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Quatre ouvriers agricoles migrants brûlés vifs dans un véhicule dans le sud de l’Italie

Quatre personnes – trois Afghans et un Pakistanais – ont été brûlés vifs à l’intérieur d’un fourgon en Calabre, dans le sud de l’Italie. La région est le théâtre de vives tensions entre migrants, exacerbées par des différends liés à la répartition du travail agricole, à l’obtention de titres de séjour et au logement.

Deux Pakistanais soupçonnés du meurtre de quatre ouvriers agricoles ont été interpellés par la police italienne, a annoncé la presse locale mardi 2 juin. Les deux hommes ont été arrêtés après la découverte, dans un fourgon incendié, du corps de quatre migrants – trois Afghans et un Pakistanais.

La carcasse calcinée du véhicule a été découverte dans une station-service près du village d’Amendolara, située dans une vaste zone agricole de la région de Calabre. Selon la presse italienne, un Afghan a survécu au drame. Il a raconté avoir réussi à briser une vitre et s’évader du fourgon, alors que les autres victimes ont été brûlées vives.

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Un témoignage conforté par les images de vidéosurveillance de la station-service. Sur les images, diffusées par la chaine RAI, on peut voir deux individus bloquer les portières du fourgon de l’extérieur avant d’y déverser un liquide, selon le quotidien Corriere della Sera citant des sources policières. On y voit ensuite un départ de feu, immédiatement suivi de la fuite des deux suspects.

« Il s’agit indéniablement de meurtres, il ne nous reste plus qu’à en déterminer les circonstances exactes », a déclaré Antonio Borelli, le chef de la police locale, cité par le même journal.

Selon le seul survivant du drame, les Pakistanais arrêtés l’avaient menacé, lui et les autres, avec des couteaux et des armes à feu, et les avaient contraints à travailler sans être payés. « Nous nous sommes rebellés, nous voulions un contrat », a raconté ce survivant.

La main-d’œuvre migrante du secteur agricole

D’après le quotidien italien, les quatre hommes vivaient non loin de là, dans un petit appartement de Villapiana, un village situé à une vingtaine de kilomètres du lieu du meurtre. Les hommes résidaient ici avec six autres personnes, tous des migrants employés dans le secteur agricole.

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Chaque jour, ils se réveillaient à l’aube, étaient transportés dans les champs en minibus avant d’être ramenés chez eux le soir. C’est à l’intérieur de ce fourgon qui les transportait matin et soir que les quatre migrants ont été retrouvés morts.

Ce n’est pas la première fois qu’un tel incident se produit en Calabre, région qui est régulièrement le théâtre de vives tensions entre migrants, exacerbées par des différends liés à la répartition du travail agricole, à l’obtention de titres de séjour et au logement. Selon Le Corriere della Sera, 14 incendies criminels de véhicules transportant des travailleurs pakistanais ont été recensés ces derniers mois dans ce même secteur.

Le véhicule a été incendié alors que quatre travailleurs migrants étaient à l'intérieur. Crédit : ANSA
Le véhicule a été incendié alors que quatre travailleurs migrants étaient à l’intérieur. Crédit : ANSA

Dans cette région, de nombreux travailleurs étrangers sont victimes de ce qui est communément appelé le « caporalato ». Cela désigne une forme d’esclavage moderne, « dans laquelle des intermédiaires fournissent de la main-d’œuvre à bas coût aux exploitations agricoles, souvent sous le contrôle – ou avec le soutien – d’organisations mafieuses redoutables », note RFI. Selon un rapport du syndicat CGIL, le plus ancien et le plus important d’Italie, près de 70 % des ouvriers agricoles concernés travaillent sans contrat.

Le président de la région Calabre, Roberto Occhiuto, a déclaré que la nouvelle de l’attaque « inhumaine », « ébranle la foi en l’humanité ». De son côté, le syndicat CGIL a quant à lui été cité par l’agence de presse italienne Ansa, exigeant des mesures pour « combattre les abominations de la vie quotidienne subies par les travailleurs, souvent migrants, dans nos campagnes ».

« C’est très dur de vivre ici »

Chaque année, comme l’a constaté InfoMigrants lors d’une série de reportages en Calabre, des milliers de migrants sont employés dans les champs de la région. Si des initiatives existent pour améliorer les conditions de vie, elles restent tout de même très précaires.

Notre rédaction s’était rendue dans le bidonville de San Ferdinando, où des centaines de migrants vivent dans des conditions insalubres. « C’est très dur de vivre ici, l’environnement n’est pas sain : il y a beaucoup de mouches et de rats à cause de la saleté et des ordures. Je suis ici car je n’ai nulle part où aller », rapportait Bakary, Gambien de 36 ans, qui revenait pour la quatrième fois faire la saison en Calabre.

« Il y a aussi un nombre croissant de migrants souffrant de détresse psychologique, tels que la dépression, la dépendance ou le stress post-traumatique », racontait à InfoMigrants Mauro Destefano, coordinateur du projet Calabre pour l’ONG Emergency. Et d’ajouter : « Ils souffrent de l’isolement social et du labyrinthe administratif qui les rendent fous ».

Sources: Infomigrants

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