Traversées de la Manche : jusqu’à sept ans de prison pour un réseau de passeurs transportant du matériel nautique

Le tribunal de Lille, dans le nord de la France, a prononcé lundi des peines d’une à sept années de prison ferme à l’encontre de 19 passeurs ayant pris part à un réseau d’acheminement de matériel nautique pour faire passer les migrants vers l’Angleterre via la Manche.
Plus d’un mois après l’ouverture du procès au tribunal de Lille, dans le nord de la France, pour « aide à l’entrée, à la circulation ou au séjour irréguliers d’un étranger en bande organisée » et « participation à une association de malfaiteurs », la justice a rendu son verdict à l’encontre de 19 personnes.
Suivant des degrés d’implication divers, du « guetteur » aux « têtes pensantes » en passant par les chauffeurs, tous les accusés ont été condamnés pour leur participation à un réseau de transport de matériel nautique (canots pneumatiques, gilets de sauvetage) d’Allemagne, où ces équipements étaient stockés, jusqu’au littoral du nord de la France, où ont lieu les départs clandestins vers l’Angleterre. Ils ont écopé de peine allant d’un à sept ans de prison ferme.
Âgés de 22 à 49 ans, les 19 condamnés, parmi lesquels une femme, sont majoritairement originaires d’Irak, mais aussi de Turquie et de Syrie.
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Les deux peines les plus lourdes ont été prononcées à l’encontre de deux Irakiens considérés comme les « têtes pensantes » du réseau, également poursuivis pour « blanchiment aggravé en bande organisée ». L’un, âgé de 45 ans, a été condamné à sept ans de prison et 80 000 euros d’amende ; le second, âgé de 34 ans, a écopé de six ans d’emprisonnement et de 100 000 euros d’amende.
La seule femme poursuivie, une Turque de 44 ans, a été condamnée en son absence à deux ans de prison ferme et 10 000 euros d’amende.
La peine la plus faible, deux ans de prison dont une année avec sursis et 5 000 euros d’amende, a été prononcée à l’encontre d’un jeune Syrien de 22 ans.
Tous ont été condamnés à une interdiction définitive du territoire français.
« Le même schéma que celui du trafic de stupéfiants »
Les 19 prévenus avaient été arrêtés début 2024 en Allemagne lors d’une opération menée en collaboration avec la France et la Belgique. Selon les investigations, le groupe faisait partie, depuis 2022, d’un vaste réseau d’acheminement de matériel nautique de l’Allemagne vers les plages du nord de la France.
Le réseau fonctionnait sur « le même schéma que celui du trafic de stupéfiants » (véhicules ouvreurs, messageries cryptées, lieux de stockage…), indiquait fin mars La Voix du Nord, citant le magistrat du parquet. Les accusés sont soupçonnés d’avoir organisé jusqu’à huit traversées par nuit, pour un montant de 120 000 euros chacune.

Ces dernières années, alors que les traversées de la Manche se sont accélérées, les coups de filet dans les réseaux de trafiquants opérant entre la France et le Royaume-Uni se sont multipliés. Et pour intensifier encore plus ses actions contre les réseaux de passeurs actifs en Europe, Europol, l’agence européenne de police criminelle, a annoncé fin mars le lancement d’un Centre européen de lutte contre le trafic de migrants.
L’organisation va intensifier ses actions sur les réseaux sociaux et les messageries cryptées, largement utilisés par les passeurs pour attirer des migrants ou pour coordonner les déplacements des exilés. Europol veut aussi s’attaquer au modèle économique des trafiquants.
Sources: Infomigrants




