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L’agence de l’UE pour l’asile alerte sur le risque d’un « flux de réfugiés » iraniens provoqué par les bombardements sur le pays

L’agence de l’Union européenne pour l’asile (AUEA) alerte sur le risque d’un « flux de réfugiés » venant d’Iran alors que le pays subit depuis ce week-end des bombardements américano-israéliens. Pour l’heure, le scénario d’une grande vague de réfugiés iraniens est jusqu’ici « spéculatif » mais le sujet inquiète : il sera au menu des discussions entre les 27 ministres de l’Intérieur de l’UE, jeudi à Bruxelles.

L’Iran connaît ces derniers jours d’importants bombardements américains et israéliens. Mais avant même le début du conflit ce week-end, l’agence de l’Union européenne pour l’asile (AUEA) alertait sur le risque d’un « flux de réfugiés » venant d’Iran. Et ce, dans un contexte de baisse générale de la demande d’asile dans l’UE.

« Avec une population d’environ 90 millions d’habitants, même une déstabilisation partielle pourrait générer des flux de réfugiés d’une ampleur sans précédent », souligne le rapport de cette agence spécialisée.

« Le déplacement de ne serait-ce que 10 % de la population iranienne suffirait à rivaliser avec les plus importants flux de réfugiés de ces dernières décennies », écrivent encore les auteurs de l’AUEA dans ce document concocté avant les frappes américano-israéliennes.

Interrogée par l’AFP sur une actualisation de son évaluation à la suite du déclenchement de la guerre, l’agence a estimé que « la situation restait très instable et il serait irresponsable de faire des déclarations hypothétiques ».

« L’ampleur du risque potentiel est considérable »

Le nombre de demandes d’asile déposées par des Iraniens dans l’UE et ses pays voisins est pour le moment assez faible. Ils étaient 8 000 en 2025, très loin derrière les Afghans (117 000) ou les Vénézuéliens (91 000). Et les frappes des États-Unis et d’Israël contre l’Iran n’ont, jusqu’ici, pas provoqué de déplacement massif de population.

Le drapeau national iranien flotte au vent tandis que des débris jonchent le sol après une frappe israélienne et américaine contre un poste de police à Téhéran, en Iran, le 3 mars 2026. Crédit : Reuters
Le drapeau national iranien flotte au vent tandis que des débris jonchent le sol après une frappe israélienne et américaine contre un poste de police à Téhéran, en Iran, le 3 mars 2026. Crédit : Reuters

Mais « l’ampleur du risque potentiel est considérable », estime l’AUEA. D’autant plus que l’Iran figure parmi les pays qui accueillent l’une des plus importantes populations de réfugiés au monde – une situation susceptible de provoquer des déplacements en cascade.

Depuis 2021 et le retour au pouvoir des Taliban en Afghanistan notamment, de très nombreux Afghans ont trouvé refuge dans ce pays frontalier. Mais, des dernières années, Téhéran a fortement restreint leur possibilité d’installation dans le pays.

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Quelque 450 000 Afghans ont quitté l’Iran l’été dernier pour revenir dans leur pays d’origine, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), au lendemain d’une date butoir fixée par Téhéran pour le départ des Afghans sans papiers.

Le scénario d’une grande vague de réfugiés iraniens est jusqu’ici « spéculatif »

Les auteurs du rapport notent que le scénario d’une grande vague de réfugiés iraniens est jusqu’ici « spéculatif ». Il impliquerait que ces exilés passent par la Turquie, puis se dirigent vers l’Europe. « Tout ça est très volatile », affirme un responsable européen spécialiste de l’immigration, s’exprimant sous couvert d’anonymat tant le sujet est « délicat ».

Reste que le sujet inquiète aussi les hautes instances européennes. Lundi, l’exécutif européen a dit « renforcer sa préparation » sur ce dossier en surveillant « les tendances » migratoires et en renforçant sa coopération avec les agences des Nations unies.

Et le sujet sera au menu de discussions entre les 27 ministres de l’Intérieur de l’UE, qui se réunissent jeudi 5 mars à Bruxelles.

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a même indiqué avoir échangé sur la question avec le président turc Recep Tayyip Erdogan. Tout comme l’ont fait les 27 ministres des Affaires étrangères de l’UE, lors d’une réunion extraordinaire dimanche.

« Malheureusement, nous savons que, généralement, lorsque des conflits éclatent dans certaines régions, cela déclenche des flux migratoires », a expliqué l’exécutif européen mardi. Tout en assurant qu’il n’y avait « pour l’heure » aucune raison de penser que la situation actuelle ne provoque un exode massif de réfugiés.

Des Iraniens déjà sur la route de l’exil

Fin janvier, InfoMigrants s’était rendu à frontière turco-iranienne et avait constaté que de nombreux Iraniens avaient déjà fait le choix de quitter leur pays à la suite de la violente répression des manifestations citoyennes débutées fin décembre.

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« Environ 15 000 personnes ont été tuées par la police iranienne [ces chiffres ne sont pas vérifiables en l’absence d’informations provenant d’Iran, coupé du monde, ndlr]. Et même les SMS ne fonctionnent pas, il n’y a que les appels téléphoniques qui marchent », détaillait également le jeune Iranien.

Sources: Infomigrants

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