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Manche : l’accord migratoire « un pour un » entre la France et le Royaume-Uni prolongé jusqu’en octobre 2026

Entré en vigueur à l’été 2025, le dispositif « un pour un » signé entre Londres et Paris pour enrayer le phénomène des traversées irrégulières a généré en dix mois 783 réadmissions en France pour 736 admissions légales au Royaume-Uni, selon les chiffres de Laurent Touvet, directeur général de la Direction générale des étrangers en France (DGEF).

L’accord migratoire franco-britannique « du un pour un », conclu à l’été 2025, est prolongé jusqu’en octobre, a indiqué mercredi le ministre français délégué à l’Europe Benjamin Haddad.

« Il a été décidé avec notre partenaire britannique de prolonger cet accord jusqu’au 1er octobre 2026 », a dit le ministre au cours de son audition lors d’une commission parlementaire sur les accords migratoires du Touquet.

En juillet 2025, un accord « expérimental » d’un an a été signé entre la France et le Royaume-Uni. Il prévoit le renvoi en France de migrants arrivés à bord de « small-boats » au Royaume-Uni. Et en échange, Londres accepte d’accueillir des migrants se trouvant en France, via une route sûre et légale, et exprimant leur volonté de demander l’asile. L’objectif de 2 500 échanges avaient été fixés.

Selon Benjamin Haddad au 1er mai, on comptait « 606 réadmissions en France pour 588 admissions légales au Royaume-Uni ». Un bilan revu à la hausse par Laurent Touvet, directeur général de la Direction générale des étrangers en France (DGEF) lors de son audition devant la commission d’enquête parlementaire sur les accords du Touquet et la situation à la frontière franco-britannique, le 28 mai.

Ce dernier a déclaré devant les députés qu’à la date du 26 mai, 783 migrants avaient été renvoyés en France tandis que 736 ont été accueillis au Royaume-Uni depuis la signature du traité en août 2025. Soit une moyenne de 17 par semaine. Au moment de la signature, la presse britannique évoquait un objectif de 50 migrants par semaine.

« Impact encore limité »

« C’est un dispositif dont l’impact est encore limité naturellement, mais qui a la vertu d’exister et d’ouvrir des voies légales, mais aussi de dissuader », a encore défendu Benjamin Haddad.

Shabana Mahmood, la ministre de l’Intérieur britannique avait, en février dernier, reconnu elle aussi que le nombre d’expulsions était « relativement faible », tout en rappelant qu’il s’agissait d’un projet pilote et que « ce programme visait à prouver la viabilité de ce nouveau modèle de collaboration avec les Français ».

Les associations dénoncent, elles, régulièrement les mesures pour entraver les traversées des migrants. Ils sont poussés à prendre de plus en plus de risques et des routes qui allongent leur parcours pour échapper aux contrôles.

Depuis le début de l’année, plus de 8 900 personnes ont rejoint les côtes britanniques illégalement, selon les chiffres du Home office. Parmi elles, « plus de 1 800 personnes » étaient parties de Belgique, a indiqué le ministre délégué. « Les passeurs s’adaptent toujours aux dispositifs mis en place. C’est le cas en observant les départs depuis la Belgique vers le Royaume-Uni », a-t-il reconnu.

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Selon les chiffres officiels des autorités britanniques, l’année dernière, 41 472 personnes ont rejoint clandestinement le Royaume-Uni sur des petites embarcations. Ce chiffre est le deuxième plus élevé depuis le début de ces traversées en 2018.

Au moins 29 migrants ont perdu la vie en mer en 2025, selon un décompte de l’AFP à partir de sources officielles françaises et britanniques.

Sources: Infomigrants

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