Trois blessés et plus de 70 migrants secourus après le naufrage de leur canot dans la Manche

Mercredi à l’aube, 76 migrants ont été secourus par les services français alors que leur canot venait de se disloquer dans la Manche, au large de Dunkerque. Trois personnes blessées ont été transférées à l’hôpital : deux pour hypothermie sévère et un souffrant d’une hémorragie à la jambe.
Le drame a été évité de justesse. Vers 5h du matin mercredi 18 juin, un canot surchargé s’est disloqué en pleine mer, au milieu des bancs de sable, au large de Dunkerque. L’embarcation précaire a coulé, et les 76 passagers sont tombés dans l’eau.
Le navire affrété par l’État, Ridens, se trouvait à proximité du canot et assurait une « surveillance étroite », indique la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord (Prémar) dans un communiqué. Les autorités ont ainsi rapidement pu secourir l’ensemble des naufragés, parmi lesquels des femmes et des enfants, précise Ici Nord (anciennement France Bleu).

Trois personnes blessées ont été soignées à bord du navire de sauvetage par un médecin bénévole, avant d’être transportées à l’hôpital. Deux migrants étaient en état d’hyperthermie sévère, et un souffrait d’une hémorragie à la jambe, affirme encore le média local.
Aux alentours de 10h du matin, les migrants « ont été débarqués au port de Dunkerque, pour être pris en charge par les services de secours à terre », signale la Prémar.
Un hélicoptère de la Marine nationale a survolé la zone à la recherche d’éventuels exilés. « Aucun autre naufragé n’étant à signaler, le Préfet maritime de la Manche et de la mer du Nord a mis fin à cette opération de secours en mer ».
Hausse des arrivées
Malgré de multiples mesures dissuasives et répressives mises en place par Londres et Paris depuis des années, les traversées de la Manche par les migrants ne diminuent pas.
Depuis le début de l’année, un peu plus de 16 000 migrants ont atteint les côtes britanniques depuis les plages du nord de la France, selon les chiffres du Home office. C’est 42 % de plus qu’à la même période l’année dernière. « Il s’agit d’un défi sérieux qui exige des réponses sérieuses », a déclaré le Premier ministre britannique, en marge du G7 au Canada.

Sous pression, Keir Starmer est pour l’heure critiqué pour ses résultats, alors qu’il avait « promis » lors de la campagne de « briser les gangs [de passeurs] » qui se livrent au trafic d’êtres humains vers le Royaume-Uni en organisant les traversées de la Manche. Chris Philp, député de l’opposition, a déclaré que sous la direction de Keir Starmer, la crise de la Manche était en train d’échapper à tout contrôle. « Les trafiquants rient, les bateaux continuent d’arriver et la réponse du Labour [travaillistes, ndlr] est de former une autre task force et d’organiser un sommet. C’est faible et embarrassant », a déclaré le député.
A lire aussi
Entre la France et l’Angleterre, des milliers de migrants tentent toujours de traverser en grimpant dans des camions
Pour faire face à cette hausse des départs depuis les côtes françaises, la France envisage de changer de doctrine : autoriser les forces de policer à intercepter les migrants en mer. Jusqu’à présent, le droit maritime interdit aux policiers d’entrer dans l’eau et d’interpeller les bateaux.
Ainsi, la France devrait « faire évoluer » le dispositif actuel « afin de pouvoir agir dans les eaux peu profondes, jusqu’à 300 mètres des côtes, et ainsi intercepter les ‘taxi-boats’, tout en respectant les principes de la convention des Nations unies sur le droit de la mer », a détaillé une source au ministère de l’Intérieur.
Une pratique qui inquiète les humanitaires mais aussi certains policiers eux-mêmes qui craignent de provoquer des naufrages. Avec les contrôles de sécurité renforcés, les exilés prennent de plus en plus de risques pour passer entre les mailles du filet et déjouer la surveillance des autorités. Depuis le début de l’année, au moins 15 personnes sont mortes dans ces traversées.
Sources: infomigrants




