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Ile-de-France : un des plus grands centres d’accueil de migrants ferme, plus de 400 places supprimées

Un des plus grands centres d’accueil de personnes migrantes d’Ile-de-France, situé Porte de la Villette, va fermer ses portes, a annoncé mercredi la préfecture. Les personnes hébergées ont été orientées vers des SAS d’accueil régionaux, une solution jugée « inadaptée » par des associations. La préfecture promet, de son côté, de créer 200 places d’hébergement supplémentaires à Paris.

La préfecture d’Ile-de-France a annoncé, mercredi 29 avril, la fermeture d’un centre d’accueil pour personnes migrantes situé dans le nord de Paris. Avec plus de 400 places d’hébergement d’urgence, le centre est l’un des plus importants de la région. Une centaine de ses occupants ont été dirigés vers des structures en région, « inadaptées » à leurs besoins, selon une association.

Le GL Center a été ouvert en 2022, initialement pour accueillir des Ukrainiens ayant fui la guerre dans leur pays. À la demande de plusieurs associations, l’hébergement a ensuite été élargi à des personnes migrantes d’autres nationalités.

Selon Nathan Lequeux, coordinateur de l’antenne de Paris de l’association Utopia 56 contacté par InfoMigrants, le centre accueillait notamment des personnes originaires de Côte-d’Ivoire, de Guinée, de République démocratique du Congo (RDC) ou encore d’Afghanistan.

Quelque 23 000 personnes ont été orientées depuis ce centre vers des hébergements pérennes en Ile-de-France principalement (14 000 environ) et en province, précise la préfecture de région, qui précise que le centre ne compte désormais « plus que 49 réfugiés Ukrainiens ».

« Ce public peut désormais déposer une demande d’asile ou bénéficier de places d’hébergement, ce qui conduit à la fermeture » du centre, « le motif d’urgence (…) ayant disparu », justifie-t-elle.

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« Des propositions d’orientation sur des dispositifs franciliens ou en province » ont été effectuées pour les autres personnes vulnérables « en fonction de leur situation administrative et sociale », poursuit la préfecture.

Deux-cent onze personnes se sont vues proposer un hébergement, 128 ont accepté. Quatre-vingt personnes, non-ukrainiennes, sont encore sur le site et se voient « toutes » proposer une solution.

Orientation en SAS régionaux

« Les personnes hébergées au sein du ‘GL Events Center’ ont pour la plupart été averties de leur fin de prise en charge en fin de semaine dernière, et même pour certaines, seulement ce lundi », dénonce l’association Utopia 56, à l’origine d’un rassemblement de soutien ce jeudi, devant le centre.

Outre les délais parfois très courts donnés aux personnes hébergées pour quitter le centre, l’association pointe surtout du doigt le caractère « inadapté » de la solution immédiate proposée par la préfecture : l’orientation des personnes hébergées vers des structures d’accueil temporaires régionales.

Un dispositif dont les limites ont déjà été documentées par InfoMigrants.

Dans une lettre adressée par la préfecture à l’une de ces personnes début avril, et publiée par l’association, la préfecture menace de mettre fin à « la prise en charge en matière d’hébergement » si la personne refuse d’être orientée vers un de ces centres.

« Les propositions en SAS régionaux (structures d’accueil temporaires) sont pour beaucoup insatisfaisantes et incompatibles avec les ancrages territoriaux » noués par les migrants avec les services préfectoraux, sociaux, associations, souligne Utopia 56.

Les SAS régionaux sont temporaires, « c’est à dire que les personnes sont souvent remises à la rue au bout de quelques semaines, ce qui est illégal. Cela contredit le principe de continuité de l’hébergement d’urgence qui est garanti par la loi », rappelle également Nathan Lequeux.

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Selon l’association, la fermeture du GL center constitue donc « une perte sèche de plusieurs centaines de places d’hébergement, sans perspectives d’ouverture d’un nombre équivalent de places ».

La préfecture assure de son côté que le nombre de places d’hébergement « sera maintenu ». Sur « décision » du ministre du Logement, Vincent Jeanbrun, 200 places d’hébergement supplémentaires seront créées sur Paris », ajoute-t-elle, sans détail sur le calendrier.

Un recours a été déposé jeudi au tribunal administratif de Paris par Utopia 56, pour contester cette fermeture et demander que des solutions d’hébergement soient trouvées.

Sources: Infomigrants

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