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Accord « un pour un » : 377 migrants expulsés vers la France et 380 envoyés au Royaume-Uni

Selon les dernières données du Home Office, entre août 2025 et mars 2026, 377 migrants ont été renvoyés en France et 380 ont été accueillis au Royaume-Uni dans le cadre de l’accord « one in one out » conclu entre les deux pays. Cela représente 12 renvois par semaine.

Sept mois après l’entrée en vigueur du traité « one in one out » (« un entrant, un sortant »), le Royaume-Uni est encore loin de renvoyer au moins 50 migrants par semaine. Selon les dernières données du Home Office, 377 personnes ont été renvoyées en France tandis que 380 ont été reçues par le Royaume-Uni, soit une moyenne de 12 transferts par semaine.

Cela ne représente que 2% des 18 790 migrants arrivés à bord de petites embarcations depuis l’entrée en vigueur du traité le 6 août 2025.

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Pour rappel, le projet « one in one out » prévoit le renvoi en France de migrants arrivés à bord de « small-boats » au Royaume-Uni. Et en échange, Londres accepte d’accueillir des migrants se trouvant en France, via une route sûre et légale, et exprimant leur volonté de demander l’asile.

« J’ai fait trop de route pour arrêter maintenant »

L’objectif est de dissuader les traversées de la Manche à la petite mer, mais des milliers de demandeurs d’asile ont franchi le détroit depuis le début du dispositif. Rien que depuis le début de l’année, plus de 3 400 personnes sont arrivés au Royaume-Uni.

Comme l’avait constaté InfoMigrants à Calais, le traité ne décourage pas les migrants. « En France, je n’ai nulle part où aller alors je n’ai pas d’autre choix que de tenter ma chance au Royaume-Uni », racontait à notre rédaction Ahmed*, un Soudanais de 26 ans dont la demande d’asile a été refusée en France. « Peu importe, je vais quand même continuer mon chemin. Je suis venu d’Afrique, j’ai traversé le désert, la mer Méditerranée… J’ai fait trop de route pour arrêter maintenant et avoir peur d’un accord », témoignait de son côté Khaled*, un Soudanais de 18 ans.

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Shabana Mahmood, la ministre de l’Intérieur britannique avait, en février dernier, reconnu que le nombre d’expulsions était « relativement faible », tout en rappelant qu’il s’agissait d’un projet pilote et que « ce programme visait à prouver la viabilité de ce nouveau modèle de collaboration avec les Français ».

Par ailleurs, « des difficultés pratiques se posent quant à la rapidité à laquelle il est possible de retenir les personnes, de les embarquer dans un avion et de les transférer en France », avait expliqué la ministre de l’Intérieur à LBC.

Défis juridiques

Le traité fait aussi face à des contestations devant les tribunaux. Jeudi 12 mars par exemple, un juge de la Haute Cour britannique a suspendu le renvoi en France d’un Érythréen devant être expulsé dans le cadre de l’accord franco-britannique.

Arrivé au Royaume-Uni le 12 août à bord d’un « small-boat », ce demandeur d’asile érythréen de 31 ans affirme que la France n’apporte pas un soutien suffisant aux victimes de la traite des êtres humains.

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Et comme il a été reconnu comme victime de traite par les autorités britanniques après avoir été détenu et exploité par une milice en Libye, le juge a suspendu l’expulsion de l’homme après avoir constaté que les personnes de retour dans le cadre du système « un entrant, un sortant » pourraient rencontrer des difficultés pour accéder à un logement en France et qu’elles seraient susceptibles de se heurter à des obstacles pour accéder à leurs droits aux soins de santé dans le système français.

Un bateau de la Border Force, la police aux frontières britannique, dans la Manche. Crédit : Picture-alliance/empics/V.Jones
Un bateau de la Border Force, la police aux frontières britannique, dans la Manche. Crédit : Picture-alliance/empics/V.Jones

Il avait tenté d’obtenir une première l’asile en France, en vain. Ainsi, le juge a estimé qu’il existait un « risque sérieux que la même situation se reproduise s’il était renvoyé en France ». Il a ajouté que cet homme ne serait « pas reconnu comme victime de traite par les autorités françaises car la traite n’a pas eu lieu en France » et qu’il existait un « réel doute » quant à la possibilité pour cet homme d’accéder à un soutien psychologique en temps opportun en France.

Pour motiver sa décision de suspendre l’expulsion, il a conclu que le demandeur d’asile érythréen « risquait de subir des dommages à sa santé mentale s’il était transféré de force en France ».

Sources: Infomigrants

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