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Royaume-Uni : plus de 41 000 arrivées de migrants par la Manche en 2025, le deuxième nombre plus haut jamais enregistré

Selon les données du Home Office, 41 472 exilés ont atteint le Royaume-Uni en 2025 après avoir traversé la Manche depuis la France à bord de petites embarcations. Il s’agit du deuxième nombre d’arrivées le plus élevé jamais enregistré depuis le début des relevés en 2018 par le gouvernement britannique.

Le bilan est tombé. En 2025, 41 472 migrants ont rejoint le Royaume-Uni après avoir entrepris la périlleuse traversée de la Manche. C’est le deuxième nombre le plus élevé après le record des 45 774 arrivées enregistrées en 2022, selon les données du ministère de l’Intérieur britannique actualisées jeudi 1er janvier. Il s’agit également d’une hausse de 13% par rapport au nombre d’arrivées recensées en 2024 (36 566).

Après près d’un mois sans aucune traversée de la Manche entre mi-novembre et mi-décembre, en raison de mauvaises conditions météorologiques selon plusieurs observateurs, les tentatives ont repris en fin d’année. Le Home Office britannique a enregistré plus de 2 000 arrivées de migrants par « small boats » depuis le 13 décembre. Durant la seule journée de samedi 21 décembre, 803 migrants ont atteint les côtes anglaises, un record pour une journée de décembre depuis l’apparition des traversées par « small boats » en 2018.

Toutefois, la dangereuse traversée de la Manche entraîne aussi de nombreux naufrages. Au moins 29 migrants ont péri en mer l’année passée, selon un comptage effectué par l’AFP à partir de sources officielles françaises et britanniques.

Carte des traversées de la Manche de la France vers le Royaume-Uni.
Carte des traversées de la Manche de la France vers le Royaume-Uni.

Mesures du gouvernement contre l’immigration irrégulière

Dans un communiqué publié mi-décembre, le Home Office a qualifié le nombre de traversées de la Manche « de honteux » et a assuré que le « gouvernement britannique prend des mesures », avant de rappeler que « près de 50 000 personnes qui se trouvaient ici illégalement ont été expulsées du Royaume-Uni » depuis l’arrivée du Premier ministre Keir Starmer au pouvoir en juillet 2024.

En effet, l’exécutif travailliste a fait de la lutte contre l’immigration irrégulière son cheval de bataille. Il fait face à de plus en plus de pression sur ce sujet, après un été notamment marqué par des manifestations devant des hôtels hébergeant des demandeurs d’asile.

Ces derniers mois, le gouvernement a donc annoncé une série de mesures restrictives en matière de droit d’asile, alors que les demandes d’asile ont atteint un niveau record : plus de 110 000 sur la période octobre 2024-septembre 2025.

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Un vaste plan anti-immigration a vu le jour le mois dernier pour décourager les migrants de venir au Royaume-Uni et tenter d’endiguer les traversées illégales de la Manche : la durée des titres de séjour va passer de cinq ans à deux ans et demi, les conditions d’obtention du titre de séjour permanent vont se durcir. Shabana Mahmood, la ministre de l’Intérieur britannique, a aussi décrété que les demandeurs d’asile n’auront « qu’une seule chance » de déposer une demande et une seule de faire appel – espérant ainsi accélérer dans le même temps les expulsions vers les pays d’origine.

Une autre mesure a aussi été annoncée lundi 1er décembre par Londres : désormais, les policiers britanniques pourront procéder à des fouilles lors de l’arrivée au port de Douvres des migrants secourus dans la Manche. Le but : récupérer les téléphones et cartes SIM des exilés afin d’obtenir d’éventuelles informations sur les réseaux de passeurs et démanteler les organisations mafieuses.

Ces nouvelles mesures s’ajoutent à des engagements pris par la France et l’accord dit « un pour un » conclu avec Paris durant l’été 2025. Cet accord consiste à renvoyer en France des migrants arrivés au Royaume-Uni à bord de « small boats », en échange de l’accueil par la Grande-Bretagne de migrants se trouvant en France. Il a jusqu’ici débouché sur le retour forcé vers la France de 193 personnes et l’admission par le Royaume-Uni de 195 autres, selon les dires du ministre de la Sécurité des frontières Alex Norris le 16 décembre et la BBC.

« Pas un moyen de dissuasion efficace »

« Personne ne risque sa vie sur une embarcation de fortune dans la Manche, sauf par désespoir de trouver de la sécurité dans un pays où il a de la famille ou des liens communautaires », souligne auprès du Guardian Enver Solomon, directeur général du Refugee Council, en réaction au nombre d’arrivées d’exilés au Royaume-Uni en 2025.

« La plupart des hommes, femmes et enfants qui entreprennent ces traversées ont fui des régimes oppressifs comme celui des Taliban en Afghanistan et des guerres civiles brutales dans des pays comme le Soudan », affirme-t-il encore. Avant d’ajouter : « Le gouvernement a raison de vouloir mettre fin aux traversées de la Manche, mais les mesures qui punissent les personnes reconnues comme réfugiées sont injustes et ne constituent pas un moyen de dissuasion efficace. »

Un homme et un petit garçon tentent de rejoindre leur embarcation depuis la plage de Gravelines, dans la nord de la France, afin de rejoindre l'Angleterre, le 17 juillet 2025. Manche. Crédit : Reuters
Un homme et un petit garçon tentent de rejoindre leur embarcation depuis la plage de Gravelines, dans la nord de la France, afin de rejoindre l’Angleterre, le 17 juillet 2025. Manche. Crédit : Reuters

En effet, malgré le durcissement de la politique migratoire britannique, les exilés dans le nord de la France ne comptent pas changer leurs plans et souhaitent souvent, coûte que coûte, rejoindre l’Angleterre. Déjà, parce qu’ils ne connaissent pas toujours l’existence des réformes anglaises. Ensuite, parce que beaucoup ne renonceront pas à leur objectif si près du but, alors qu’ils ne sont qu’à quelques kilomètres des côtes britanniques.

Enfin, parce que certains ont des attaches ou des proches au Royaume-Uni, et voient ce pays comme leur dernière chance. « J’ai vu sur les réseaux sociaux que la vie en Angleterre devenait compliquée pour les personnes comme nous. Mais je n’ai nulle part où aller alors je n’ai pas d’autre choix que de tenter ma chance là-bas », confiait Ahmed*, un Soudanais de 26 ans dont la demande d’asile a été refusée en France, à InfoMigrants fin novembre à Calais.

Sources: infomigrants

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