réseau de Fedasil, sur un total d’environ 35 000 places, selon les données de l’agence.

Expulsions de Syriens depuis l’Allemagne et l’Autriche

Après la chute de Bachar el-Assad en Syrie en décembre 2024, chassé par une offensive spectaculaire des rebelles islamistes, la situation dans le pays a rapidement évolué avec la mise en place d’un gouvernement de transition et la levée des sanctions internationales.

Dès lors, les États européens ont cherché par tous les moyens à inciter les Syriens à rentrer chez eux. Dès le lendemain de la fuite du dictateur syrien, plusieurs pays ont annoncé un gel des procédures de demandes d’asile dans un contexte de forte progression électorale des partis d’extrême droite.

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En juillet 2025, l’Autriche espérait « montrer la voie en Europe » en expulsant un criminel syrien vers son pays d’origine. Une première dans l’UE. Quelques mois plus tôt, Vienne avait entamé des procédures pour révoquer le statut de quelque 2 900 réfugiés et stoppé les démarches de regroupement familial,. Le gouvernement autrichien a même offert la somme de mille euros aux Syriens acceptant de repartir dans leur pays

L’Allemagne aussi a débuté l’expulsion des Syriens condamnés dans le pays. La première expulsion d’un détenu syrien a eu lieu en décembre dernier peu avant Noël.

En un an, le nombre de Syriens demandant l’asile dans l’UE a considérablement baissé. En octobre 2024, on comptait encore plus de 16 000 nouveaux demandeurs. En septembre 2025, soit près d’un an plus tard, ils n’étaient plus que 3 500.

Toutefois, à la fin du mois de septembre, près de 110 000 dossiers de demandeurs d’asile syriens étaient encore en attente d’une décision dans l’ensemble de l’Union européenne et ses partenaires.

Sources: infomigrants

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