Uncategorized

« Retours volontaires » de l’OIM : près de 500 migrants rapatriés de Libye en une semaine

Selon l’Organisation mondiale pour les migrations, près de 500 migrants en Libye ont été rapatriés vers le Bénin, le Pakistan et le Bangladesh via un « retour volontaire » cette semaine.

Au total, 496 migrants ont été rapatriés dans leur pays via un « retour volontaire » ces sept derniers jours. Pour cela, trois vols ont été affrétés. Le premier est parti de la ville de Sebha, à quelques 600 km au sud de Tripoli. De cette région désertique, 151 migrants ont été rapatriés vers Cotonou, au Bénin, et Acra, au Ghana.

Le second vol concernait 174 exilés. Ils ont quitté Tripoli en direction d’Islamabad, la capitale du Pakistan. Et enfin, le dernier vol est parti de Benghazi avec pour destination Dhaka, la capitale du Bengladesh, avec 171 migrants à son bord.

A lire aussi
Libye : au moins 29 corps de migrants découverts sur les côtes après plusieurs naufrages

« Un soutien médical et de protection a permis à tous les bénéficiaires de recevoir des retours sûrs », assure l’organisation onusienne.

Conditions de vie délétères en Libye

Ces derniers vols témoignent de la dureté de la vie en Libye pour les migrants. Dans ce pays de transit pour les migrants tentant de rejoindre l’Europe, les conditions de vie sont extrêmement difficiles.

En effet, passeurs et trafiquants ont profité du climat d’instabilité qui règne dans le pays depuis la chute et mort de l’ancien dictateur Mouammar Kadhafi en 2011 pour développer des réseaux mafieux autour de la traite d’êtres humains. La majorité des migrants subsahariens jetés arbitrairement en prison sont aux mains de ces trafiquants et victimes d’extorsions. Les geôliers les torturent, les filment et envoient les vidéos à leurs familles pour demander des rançons. De nombreux migrants meurent aussi en détention, faute de famille et d’argent.

A lire aussi
El-Hishri devant la CPI : « Le message lancé est qu’il y aura une justice pour les crimes commis en Libye »

Depuis de nombreuses années, la rédaction d’InfoMigrants et de nombreuses ONG et institutions témoignent de la violence subie par les migrants dans ce pays d’Afrique du Nord. En novembre 2025 par exemple, un migrant camerounais racontait son calvaire en Libye : « Ce pays ne connaît pas les droits de l’Homme, il n’y a aucun respect pour les personnes noires. Nous sommes considérés comme des animaux ».

Et dans les geoles libyennes, les migrants vivent l’enfer. « Nous étions tous enfermés, il y avait des jeunes comme moi, mais aussi des personnes âgées, ils ne nous donnaient pas à manger et ils nous frappaient. Ils nous ont demandé le numéro de téléphone de nos familles et ont passé des appels vidéo pour leur demander de l’argent pendant qu’ils nous frappaient. Ma famille n’avait pas d’argent, alors ils m’ont frappé et m’ont arraché un ongle, puis j’ai perdu connaissance. Je ne me souviens plus de ce qui s’est passé ensuite », témoignait de son côté un Bangladais interrogé par InfoMigrants en août 2025.

100 000 « retours volontaires » en 10 ans

Le nombre de « retours volontaires » effectués depuis la Libye témoigne aussi de cet « enfer libyen », et ce depuis plusieurs années. Entre le lancement du programme d’aide au retour humanitaire « volontaire » (VHR) de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) en 2015 et juin 2025, plus de 100 000 migrants en Libye ont regagné leur pays en Afrique et Asie.

A lire aussi
Est de la Libye : 120 migrants détenus par des trafiquants d’êtres humains secourus par les autorités

Les personnes rapatriées sont originaires de 49 pays d’Afrique et d’Asie comme le Nigéria, le Mali, le Niger ou encore le Bangladesh entre autres. Si pour la grande majorité, il s’agissait d’hommes (près de 73 000), environ 17 000 femmes ainsi que plus de 10 000 enfants – parfois non accompagnés – ont également bénéficié de cette aide de l’OIM.

Mais le retour est parfois impossible. Les exilés soudanais, par exemple, très nombreux en Libye, ne peuvent rejoindre leur pays déchiré par un conflit sanglant. D’autres migrants, coincés en Libye, fuient des violences familiales au pays, comme Marie et sa fille Aya, âgée de 7 ans. Camerounaise, Marie a fui un mari violent et violeur au pays. Elle rêve de quitter la Libye où elle a déjà séjourné trois fois en prison, mais ne sait pas où aller.

Sources: Infomigrants

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page