Route de Tobrouk : 11 migrants soudanais périssent dans un naufrage au large de la Libye

Selon la presse soudanaise, 11 ressortissants soudanais sont morts dimanche au large de la Libye alors qu’ils tentaient de traverser la Méditerranée pour atteindre la Grèce. Ils étaient 51 migrants à bord, tous originaires du Soudan. De nombreux exilés empruntent aujourd’hui la route dite « de Tobrouk », qui relie l’est de la Libye à la Crète.
Un canot qui avait quitté la Libye, et transportant 51 personnes, toutes originaires du Soudan, a fait naufrage en mer Méditerranée, dimanche 14 septembre, alors qu’il était en route vers la Grèce. Selon la presse soudanaise et libyenne, l’accident s’est produit dans les eaux territoriales libyennes.
Les victimes venaient de différentes régions du Soudan : neuf personnes de la région d’Al-Asilat, à l’est du Nil, une autre de la ville de Al-Dabbah et la dernière de la ville de Al-Manaqil, selon le site internet Al-Mashhad Al-Sudani.
Les 40 survivants, quant à eux, ont été interceptés par les gardes-côtes libyens et renvoyés dans le pays.
Plus de 10 000 arrivées en Crète depuis le début de l’année
L’immigration irrégulière depuis l’est de la Libye en direction de l’Europe – notamment vers l’île méridionale de Crète – est en constante augmentation.

Dans son dernier communiqué de juillet, Frontex, l’agence européenne de surveillance des frontières, évoque ce « nouveau corridor migratoire » entre l’est de la Libye et la Crète – aussi appelée « route de Tobrouk – « qui a émergé ces derniers mois ». « Le nombre d’arrivées irrégulières en Crète depuis la Libye a dépassé les 10 000 depuis le début de l’année, soit plus de quatre fois le total de l’année précédente », alerte l’agence européenne.
Des chiffres qui recoupent ceux de l’ONU. Selon l’agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR), près de 11 500 migrants venus d’Afrique du Nord avaient rejoint la Crète cette année au 7 septembre.
Suspension temporaire des demandes d’asile
Face à cette forte recrudescence des arrivées, Athènes accueille et forme depuis le mois d’août des gardes-côtes libyens chargés d’intercepter les migrants en mer. Trois navires de guerre seront également déployés au large des eaux libyennes pour stopper les embarcations de fortune.
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La Grèce a aussi décidé de serrer la vis d’un point de vue législatif : les migrants venant d’Afrique du Nord – de Libye, donc – et qui arrivent en Crète, ne peuvent plus déposer de dossier d’asile en Grèce. Cette suspension temporaire des demandes d’asile est effective depuis le mois de juillet.

Sur les réseaux sociaux, le ministre grec des Migrations s’est félicité, le 12 septembre, de cette mesure, assurant que les arrivées en Crète avaient chuté – « 3 642 arrivées illégales en juillet, 689 en août et 75 au cours des dix premiers jours de septembre », peut-on lire sur son compte X.
Saturation du centre d’accueil d’Agia
Pourtant, les sauvetages semblent repartir à la hausse ces derniers jours. Selon le média belge La Libre, les gardes-côtes grecs ont ramené samedi 13 septembre et dimanche 14 septembre environ 800 migrants vers les côtes de Crète et de Gavdos.
Cet été, de nombreuses opérations de sauvetage avaient déjà eu lieu dans cette zone maritime. Le 18 août, par exemple, en moins d’une journée, 165 exilés ont été secourus au large de la Crète. Deux opérations ont eu lieu au large de Gavdos tandis que la troisième a été menée a environ 100 km au sud de Kalamata.
Ces nouvelles arrivées saturent le seul centre d’accueil temporaire d’Agia, sur l’île de Crête, qui héberge les migrants avant leur transfert sur le continent. À Agia, la surpopulation et les conditions de vie des exilés inquiètent les ONG et associations locales.
Sources: infomigrants




