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Dans les pays du Golfe, des milliers de migrants africains contraints de travailler malgré les bombardements

Alors que les pays du Golfe persique subissent depuis plusieurs jours de bombardements iraniens en riposte aux attaques américaines et israéliennes sur le pays, des milliers de travailleurs migrants africains sont coincés au Moyen-Orient.

Ils sont kényans, camerounais, ghanéens, éthiopiens, zimbabwéens et travaillent à des milliers de kilomètres de chez eux, dans les riches pays du Golfe persique. Pour ces immigrés qui ont tout quitté pour trouver un emploi, ces monarchies représentaient un avenir économique. Mais depuis le début du mois de mars, ces travailleurs migrants se retrouvent confrontés aux bombardements iraniens sur ces territoires – lancés depuis que des frappes américano-israéliennes contre l’Iran ont déclenché la guerre le 28 février.

Des explosions ont secoué plusieurs grandes villes, dont Manama, Dubaï et Abou Dhabi, alors que l’Iran cible des intérêts américains et frappe des infrastructures dans toute la région. Au moins 23 personnes, dont dix civils, ont été tuées, selon les autorités des pays du Golfe et le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

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Arnold Keumoe Tchimmoe est camerounais. Ce directeur de restaurant de 34 ans, vit depuis 11 ans à Dubaï (Émirats arabes unis). Il a raconté à l’AFP avoir été surpris par la première explosion au moment où il arrivait au travail. Il a cru que quelqu’un avait percuté sa voiture, avant d’en sortir et de voir des débris tomber du ciel.

Mais, malgré ces dangers et comme la plupart des travailleurs migrants de la région, il exclut de rentrer dans son pays avec sa famille. « Je suis plus en sécurité ici », assure-t-il.

Marion Kuria, elle, est kényane et travaille depuis sept ans dans le commerce de détail à Dubaï. Quand la défense antiaérienne a intercepté un missile, provocant une onde de choc qui a secoué son immeuble, elle s’est figée, a-t-elle expliqué à l’AFP. Puis elle s’est remise au travail, poussée par le besoin de gagner sa vie. « L’anxiété était très forte », confie-t-elle.

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Même si la jeune femme n’a pas voulu quitter Dubaï, elle a été secoué par ces événements. « Même si nous sommes en sécurité maintenant, nous n’avions pas signé pour ça », a -t-elle déclaré à l’AFP à propos des bombardements.

Quelque 715 000 Africains subsahariens en Arabie saoudite

Depuis des années, les pays du Golfe, riches en pétrole, attirent des travailleurs de toute l’Afrique, offrant des salaires bien supérieurs à ce que la plupart pourraient gagner dans leur pays.

Nombre d’entre eux travaillent dans l’hôtellerie, la restauration, la sécurité, ou comme agents d’entretien et employés de maison.

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Quelque 715 000 Africains subsahariens vivent, par exemple, en Arabie saoudite seule, soit plus de 5 % de la population étrangère du royaume, selon un recensement de 2022.

On ignore encore l’ampleur réelle des migrations subsahariennes vers le Golfe, selon une étude de 2024 du Gulf Research Center, un think-tank privé, même si des communautés africaines de plus en plus importantes sont aujourd’hui visibles dans les Émirats arabes unis, au Qatar, au Koweït et à Bahreïn.

Le ministère kényan des Affaires étrangères a fait savoir vendredi que plus de 500 000 de ses ressortissants vivaient et travaillaient au Moyen-Orient, et que nombre d’entre eux envoyaient régulièrement des fonds essentiels à leurs familles. Pour l’instant, la plupart restent sur place, selon Nairobi.

Reste que partir peut s’avérer compliqué à cause du système de parrainage très critiqué mais répandu dans le Golfe. Des organisations de défense des droits humains ont dénoncé le fait que les employeurs détiennent souvent les passeports des travailleurs et contrôlent leur liberté de changer d’emploi.

« Nos proches aussi ont peur pour nous »

Les travailleurs africains interrogés par l’AFP affirment que leurs pays n’ont pas affrété de vols d’évacuation, contrairement aux gouvernements européens.

Tanzanian Airlines a néanmoins annoncé avoir évacué, lundi, 236 ressortissants tanzaniens à bord d’un vol dédié.

Face à la menace des bombardements, nombreux sont ceux qui mettent dans la balance les dangers actuels et la raison même de leur départ pour le Golfe.

Au Qatar, une Zimbabwéenne travaillant dans l’hôtellerie, qui témoigne sous couvert d’anonymat auprès de l’AFP, décrit un fragile équilibre entre sécurité et nécessité de gagner sa vie.

« Nous avons peur et nos proches à la maison ont aussi peur pour nous. Ils pensent qu’on ne leur dit pas la vérité sur la réalité de la situation », raconte-t-elle. Les missions zimbabwéennes au Koweït et aux Emirats ont exhorté les Zimbabwéens du Golfe à rester vigilants.

Sources: Infomigrants

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