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Manche : près de 50 000 migrants ont tenté de traverser la Manche en 2025, plus de 6 000 secourus côté français

Sur l’ensemble de l’année 2025, 49 966 personnes à bord de 795 « small boats » ont tenté de traverser la Manche pour rejoindre le Royaume-Uni, selon le bilan annuel de la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord. Dans le même temps, 6 177 migrants ont été secourus en mer par les forces françaises, 25 personnes sont mortes et deux ont été portées disparues.

Les « tentatives de traversée de la Manche par des migrants déterminés à rejoindre le Royaume Uni » n’ont « pas connu d’accalmie » en 2025, selon la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord (Prémar). Vendredi 30 janvier, la Prémar a publié le bilan annuel de ses opérations.

Le document indique que l’an dernier, 49 996 personnes à bord de 795 embarcations ont tenté de traverser la Manche depuis la France vers l’Angleterre à bord de « small boats ». Dans le même temps, 6 177 migrants ont été secourus en mer côté français.

Une tendance à la hausse. En 2024, 45 203 exilés, à bord de 830 embarcations, avaient tenté la traversée de la Manche depuis les côtes françaises, toujours selon la Prémar. En revanche, le chiffre de personnes secourues est en baisse : en 2024, 6 310 migrants avaient été secourus par les autorités françaises. Cette même année, 72 personnes avaient péri dans la Manche et trois avaient été portées disparues.

La préfecture avait attribué cette hausse de la mortalité à des « asphyxies consécutives d’écrasement, directement liées au surchargement » des canots.

Le nombre de décès dans la Manche n'a jamais été aussi élevé qu'en 2024. Crédit : Prémar
Le nombre de décès dans la Manche n’a jamais été aussi élevé qu’en 2024. Crédit : Prémar

Des embarcations de plus en plus chargées

Les « risques que les passeurs font courir aux migrants sont toujours plus importants », souligne vendredi dans son rapport annuel la Prémar. Le nombre de personnes par embarcation « ne cesse d’augmenter » : 26 en 2021, 45 en 2023, 63 en 2025, et cette année-là dix embarcations transportaient plus de 100 personnes.

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« La Manche est un espace particulièrement contraint » où « se superposent de nombreuses activités », notamment la pêche, le transport maritime de marchandises et de passagers ainsi que les énergies marines renouvelables, note le vice-amiral d’escadre Benoit de Guibert, pointant des conditions de navigation « extrêmement difficiles ».

La préfecture rappelle régulièrement que cette zone maritime est l’une des plus fréquentées au monde, avec plus de 600 navires de commerce qui y transitent par jour, aux côtés de précaires embarcations de migrants, souvent surchargées. De plus, les conditions météorologiques y sont souvent difficiles avec 120 jours de vent supérieur ou égal à force 7 en moyenne annuelle.

Des migrants dans la Manche, près de Calais, le 27 septembre 2025. Crédit : Reuters
Des migrants dans la Manche, près de Calais, le 27 septembre 2025. Crédit : Reuters

Autant de facteurs qui rendent cette route migratoire particulièrement dangereuse. L’an dernier, la Prémar a comptabilisé 25 exilés morts dans la Manche, et deux portés disparus. L’AFP, de son côté, a dénombré 29 migrants morts dans cette zone maritime en 2025, selon un décompte effectué à partir de sources officielles françaises et britanniques.

Phénomène des « taxi boats »

L’année 2025 a par ailleurs vu s’étendre « singulièrement » le phénomène des « taxi boats », assure la Prémar. Au total, 45% des embarcations en 2025 étaient des « taxi boats », un mode opératoire qui s’est développé depuis 2023, et qui consiste à mettre à l’eau des canots à l’abri des regards – notamment depuis des cours d’eau à l’intérieur des terres – pour échapper à la surveillance des forces de l’ordre près des principales plages de départ. Ces canots pneumatiques s’approchent ensuite par la mer des plages où les attendent les migrants, qui embarquent directement dans l’eau, dans des conditions souvent chaotiques, avant de poursuivre leur route vers l’Angleterre.

La Prémar affirme avoir secouru 6 177 migrants qui tentaient de rejoindre la Grande-Bretagne en 2025. Crédit : Prémar
La Prémar affirme avoir secouru 6 177 migrants qui tentaient de rejoindre la Grande-Bretagne en 2025. Crédit : Prémar

Côté britannique, 41 472 migrants sont arrivés sur les côtes à bord de petites embarcations en 2025, selon les chiffres du Home Office. C’est le deuxième nombre le plus élevé après le record des 45 774 arrivées enregistrées en 2022.

Dans un communiqué publié mi-décembre, le Home Office a qualifié le nombre de traversées de la Manche « de honteux » et a assuré que le « gouvernement britannique prend des mesures » pour enrayer le phénomène.

En effet, l’exécutif travailliste a fait de la lutte contre l’immigration irrégulière son cheval de bataille. Un vaste plan anti-immigration a vu le jour en novembre pour décourager les migrants de venir au Royaume-Uni et tenter d’endiguer les traversées illégales de la Manche : la durée des titres de séjour va passer de cinq ans à deux ans et demi, les conditions d’obtention du titre de séjour permanent vont se durcir. Shabana Mahmood, la ministre de l’Intérieur britannique, a aussi décrété que les demandeurs d’asile n’auront « qu’une seule chance » de déposer une demande et une seule de faire appel – espérant ainsi accélérer dans le même temps les expulsions vers les pays d’origine.

Ces nouvelles mesures s’ajoutent à des engagements pris par la France et l’accord dit « un pour un » conclu avec Paris durant l’été 2025. Cet accord consiste à renvoyer en France des migrants arrivés au Royaume-Uni à bord de « small boats », en échange de l’accueil par la Grande-Bretagne de migrants se trouvant en France.

Sources: infomigrants

 

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