Niger : une cinquantaine de migrants secourus dans le désert par l’armée

Près de 50 migrants, dont quatre femmes, ont été secourus dans le désert au nord du Niger, près de la frontière avec la Libye, a annoncé l’armée nigérienne dimanche. Sans vivres, ils étaient tombés en panne depuis « plus de 24 heures ».
C’est sur l’axe routier Madama – Dao, dans le nord désertique du Niger, près de la frontière avec la Libye, que la cinquantaine de migrants – dont la nationalité n’a pas été précisée – ont été secourus par l’armée nigérienne mardi.
Ils se sont retrouvés coincés au milieu de nulle part sur cette route connue pour être un point de passage sur la route de l’Europe après que leur véhicule est tombé en panne, a détaillé l’armée nigérienne dans son bulletin d’informations dimanche soir.
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Au total, ce sont donc 44 personnes, dont 4 femmes, bloquées depuis « plus de 24 heures » dans le désert, qui ont été secourues. Parmi eux, une dizaine, qui s’étaient dispersées « à la recherche d’eau et de nourriture », ont également été retrouvées à la suite d' »un ratissage dans un rayon de 20 km », a indiqué l’armée.
« Certains étaient déjà dans un état critique de déshydratation », a-t-elle ajouté. Elles ont reçu des « soins médicaux et des vivres », avant d’être transférées à Madama, ville à une centaine de kilomètres de la frontière avec la Libye.

« Il y a beaucoup de pertes humaines dans le Sahara »
Les opérations de sauvetage de migrants sont fréquentes dans le désert nigérien, une zone hostile par laquelle des milliers de migrants ouest-africains tentent de passer pour atteindre les côtes méditerranéennes et ainsi gagner l’Europe.
En mars dernier, une opération similaire avait déjà eu lieu. Cinquante migrants, dont 20 femmes et 12 enfants, avaient été secourus par l’armée nigérienne. Ils étaient « en détresse, sous des conditions climatiques extrêmes ». Leur véhicule était tombé en panne alors qu’ils se dirigeaient vers la Libye.
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Si des dizaines de migrants sont régulièrement secourus dans cette zone désertique, de nombreux perdent aussi la vie. « Le désert est trop vaste pour qu’on puisse contrôler l’immensité de la zone. Il se passe des choses que les patrouilles ne peuvent pas voir », racontait à InfoMigrants un militaire nigérien qui patrouillait dans le désert en 2017.
« Il y a beaucoup de pertes humaines dans le Sahara. Avant même de mettre le pied en Libye, vous devez affronter de dures épreuves [les températures atteignent 50 degrés, le jour, dans le Sahara]. Le plus grand risque, c’est d’être abandonné par les passeurs. Quand les camionnettes [dans lesquels les migrants sont transportés] tombent en panne, les passeurs les abandonnent dans le désert, sans eau ni nourriture », racontait-il.
Refoulements
Outre les migrants piégés dans le désert en direction de la Libye, il y a aussi les refoulements. En janvier 2025 par exemple, 770 migrants nigériens, dont une soixantaine d’enfants, ont été expulsés de Libye, avait indiqué l’armée. Ces derniers avaient été encadrés côté Niger par une escorte militaire et leur accueil avait été coordonné par l’armée et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
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Puis, entre le 28 mars et le 25 avril, 792 migrants, majoritairement nigériens, ont débarqué dans des zones désertiques de la région de Siguidine après avoir été renvoyés de Libye, avait indiqué Alarme Phone Sahara (APS). La plupart avaient été expulsés « de manière violente par les forces de sécurité libyennes », expliquait l’organisation dans un communiqué.
Et de nombreux migrants sont également refoulés par l’Algérie voisine. En 2024, l’ONG Alarme Phone Sahara avait recensé 31 000 expulsions, un chiffre record. Cette année, entre janvier et juin, les autorités nigériennes ont estimé à 16 000 le nombre de migrants refoulés.
Sources: infomigrants




