Naufrage au large de la Crète : trois Égyptiens parmi les victimes

Le naufrage d’un bateau de migrants samedi 21 février au large de la Crète a causé la mort de trois Égyptiens, tandis que 18 autres ressortissants égyptiens figurent parmi les 30 portés disparus, selon le ministère des Affaires étrangères au Caire. Vingt exilés, essentiellement des Soudanais et d’autres Égyptiens, ont pu être secourus.
De nouveaux détails dans le naufrage d’une embarcation de migrants au large de la Crète. D’après un communiqué du ministère des Affaires étrangères égyptien, publié mercredi 25 février, trois des quatre corps qui ont été retrouvés au sud de la ville grecque de Kala Limenas samedi 21 février sont des hommes égyptiens.
Les gardes-côtes grecs avaient déjà précisé dans un communiqué datant de dimanche que le quatrième cadavre repêché était celui d’une femme soudanaise de 28 ans. « Le corps a d’abord été transporté au port d’Agia Galini, puis à l’hôpital universitaire d’Héraklion pour une autopsie », peut-on lire dans le document.
L’embarcation transportait 50 personnes, dont 21 Égyptiens, d’après le ministère des Affaires étrangères, qui précise coordonner le rapatriement des dépouilles de ses ressortissants.
Selon un communiqué de l’Organisation internationale des migrations (OIM), le bateau était parti de Tobrouk, à l’est de la Libye, le 19 février, et a chaviré au sud de la ville de Kala Limenas, en Crète. La chaîne de télévision publique Ert a expliqué que l’accident s’est produit précisément au moment où un navire commercial s’est approché de l’embarcation en bois. Alors que les passagers tentaient de monter sur les échelles lancées par le bateau, un brusque mouvement de foule vers un côté de l’embarcation a provoqué son chavirement.

Ce navire commercial, dépêché sur place sur ordre du Centre grec de recherche et de sauvetage, a pu secourir 20 exilés, dont 16 hommes et quatre mineurs – majoritairement des Soudanais et des Égyptiens -, décompte l’OIM. L’organisation onusienne indique cependant qu' »au moins 30 migrants sont présumés morts ou portés disparus », tandis que le ministère égyptien ajoute de son côté que 18 ressortissants du pays figurent parmi ces portés disparus.
Dans son communiqué, le ministère des Affaires étrangères a exhorté les Égyptiens à « faire preuve d’une extrême prudence afin d’éviter d’être trompés par les réseaux d’immigration illégale ».
17 000 Égyptiens arrivés en Europe par la Méditerranée en 2025
Depuis plus d’un an, la Crète, est devenue un carrefour migratoire majeur vers l’Union européenne, au départ de la Libye. En 2025, plus de 18 000 personnes sont arrivées de manière irrégulière en Crète, contre un peu plus de 5 000 en 2024, d’après les chiffres des autorités grecques. C’est six fois plus que les arrivées à Lesbos (3 777) et quatre fois plus qu’à Samos (4 747), selon les données du Haut-commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR).
Face à la hausse des arrivées, le gouvernement conservateur grec va ouvrir d’ici le printemps trois centres temporaires pour migrants en Crète.
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En Égypte, les arrestations de réfugiés africains se multiplient dans une vaste campagne de répression
Sans perspective d’avenir dans leur pays plongé dans une crise économique, plus de 17 000 Égyptiens ont atteint les côtes européennes par la Méditerranée l’an dernier, ce nombre les plaçant en tête de la migration irrégulière du continent africain vers l’Europe, notamment vers la Grèce et l’Italie.
Cet exode égyptien s’explique notamment en raison de la pauvreté et du chômage dans le pays – où « les salaires réels [sont] au plus bas depuis 30 ans, [le] taux de pauvreté multiplié par deux en 20 ans », écrivait le gouvernement français dans une note de Bercy d’avril 2025. S’ajoute à cela les « pressions économiques et un marché de l’emploi difficile, aggravé par les répercussions régionales des conflits à Gaza et au Soudan », indiquait l’agence européenne Frontex à InfoMigrants en janvier.
Les Égyptiens fuient également, depuis des années, la répression politique qui sévit dans le pays dirigé par Abdel Fattah al-Sissi depuis 2014. « Les autorités égyptiennes continuent de réprimer les critiques, d’étouffer la société civile », peut-on lire dans un rapport d’Amnesty international en 2024.

Depuis plusieurs mois, l’Égypte a en outre lancé une campagne d’arrestations et d’expulsions de réfugiés et de demandeurs d’asile africains installés dans le pays. Près de 5 000 réfugiés ont été emprisonnés en deux semaines, selon une ONG égyptienne de défense des droits humains. Au moins quatre témoignages recueillis par l’AFP décrivent des cellules bondées, des détenus entassés, debout pendant des heures, dormant à tour de rôle, d’autres parqués dans des cours extérieures.
Beaucoup d’exilés égyptiens viennent de villes pauvres du delta du Nil et passent par la Libye, où ils sont confrontés – comme les migrants d’autres nationalités dans le pays – à des détentions arbitraires, à la torture, à des violences sexuelles, au travail forcé et à des demandes de rançons, avant de pouvoir embarquer vers l’Europe.
Sources: Infomigrants




