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Au Royaume-Uni, le statut de réfugié ramené à 30 mois renouvelable entre en vigueur

Le gouvernement britannique avait annoncé en novembre la limitation de la durée de l’asile à 30 mois au lieu de 5 ans. Dimanche, la ministre de l’Intérieur Shabana Mahmood a indiqué que la mesure entrait en vigueur ce lundi. Désormais, les réfugiés dont le pays est considéré comme redevenu « sûr » devront y retourner après ce délai de protection de deux ans et demi, a-t-elle précisé.

Le Royaume-Uni divise par deux la durée du statut de réfugié : trente mois, renouvelable, voici la nouvelle durée de la protection accordée aux réfugiés statutaires au Royaume-Uni, contre cinq ans auparavant. La réduction de la protection avait été annoncée par le gouvernement britannique dès novembre 2025, mais la ministre de l’Intérieur Shabana Mahmood a indiqué son entrée en vigueur à partir du lundi 2 mars 2026.

La protection accordée pourra être renouvelée pour les réfugiés jugés toujours en danger dans leur pays d’origine. Mais ceux dont le pays est considéré comme redevenu « sûr » devront y retourner après ce délai de protection écoulé, précise le ministère de l’Intérieur dans un communiqué.

Dans le système jusqu’ici en vigueur, les réfugiés se voyaient accorder une protection de cinq ans, avaient le droit de faire venir leur famille et pouvaient ensuite obtenir un permis de résidence permanente « quasiment automatique », en bénéficiant d’aides, souligne le Home Office, ajoutant qu’il s’agissait de l’une des « offres les plus généreuses pour les réfugiés dans un pays d’Europe de l’ouest ».

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Notre « pays offrira toujours un refuge à ceux qui fuient la guerre et les persécutions. Mais nous devons aussi veiller à ce que notre système d’asile ne soit pas un facteur d’attraction qui pousse les gens à entreprendre des voyages périlleux à travers le monde, alimentant et finançant ainsi les trafiquants d’êtres humains », a déclaré la ministre de l’Intérieur Shabana Mahmood citée dans le communiqué.

Les mineurs non accompagnés pourront eux continuer à se voir accorder un statut de réfugié d’une durée de cinq ans.

Des mesures inspirées du Danemark

Le gouvernement britannique précise s’être inspiré du système restrictif mis en place au Danemark, pays qui a fait chuter le nombre de demandes d’asile à son plus bas niveau depuis 40 ans et où Shabana Mahmood s’est rendue la semaine dernière.

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Parmi les autres changements introduits par la loi de novembre 2025 sur l’asile se trouve aussi un allongement de la durée nécessaire de présence au Royaume-Uni avant de demander un permis de résidence permanente. Les étrangers devront justifier de 20 ans de présence au Royaume-Uni – contre cinq actuellement – pour pouvoir rester indéfiniment au Royaume-Uni. Les réfugiés qui souhaitent devenir résidents permanents plus vite « devront travailler ou étudier », avait précisé le Home office en novembre dernier.

Londres entend également accélérer les expulsions avec le passage d’une loi qui encadrerait les recours à la Convention européenne des droits de l’Homme (CEDH), notamment sur le droit au respect de la vie privée et familiale, dont les autorités contestent l’interprétation. Seules les personnes ayant des membres de leur famille proche déjà au Royaume-Uni (enfants, parents) pourront rester dans le pays.

Le gouvernement veut aussi réformer la loi sur l’esclavage moderne, découlant de l’article 3 de la CEDH, pour réduire son champ d’application devant les tribunaux en matière de demande d’asile. À terme, le Royaume-Uni souhaite ouvrir des négociations pour modifier cet article.

Enfin, Londres a aussi indiqué que l’intelligence artificielle sera utilisée pour évaluer l’âge des personnes arrivant illégalement sur le territoire, le gouvernement affirmant qu’un système imprécis mettait les enfants en danger, notamment ceux qui se déclaraient mineurs ou étaient classés par erreur comme adultes.

Décourager les arrivées de migrants

Toutes ces mesures visent à décourager les arrivées de migrants traversant la Manche sur de petites embarcations. Notamment parce que le gouvernement travailliste de Keir Starmer est confronté à la montée du parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage.

Mais ces mesures semblent, jusqu’à maintenant, sans effet. Les exilés présents sur le littoral français voient bien souvent le Royaume-Uni comme leur dernière option d’exil, après parfois plusieurs refus de protection dans d’autres pays européens.

Les associations qui viennent en aide aux migrants affirment ne voir aucune baisse de la présence des exilés sur le littoral malgré la militarisation croissante de la frontière et le durcissement de la législation Outre-Manche.

Quelque 100 625 personnes ont demandé l’asile en 2025 au Royaume-Uni, un chiffre en légère baisse (-4 %) par rapport à l’année précédente, qui avait atteint un record de 108 138 demandes, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur publiés le 26 février.

Le nombre de personnes arrivées de façon irrégulière au Royaume-Uni, lui, a continué d’augmenter en 2025, s’établissant à 46 497, soit 7 % de plus qu’en 2024, année qui avait déjà été marquée par une hausse de 19 %.

Sources: infomigrants

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